L’Assemblée Générale des Chasseurs a eu lieu samedi matin à Tarascon devant un parterre de plus de six cents personnes.
Une occasion de faire le bilan de la saison écoulée et de faire passer quelques messages auprès des personnalités présentes à la tribune.
Avec Jean-Luc Fernandez, président de la FDC09, pas de langue de bois... ses différents mandats lui permettent de donner de la voix dans les commissions nationales et de représenter les intérêts des chasseurs ariégeois en haut lieu comme il l'a indiqué lors de son rapport moral.
Il s'est félicité du bon état général des effectifs et des espèces gibier et cela «dans des proportions compatibles avec les intérêts de tous, chasseurs bien entendu mais aussi ceux des propriétaires, des agriculteurs, des éleveurs, des forestiers et des autres utilisateurs d'espace [...] la fédération départementale des chasseurs de l'Ariège ne fera aucun cadeau à ceux qui usent d'une réglementation trop permissive en la matière et de tous les artifices pour entraver l'exercice de la chasse»
Une collaboration indispensable
Parmi les dossiers évoqués, celui de la pestivirose de l'Isère qui décime les troupeaux dans les Pyrénées ariégeoises: «un nouveau pas a été franchi avec les recherches conduites sur les ovins et la volonté de les poursuivre pour procéder ensuite, dans le respect des protocoles indispensables, à des vaccinations sur les zones tests qui nous éclaireront encore davantage»
Remerciant au passage le service départemental de l'ONCFS dirigé par Olivier Tartaglino, présent au premier rang, «pour le remarquable travail mené à l'encontre du grand braconnage», Jean-Luc Fernandez a remercié Augustin Bonrepaux, le Dr Jean-Pierre Alzieu, directeur du laboratoire départemental, la chambre d'Agriculture et tous les représentants du monde agricole et pastoral pour leur implication et leur soutien.
Des espèces bien protégées
Revenant sur la réintroduction du bouquetin, portée jusqu'à présent avec enthousiasme par la FDC09, le président s'est montré beaucoup plus réservé sur la question: «je dois dire qu'aujourd'hui je m'interroge devant le risque de voir cette opération servir une fois encore à restreindre l'exercice de la chasse au prétexte, comme pour l'ours, de protection de l'espèce face à notre pratique de la chasse qui serait dérangeante [...] Alors que nous étions le moteur dans ce dossier, il ne faudrait pas que nous soyons demain dans l'obligation de le combattre»
Quant aux autres espèces protégées sujettes à polémiques et à de nombreux contentieux «initiés par les écologistes», les choses sont claires: «Madame Batho à affirmé que la population d'ours se porte bien, si tel est le cas, rien ne justifie la moindre contrainte à notre égard, ni le moindre lâcher supplémentaire.
Nous nous battrons aux côtés des éleveurs pour que le département ne devienne pas un sanctuaire. L'ours est là, on ne peut pas le nier, mais il ne nous fera pas quitter nos montagnes.
Sur le grand tétras, les services de l'Etat affirment qu'il y en avait 2000, soit 10 fois plus qu'en 1900.Cherchez l'erreur quand le Comité Écologique Ariégeois déclare (et est étonnamment entendu) que le grand tétras n'a jamais été moins abondant qu'aujourd'hui»
«Une administration à la solde des écologistes»
Ce ne sont pas les députés socialistes qui sont dans la ligne de mire de Jean-Luc Fernandez, mais bien «les ayatollahs de la chlorophylle» qui derrière œuvrent à la destruction de la chasse, des «adversaires qui avancent leurs pions de manière ô combien malhonnête et perverse arrivent à leurs fins en contestant en permanence et sur tous les sujets: liste des espèces classables, telles que le grand tétras, le lagopède, le classement des espèces nuisibles; en obtenant la multiplication des zones de protection ou des restrictions plus ou moins fortes sont appliquées (à savoir les réserves, parc national, parc régional, zones Natura 2000, Zico, Znieff, Zsc, Zps, trame bleue et verte, Scap arrêtés de biotopes, zones à ours aujourd'hui ou à bouquetins demain et j'en oublie, tout autant de territoires ou de manières insidieuses nous sommes ou serons à terme empêchés de chasser»
Création d’une agence de la biodiversité
Des restrictions qui ne sont pas prés de cesser car selon lui alors même que la mise en œuvre de ces lois Grenelle est en cours, «on nous prépare déjà une énième loi sur la biodiversité concoctée par Madame Batho, peut-être soufflée par ses services ou ses conseillers.
