Combatif et majestueux, le sanglier constitue le socle de base de la chasse au grand gibier dans le département de l’Ariège.
Mais de plus en plus «la bête noire» quitte clairières et forêts pour fouiller les jardins en zone périurbaine ou retourner les pelouses des stades comme au stade de l’Ayroule à Foix, il y a quelques semaines à peine.
La population des sangliers se porte bien puisqu’on dénombre plus de deux millions d’individus en France (soit près de quatre fois la somme des prélèvements annuels effectués par les chasseurs).
Les dégâts qu’ils font sur les cultures sont estimés à plus de 50 M€ par an et ils seraient à l’origine de plus de 60% des quelques 40 000 accidents de la route impliquant chaque année des animaux sauvages.
Autant de paramètres qui nuisent à la réputation de ce gibier qui est pourtant le plus chassé en Ariège comme l’indique Jean-Louis Fernandez, président de la Fédération des Chasseurs.
«Nous sommes un département qui a de fortes tradition de chasse aux chiens courants et la réalité du sanglier en Ariège n’est pas la même que celle des départements situés au nord de la Loire»
Des dégâts qui s’expliquent par la combinaison de plusieurs facteurs: le changement des pratiques agricoles (augmentation des surfaces cultivées en maïs), modification des territoires facilitant l’accès à ces animaux qui trouvent une nourriture abondante, conditions climatiques plus clémentes, baisse du nombre des chasseurs ou pratiques de chasse différentes.
«Là bas ce sont souvent des chasses à actionnaires avec des élevages de sangliers qui font des milliers de dégâts car l’espèce n’est plus maitrisée et elle met en danger les fédérations chargées de s’acquitter de ces dégâts» poursuit le truculent couserannais.
Il faut reconnaitre qu’en Ariège les plans de chasse permettent de réguler les espèces (sur 14 000 sangliers on en prélève chaque année 7000) et concernant la problématique des dégâts, c’est la fédération des chasseurs qui indemnise les agriculteurs.
«On oublie souvent de le dire mais ce sont les chasseurs qui paient les dégâts et veillent à accompagner le monde agricole avec des mesures préventives, la pose de clôtures, la régulation (effarouchement, tirs de nuit).
Aujourd’hui il faudrait pouvoir continuer à pratiquer la chasse dans les zones périurbaines, on verrait moins de compagnies de sangliers s’attaquer aux jardins des particuliers ou aux pelouses des stades.
Mais le moindre coup de fusil déchaine les passions, les gens ne supportent plus rien. Il faudrait que ces citadins réfléchissent à cette problématique, s’il n’y a plus de chasseurs, les animaux sauvages seront aux portes des villes»
Jean-Luc Fernandez est particulièrement satisfait de la gestion des dégâts dans le département: «nous sommes soucieux du monde agricole […] globalement la tendance d’évolution des dégâts grands gibier est à la baisse depuis l’an 2000 et on peut noter une réelle diminution du nombre de dossiers et du montant indemnisé (entre 120 et 130 000 euros par an).
Les variations des montants proviennent de l’augmentation du prix des denrées indemnisées et notamment du maïs, culture à forte valeur ajoutée… sachant que les dégâts zéro n’existent pas, le monde agricole doit accepter ces dégâts il y a un équilibre à avoir. Ici nous parvenons à travailler en bonne intelligence»
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