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Saint-Girons: un peu d'action sociale pour un plein d'énergie
15/04/2013 | 19:51
© MidiNews 2013

«C’est pas criant mais ça va crescendo»

Suite à sa présentation récente devant les élus et membres du conseil d’administration, Nathalie Auriac adjointe à la mairie de Saint-Girons, chargée des Affaires Sociales et Familiales, revient sur les principaux points qui ont marqué l’année du Centre communale d’action sociale – CCAS, présidé par le Maire, François Murillo.

Le moins que l’on puisse dire c’est que la petite équipe, composée d'Annie, Anne-Marie et Sandra ressent tous les effets secondaires de la crise. Si l’activité se stabilise cette année, c’est suite à une hausse de près de 20% des aides accordées aux personnes démunies, par an en moyenne depuis 2008.

Le CCAS est un établissement public doté de la personnalité morale qui a une comptabilité propre. Il a trois champs d’actions principaux: «les aides sociales légales, présente Nathalie Auriac (le suivi administratif des personnes âgées, handicapées, la gestion des minimas sociaux comme le RSA ou l’ASS, le plan hiver ou encore canicule), l’aide sociale facultative (décidée par la structure auprès de familles démunies sur dossier) et l’animation de la politique sociale et uniquement sur le territoire communal»

En 2012, la mise à disposition d’un logement temporaire d’urgence a concentré quelque peu les efforts. «Un T2, donné en location pour 3 mois renouvelables qui accueille des femmes, surtout, en situation difficile (mère isolée, victime de violences conjugales, etc.) mais aussi des jeunes en rupture et même des SDF qui nécessitent des soins en HAD (hospitalisation à domicile)»

Cet appartement dont la localisation doit, pour toutes ces raisons, rester secrète, se conçoit comme une plateforme ou l’on reçoit tout l’accompagnement nécessaire, «pour sortir dans les meilleures conditions possibles. L’un de nos projets, poursuit l’adjointe est d’en avoir un deuxième l’année prochaine pour faire face aux besoins»

Une explosion des aides pour payer ses factures de chauffage
Hormis les actions plus classiques voire traditionnelles comme «le Noël des aînés», «le Noël des enfants», «la fêtes de Mères», ce sont bien les aides financières attribuées à titre individuel qui connaissent une véritable recrudescence ces dernières années.

De quelque nature que ce soit, les interventions du centre poursuivent souvent un seul et même but: «éviter la rupture totale du lien social et ce grâce à un travail exemplaire en liens avec tous les institutionnels intervenant dans le champ social et les associations dans le domaine caritatif»

«Pour autant, précise la chargée des Affaires Sociales et Familiales, nous ne pouvons plus faire la charité (nous n’en avons plus les moyens) et nous ne sommes pas non plus dans l’assistanat. Nous avons depuis longtemps identifié les puits sans fonds, la plupart des personnes qui viennent chez nous le font parce qu’elles ont bien souvent utilisé tous les recours de solidarité familiale qu’elles avaient.

Et puis on est en milieu rural où ces choses-là sont sensibles. Si elles viennent c’est vraiment pour faire face à un incident de parcours qu’elles ne savent plus comment surmonter. D’une part, il s’agit d’argent public, et d’autre part chacun veut sortir d’une situation difficile. Qui aujourd’hui peut se contenter de 400 euros pour vivre de toute façon?
»

Pour celle qui est par ailleurs présidente des CCAS au niveau départemental, «la situation se retrouve partout en Ariège» et ces aides (d’un montant maximum donc de 400 € par personne et par an) attribuées sur dossiers restent une étape pour mieux rebondir.

«S’il y a l’effet Le bon coin ou Facebook, avec un nombre important de personnes qui viennent vivre ici sans moyens comme ces bébés RSA», ce sont près de 140 foyers qui se sont partagés en 2012 des chèques d’accompagnement (sous forme de ticket resto ou pour l’hygiène) et d’aides financières, soit 210 aides sur l’année, validées par le Conseil d’administration pour un total de 20.000 euros, soit 139 euros d’aides par foyer.

Parmi celles-ci, les factures d’énergie représentent plus de la moitié des aides financières. «Tout le monde est concerné, des jeunes et des femmes mais aussi des retraités du commerce ou de l’artisanat par exemple dont les pensions ne suffisent pas à faire face au pic des factures en hiver, sans compter les veufs qui subissent un double deuil, la perte de leur conjoint et la dégradation de leur situation. Les personnes paient leur loyer mais les charges d’énergie ont flambé, elles ne peuvent plus»

C’est l’arrivée simultanée de tous ces types de publics qui provoque cet effet crescendo déploré par Nathalie Auriac.

Pour l’heure, le grand projet 2013 reste la création de jardins partagés. «On a les terrains, non loin du Lycée François Camel, en bordure du Salat, à proximité du Chemin des Passerelles, traditionnel chemin de promenade et de randonnée. Le permis de construire est déposé, le projet devrait voir le jour d’ici fin 2013»

L’idée est de confier ensuite 16 à 17 parcelles à des ménages préalablement identifiés et de réserver une grande parcelle collective à des associations et organismes sociaux et/ou caritatifs mais aussi des établissements scolaires.

Avec un seul objectif pour chacun: privilégier le lien social et l’échange en plein air autour de jardins potagers dans lesquels chacun pourra cultiver fruits et légumes de saison, «en faire un lieu vivant», le tout saupoudré d’une bonne dose de convivialité, ferment d’une mixité sociale, culturelle et intergénérationnelle renouvelée.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 15/04/2013 | 19:51 | Lu: 11635 fois