Alisma, la seule pépinière d'Ariège spécialisée dans le traitement des eaux par les plantes
24/04/2013 | 11:39
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Alisma, c’est le nom d’une plante aquatique aux vertus spéciales.

C’est aussi le nom qu’a choisi de donner à sa pépinière Dominique Albert, Aveyronnais et géologue de formation lorsqu’il s’est installé à Caumont avec le statut d’agriculteur en 1994.

La visite d’Augustin Bonrepaux et de ses services sur son site, préalable à l’une de ces réunions publiques qu'il affectionne, est donc l’occasion de mettre un coup de projecteur sur cette pratique aux vertus pour le moins purifiantes. «Clairement j’ai saisi une opportunité, par goût aussi, en me lançant dans ce créneau»

Depuis les lois sur l’eau en 1992, puis le virage plus marqué sur le plan de l’écologie dans les années 2000, la mise à niveau aux normes européennes des stations d’épuration a en effet obligé les collectivités (et même les particuliers) à s’intéresser aux techniques alternatives d’épuration des eaux usées, en utilisant le pouvoir épuratif des végétaux aquatiques.

Marginales au début, ces techniques et méthodes, importées d’Allemagne pour beaucoup, sont en train de se frayer une place à part entière dans le traitement des eaux usées.

De l’ornementation à la phyto-épuration, le pouvoir très naturel des plantes
«J’interviens dans 4 grands domaines, détaille Dominique Albert, l’épuration, la phyto-épuration, l’ornemental et la végétalisation»

A la base très souvent, des plantes aquatiques. «En matière d’épuration par exemple, utiliser les plantes aquatiques peut s’avérer plus efficace que les systèmes classiques à base de boue activée. Avec les plantes, on obtient à la sortie une eau que l’on peut réutiliser pour l’arrosage.

J’achète les semences mais je fais moi-même les semis. Sans être labellisé bio, je n’utilise ni engrais ni produits phytosanitaires. En matière de végétalisation des berges de rivières par exemple, j’utilise des essences locales, je vais souvent chercher les graines moi-même le long du Salat
»

Pour les bassins d’ornements dans les jardins privatifs, comme pour les stations d’épuration ou les piscines (il a par exemple équipé la plus grande piscine municipale d’Europe à Cublize avec un flux moyen de 2.500 personnes par jour, de ses plantes).

Le principe est immuable, fruit d’expérimentations scientifiques, et s’appuie sur les propriétés de phyto-épuration des plantes aquatiques. «J’utilise essentiellement le roseau commun dit phragmite ou d’autres encore comme l’iris jaune, qui ont des pouvoirs filtrants et nettoyants et détruisent ainsi les micro-matières dont ces plantes se nourrissent»

Seule pépinière d’Ariège dans ce domaine, Alisma commence à être reconnue en France et même en Espagne et intervient comme sous-traitant de grands groupes comme Véolia, la Saur, La Lyonnaise des eaux ou des cabinets d’ingénierie spécialisés.

Avec deux salariés, complétés de travailleurs saisonniers, Alisma qui génère un CA d’environ 200 K€ est aujourd’hui menacée par la déviation de Caumont qui devrait amputer «d’ici 10 ou 15 ans» l’exploitation de près de 6000 m².

Dominique Albert ne désespère pas, fort du soutien du Conseil général, de s’étendre voire même s’agrandir sur le terrain agricole attenant au sud de sa propriété.

Un agrandissement plus que nécessaire d’autant que sa période de production étant identique à sa période de vente, il lui faut impérativement augmenter ses surfaces exploitables ainsi que de stockage pour faire face à la demande, en constante augmentation (il a fourni aussi par exemple la station d’épuration de Seix/Oust).

Denrée plus que précieuse, vitale même, dont la ressource est davantage contrainte chaque année au regard des aléas climatiques, des divers usages que l’on en fait, l’eau et son traitement peut représenter l’un des avantages concurrentiels de demain pour qui saura tira profit de la maîtrise des eaux grises ou noires impropres à la consommation de celles, potables, à distiller dans tous les robinets.

Et ce n’est pas seulement qu’une question de prise de conscience environnementale ou écologique.

Plus d’infos: alisma.fr / 05 61 66 77 63.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 24/04/2013 | 11:39 | Lu: 14423 fois