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Eco-Cuma de l'Ariège: un savoir faire qui s'exporte
24/04/2013 | 19:11
© MidiNews 2013

Le printemps marque le renouveau de l’activité de l’Eco-Cuma de l’Ariège qui vient de débuter sa collecte des plastiques usagers: bâches ou filets qui conditionnent les balles de paille et de foin, attaches de botteleuses, poches enrubannées… ce système bien rôdé apporte une solution à ses 200 adhérents.

«En 2005 nous avons été un des premiers départements à nous pencher sur le problème et nous avons tout de suit opté pour un service à domicile, c'est-à-dire aller chercher les plastiques usagés chez les agriculteurs et les recycler en fin de vie» explique Edouard Dando, président de la Cuma de l’Ariège.

Grâce au maillage territorial des adhérents de la Cuma, le module de compactage itinérant (camion et presse autonome en énergie grâce à un groupe électrogène) s’installe dans les cours des fermes ou sur des regroupements comme ce matin à la frontière de l’Aude et de l’Ariège pour une opération menée par Benoit Gaillard, éleveur bovin à Sainte-Foi.

«C’est la première fois que nous faisons une incursion dans l’Aude, notre base de travail demeure avant tout le département de l’Ariège mais les éleveurs limitrophes sont demandeurs et nous avons répondu à la Cuma du plateau de Fanjeaux qui a pris soin de préparer l’opération en amont» poursuit le président de la Cuma ariégeoise. Preuve également que le savoir-faire ariégeois est reconnu.

Des Précurseurs
«Nous avons été les précurseurs dans ce domaine, en récupérant le plastique à la source, bien avant que les règlements ne l’imposent… au départ l’idée a germé d’un petit groupe d’agriculteurs ariégeois éco-responsables qui ont impulsé ce mouvement à l’échelle du département»

La collecte est organisée essentiellement au printemps mais il y a toujours une session de rattrapage en octobre. «C’est une démarche volontaire de l’agriculteur, il est présent le jour de la collecte, c’est important pour la vertu pédagogique et pour l’état d’esprit de l’opération» précise Edouard Dando.

Il est vrai que l’évènement prend rapidement un tour convivial comme ce matin, où tous les éleveurs du canton se sont retrouvés pour travailler et échanger autour d’un café.

Des agriculteurs sensibilisés
La collecte des plastiques agricoles usagers va à l’encontre des préjugés car les agriculteurs sont souvent pointés du doigt comme étant des pollueurs.

Dans ce cas précis, ce sont eux qui ont ouvert la voie: «en achetant du plastique agricole, de la ficelle, nous payons déjà une éco-taxe mais avec cette action c’est un pas supplémentaire qui prouve que l’on est capable de se prendre en main» souligne Jacques Martin, éleveur-adhérent de la Cuma du Plateau de Fanjeaux.

Mais selon lui une collecte ça se prépare en amont: «nous stockons les plastiques toute l’année (de préférence à l’abri de la pluie), ils sont triés et empochés par catégorie, cela permet de gagner du temps le jour du chantier»

Pour lui une telle journée a valeur d’émulation pour les agriculteurs du canton: «au départ nous étions trois, aujourd’hui huit éleveurs sur onze sont présents, c’est un signe. Nous sommes dans des démarches de qualité sur nos exploitations, c’est naturellement que nous nous inscrivons dans cette démarche éco-responsable»

150 tonnes de plastiques agricoles recyclés tous les ans
L’efficacité c’est la clé de la réussite de cette opération. L’organisateur des collectes, Francis Soula, est toujours présent pendant les tournées.

C’est chez lui à la Bardaille que seront stockées les balles qui sortent de la presse: «il faut compter de 120 à 150 tonnes de déchets soit 700 bottes expédiées par camions complets en fonction des types de plastiques en direction de l’usine de recyclage basée en Aveyron.

C’est l’éco-organisme ADIVALOR (comparable à Eco-emballage mais pour le monde agricole) qui intervient dans la gestion de la filière de recyclage, négocie avec les usines de recyclage et verse un soutien à l’Eco-Cuma. Le soutien à la matière première est de 25 € la tonne, en prenant compte du compactage cela peut aller jusqu’à 70 € la tonne
»

Le seul regret d’Edouard Dando c’est de ne pas pouvoir avoir un salarié à l’année. En effet c’est un ouvrier agricole (titulaire d’un permis poids lourd), un intérimaire du service remplacement de la Chambre d’Agriculture, qui travaille sur ces tournées mais peut-être qu’avec le temps et les contraintes environnementales, le service augmentera son offre de services.

Eco-Cuma: contact Edouard Dando au 06 81 84 12 73.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 24/04/2013 | 19:11 | Lu: 15406 fois