En perspective, entre autres réjouissances, la création d'une agence nationale de la biodiversité qui bien sûr comme bien d'autres, dilapidera l'argent public au bénéfice de quelques privilégiés anti-chasse alors investis de pouvoirs toujours plus exorbitants»
Enfin au moment où l'on parle de simplification et d'économies, le président de la FDC09 dénonce la loi n°2012-1460 du 27 décembre 2012, imposant désormais pour tous les arrêtés une consultation de 20 jours:
«Les lois , les règlements et les structures qui assurent aujourd'hui la gestion de l'environnement des espaces, des espèces et par voie de conséquence de la chasse sont aujourd'hui trop nombreux, trop complexes, nourrissent trop d'interdits et échappent à tout contrôle de la représentation nationale et du Président de la République» regrette Jean-Luc Fernandez qui à l'occasion de la venue de Jean-Marc Ayrault en Ariège entend que les élus ariégeois soient les porte-paroles des chasseurs:
«Dites lui notre rejet de la politique environnementales jusqu'à présent conduite et les méthodes mises en œuvre. Dites lui notre opposition à l'encontre de l'actuelle volonté frénétique de légiférer et réglementer, qu'elles qu'en soient les conséquences économique, sociales, culturelles et humaines»
Pas d’introduction d’ours sous François Hollande
Augustin Bonrepaux, président du Conseil général, a pris la parole. «Je suis des vôtres, je partage tout ce que vous venez de dire. Cependant dans le passé nous avons eu des différends notamment pour la gestion de l'ours.
En 96 lors des premières introductions, le représentant des chasseurs s'est fait discret, pendant cinq ans nous avons été un peu seuls, même les élus ont commencé à réaliser en 2005 le danger que l'ours représentait dans nos montagnes.
Vous nous avez ensuite rejoints mais c'était trop tard car si nous nous étions tous mobilisés au départ il n'y aurait pas eu ce fléau. Sous François Mitterrand il n'y a pas eu d'introduction d'ours, sous Jospin non plus et je vous garantis qu'il n'y aura pas d'introductions sous la présidence de François Hollande... Si c'est nécessaire nous irons jusqu'à l'Elysée pour être entendus»
Le président Bonrepaux à aussi évoqué la situation du Couserans qu'il juge «extrêmement grave»
Ours, grand tétras, dégâts de certaines espèces à cause d'une limitation du piégeage, «je suis révolté qu'on nous impose des dépenses formidables pour protéger des espèces qui n'ont pas besoin de l'être, 30 000 euros à Ax pour le seul grand tétras et je ne parle pas de Mijanès.
Quant au Grenelle de l'environnement il ne s'adresse pas seulement a la gestion des espèces, il interdit ou bloque d'importants travaux. Concernant la déviation d'Ax, au moment où notre pays a besoin d'investissements, au moment où nous avons les crédits pour la réaliser, elle ne peut être finalisée à cause d'une étude sur les espèces protégées»
Enfin Augustin Bonrepaux a félicité les chasseurs pour leur gestion des espèces. «Le laboratoire départemental est à votre disposition» mais concernant la pestivirose de l'isard: «il faut convaincre les éleveurs, ils sont encore dubitatifs. Nous sommes prêts à les aider mais nous n'avons pas le pouvoir d'imposer»
Une réunion très politique... preuve que les gouvernements passent et les problèmes demeurent.
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