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Pour le syndicat apicole ariégeois, le moratoire de 2 ans interdisant certains pesticides n'est pas suffisant
02/05/2013 | 18:39
© MidiNews 2013

Comme les abeilles, le nombre d’apiculteurs dans le département ne cesse de baisser. De 230 il y a sept ans, ils sont désormais 190 apiculteurs amateurs déclarés au sein du syndicat d’apiculture du département.

Lundi, le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, en déplacement en Ariège, annonçait la décision adoptée le même jour par l’Union Européenne: un moratoire de deux ans interdisant trois insecticides mortels pour les abeilles à compter du mois de décembre.

Concrètement, la commission va suspendre pendant deux ans l'utilisation de trois néonicotinoïdes présents dans des pesticides pour quatre types de cultures: le maïs, le colza, le tournesol et le coton. L'interdiction sera proportionnée, car elle ne concernera que certaines cultures et certaines périodes de l'année pendant lesquelles les abeilles sont actives.

«C’est bien mais il aurait fallu aller plus loin en interdisant tous les néonicotinoïdes. J’espère qu’ensuite le moratoire sera prolongé et qu’il supprimera tous les fongicides aussi» développe Maurice Belondrade, apiculteur et président du syndicat ariégeois depuis 3 ans.

L’Ariège, 300e producteur français
Les abeilles, c’est une longue histoire de famille puisque Maurice représente la cinquième génération d’apiculteurs.

Dans son rucher de Saverdun, près de 100 ruches pour une production de 4000 kg par an avec du miel de colza, d’acacia, et en montagne de bruyère, de tilleul ou de rhododendron.

Mais l’année ne s’annonce pas comme l’une des meilleures puisqu’il a déjà perdu 20 à 25% d’abeilles, mortes à cause des pesticides ou d’orphelinage (quand la reine meurt).

«Les trois dernières années, je n’en perdais que 5%. Je me rappelle encore qu’en 1975, on voyait une barbe d’abeilles sur la ruche, maintenant on ne la voit plus» regrette Maurice Belondrade.

Il plaide pour une meilleure sensibilisation du public à la protection des abeilles. «On en attend davantage du ministre au point de vue national. Bien sûr, tout ne peut pas se faire d’un seul coup mais il faut faire quelque chose pour la défense des abeilles et du métier d’apiculteur»

En Ariège, 300e producteur en terme de quantité en France, comme dans les autres départements, les abeilles boivent l’eau où s’écoulent les pesticides.

950 000 tonnes sont déversées chaque année sur toutes les cultures. Avec un impact immédiat selon Maurice pour les ruches. De 60 000 tonnes de miel produites par an il y a dix ans, on comptabilise aujourd’hui 20 000 tonnes.

L’interdiction de ces trois néonicotinoïdes supprime donc une des menaces pour les abeilles mais n’empêchera pas son lent déclin. Une baisse d’insectes préjudiciable au maintien de la biodiversité et de la pollinisation des fleurs.

Ainsi 3000 espèces de plantes en France seraient menacées d’extinction si les abeilles disparaissaient.

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auteur: Anne-Sophie Fontanet | publié le: 02/05/2013 | 18:39 | Lu: 30444 fois