Alors que l’ouverture de la chasse relance la polémique de l’ours en Ariège et que la chasse au grand tétras se voit encore menacée, nous avons rencontré Jean-Luc Fernandez, président de la fédération ariègeoise, pour faire le point en ce début de saison 2012.
Si le département reste un des plus giboyeux de Midi-Pyrénées grâce à la qualité des biotopes et une politique de gestion cynégétique raisonnée, la fédération des chasseurs de l’Ariège est toujours, selon son président, «dans l’œil du cyclone» notamment concernant le galliforme de montagne (grand tétras, lagopède alpin, perdrix grise) et l’ours:
«Il y a quelques années, il s’agissait d’un problème pyrénéen, aujourd’hui c’est un problème ariégeois car nous sommes un des rares département (avec les Hautes-Pyrénées) à pouvoir encore chasser les galliformes de montagne» regrette Jean-Luc Fernandez qui ne compte pourtant pas les actions engagées par sa fédération pour défendre ces espèces (plantation de pins à crochets, comptages, installation de balises sur les câbles des stations de ski…).
«Nous avons signé la stratégie nationale grand tétras après une longue négociation pendant quatre ans avec les associations environnementales, nous avions décidé de nous harmoniser pour les dates d’ouverture et de fermeture or nous sommes attaqués sur les quotas de prélèvements, trois arrêtés préfectoraux ont été cassés en tenant peu compte de cette stratégie… le compteur est remis à zéro.
Je vais rencontrer dans les jours à venir, l’association nationale des chasseurs de montagne, l’ONCFS et l’ONF…»
Autre pierre d’achoppement et non des moindres, la présence de l’ours et la chasse en battue qui semblent inconcevables au regard du tribunal administratif de Toulouse… une situation jugée insupportable par les chasseurs ariégeois:
«90% des ours Pyrénéens sont dans le département de l’Ariège, un territoire dédié à la chasse en battue […] l’arrêté du tribunal administratif à été cassé et des mesures restrictives pour la chasse en battue accablent le monde de la chasse: ainsi quand la présence de l’ours sera validée par l’équipe locale de l’ONCFS, il y aura 48h d’interdiction de chasser et quand la tanière de l’ours sera localisée, 50 hectares autour seront gelés.
On peut s’étonner que la chasse soit la seule activité concernée car la dite tanière peut être au pied du GR10, à proximité d’une station de ski ou proche d’une exploitation forestière… ce n’est pas acceptable pour les chasseurs qui, si ces interdictions se généralisent, sont en droit de se poser des questions pour le remboursement des dégâts agricoles ou pour la location des forêts domaniales»
Aujourd’hui la fédération des chasseurs de l’Ariège entend une réponse claire de l’Etat dans sa politique de gestion de la réintroduction de l’ours: «je sais qu’il y a bientôt une grande conférence où sont invitées toutes les associations écologistes mais on a une fois de plus oublié la fédération nationale des chasseurs[…]
J’ai été capable d’aller hier à la rencontre de Nicolas Sarkozy, j’espère pouvoir être reçu dans les mêmes conditions aujourd’hui avec ce nouveau gouvernement pour manifester l’inquiétude des chasseurs ariégeois»
| Quant aux autres espèces... La chasse au sanglier a ouvert depuis quelques jours, la fédération travaille en relation avec la chambre d’agriculture concernant les dégâts que peuvent provoquer ces espèces si elles prolifèrent: «Il y a un équilibre à trouver, précise Jean Luc Fernandez. L’Ariège a une conduite exemplaire dans la conduite de ce dossier» Le guichet unique a permis de pointer une recrudescence de jeunes permis, preuve que la population des chasseurs ariégeois se renouvelle. Enfin à quelques jours de l’ouverture de la chasse à l’isard, il convient d’évoquer les problèmes que rencontrent par endroit cette espèce emblématique des Pyrénées. «En 2005 on comptait une population de 3500 spécimens dans la réserve du Valier et 1500 dans celle d’Orlu. Aujourd’hui il n’en reste plus que 866 en Couserans et 400 en Haute-Ariège. Nous avons engagé avec Jean Pierre Alzieu responsable du laboratoire départemental, le conseil général, l’ONF et la fédération pastorale une enquête épidémiologique sur l’état des troupeaux ovins transhumants et l’on constate que toutes les estives sont touchées par la pestivirose. Or nous avons un vaccin efficace et il est fort probable que l’an prochain tous les troupeaux transhumants soient vaccinés. Tous les acteurs du pastoralisme sont sur la même longueur d’onde, nous travaillons pour trouver un financement pour la vaccination des troupeaux» Un sujet qui sera abordé à ne pas en douter jeudi prochain lors de l’AG des chasseurs de montagne. |
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