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Couserans: le service de transport à la demande s'élargit à la capitale
02/04/2013 | 19:07
© MidiNews 2013

Avec quelques 47 000 kilomètres parcourus par les transporteurs, 4 285 passagers transportés au cours de 2 882 trajets (derniers chiffres connus sur une année pleine, en 2011) le transport à la demande -TAD- s’est inscrit dans le paysage des services publics de proximité proposés en Couserans.

Avec l’arrivée récente au sein de ce service de la ville de Saint-Girons, Daniel Artaud, président en exercice du Sycocerp (le syndicat de communes qui gère le service) aux côtés de Raymond Coumes vice-président et Gérald Rovira, représentant la municipalité de Saint-Girons, sont revenus sur ses principales caractéristiques.

A une époque où bien «des services disparaissent ou se fragilisent», Daniel Artaud rappelle que «le TAD a été mis en place dans les années 2000 entre les communes du Bas-Couserans, de Val Couserans et du Volvestre auxquelles s’ajoute la commune de Montjoie, sur une initiative alors importée par Raymond Coumes»

Un service exemplaire en milieu rural qui depuis a pris de l’ampleur et essaime au niveau national
Le principe du TAD est simple. C’est Valérie Cazalé en charge du fonctionnement qui en rappelle le fonctionnement: «les personnes des communes adhérentes peuvent réserver un mois avant et jusqu’à la veille du départ. Ensuite, elles sont prises en charge depuis leur domicile (par un transporteur référencé) puis déposées sur l’un des différents points d’arrêts fixes avant d’être ramenées chez elles à un horaire également convenu à l’avance. Les horaires et points d’arrêt sont fixes et ne peuvent être modifiés»

Différents circuits ont été mis en place pour satisfaire la demande et apporter des solutions adaptées. Ce sont principalement les lieux de commerce, de santé (comme le Chac ou les maisons de retraite, par exemple).

«Notre volonté, rappelle Daniel Artaud, a toujours été d’apporter un service complémentaire et de ne pas concurrencer l’offre privée en place. D’ailleurs, la plupart des transporteurs à qui nous déléguons le service sont du Couserans et pour certains d’entre eux, sélectionnés sur appel d’offres, c’est un complément d’activité non négligeable que nous leur permettons ainsi»

La plupart des chefs-lieux de canton sont desservis et amènent ainsi les usagers jusque dans les principaux points de service ou de commerce de la ville centre, Saint-Girons, bien souvent terminus principal de ces différents circuits.

Alors, chacun se félicite de l’adhésion de la ville centre au sein du Sycocerp, gage de «synergies nouvelles». Propos confirmés par Gérald Rovira qui témoignera «du grand plaisir que d’adhérer au service pour la nouvelle municipalité dont c’était l’un des objectifs afin d’offrir à la population saint-gironnaise et couserannaise, vieillissante, un service facilitant les déplacements, à même d’améliorer la qualité de vie d’un territoire rendu plus attractif»

Pour lui, la venue prochaine des communes limitrophes se prépare pour étendre le service en particulier vers Saint-Lizier, Lorp-Sentaraille, Caumont et Moulis, qui n’auraient pour l’instant pas souscrit essentiellement pour des raisons budgétaires.

«D’ici 2014 toute l’agglo de Saint-Girons devrait proposer le TAD» selon Gérald Rovira. Car il faut adhérer au syndicat pour que les populations puissent bénéficier du service.

Un service financé à hauteur de 58% par les communes et intercommunalités adhérentes, le reste se répartissant entre le Conseil général (qui «a la compétence transport, ici spécifiquement déléguée au Sycocerp») et le Conseil Régional. Les particuliers eux participent à hauteur de 9% à raison d’un prix du ticket aller et retour fixé à 4 euros (et 2,5 pour un aller simple).

«Il faut souligner aussi, rappelle Valérie, que les véhicules utilisés (minibus et taxis pour l’essentiel) sont aussi habilités à transporter des personnes handicapées grâce à des équipements adaptés»

Raymond Coumes appellera lui aussi de ses vœux la «mise en place d’un tel service à l’échelle du pays pour que l’ensemble du Couserans soit bientôt desservi, invitant La Bastide de Sérou, le Castillonnais et le canton d’Oust à suivre les traces de la capitale couserannaise»

Un réel enjeu pour offrir à terme un fonctionnement organisé et pérenne du service de transport à la demande. «Cela permet de faire des économies d’échelles et c’est plus écologique, confirme Raymond Coumes, il y a moins de véhicules sur les routes, on utilise plus de transports collectifs»

Bien des enjeux qui font du transport à la demande un outil au service de la population et de l’environnement du pays.

Plus d’infos et renseignements sur le service du TAD (conditions et modalités): Valérie Cazalé (de 9h à 12h et de 14h à 18h): 05 34 14 01 72.


Une gare routière en projet

Difficile avec ces questions de transports à la demande de ne pas évoquer le sort de la boutique SNCF qui assure aussi les dessertes ferroviaires grandes lignes et TER au-delà du Couserans.

Gérald Rovira, en charge de ces aspects au sein de la commune centre, a précisé les contours de ce que pourrait être demain l’organisation des transports à l’échelle de la ville et du pays, dans le droit fil du dernier conseil municipal qui a permis à François Murillo de clarifier un certain nombre de choses.

On sait à ce jour que la boutique SNCF et l’agent actuellement en poste «ont un sursis au moins jusqu’en juin», mais il reste très difficile de dire ce qu’il en sera exactement par la suite, notamment des décisions en ce sens de la SNCF.

Gérald Rovira confirme «que demain une gare routière s’installera à l’entrée de Saint-Girons, en lieu et place de l’ancienne gare. Cette gare routière intègrera alors les services de transport à la demande et ceux de la SNCF»

«C’est en cours d’étude, confirme Gérald Rovira, et il y aura bien une vraie gare routière qui accueillera tous les Couserannais avec une personne au guichet pour assurer le service»

L’adjoint aux transports précise notamment «que dans les semaines ou les mois à venir on mettra en place l’infrastructure appropriée (avec quais, emplacement bus, parkings etc.). Le fonctionnement de l’ensemble entre la ville, l’agglo, voire le reste du Pays et bien entendu la direction SNCF reste à déterminer, notamment pour le financement d’un poste de guichetier, mais le maire travaille la dessus» précise M. Rovira, l’objectif étant de garder un poste SNCF même s’il reconnaît «qu’à ce jour ça ne va pas être simple et que rien ne peut le garantir»

Nous en saurons probablement davantage dans les semaines qui viennent sur ce point précis. Pour Raymond Coumes ceci «ne peut-être qu’un projet de pays»
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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 02/04/2013 | 19:07 | Lu: 10476 fois