Mirepoix: l'EISE bientôt labellisé «Maison de service au public»

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Jean-Jacques Michau président de la Communauté de Communes du Pays de Mirepoix l’a annoncé hier soir, lors de ses vœux, l’Espace Initiatives Sociales et Economiques de Mirepoix va être labélisé: «Maison de service au public».

Rencontre avec Valérie Dillon, sa présidente qui place l’humain au cœur des enjeux. «Ce qui l’intéresse, c’est la vraie politique, celle en direction des citoyens».
Retour sur la création de l’Espace d’Initiatives Sociales et Economiques et de ses services à la population
L’association EISE a été créée en 2001 par délégation de service public, suite à la volonté politique des élus du territoire souhaitant mettre en place un lieu où se mêlent social et économie.

L’association qui s’appuie sur un socle de la CAF a les pleins pouvoirs décisionnels, le président de la CCPM qui siège au Conseil d’administration n’ayant qu’une voix lors des votes.

En 2002, Valérie Dillon, alors conseillère municipale à Mirepoix, succède à Alain Toméo et devient présidente. «On ne savait pas encore si la sauce allait prendre» souligne-t-elle.

Deux salariés sont alors employés par l’association.

En 2003, le CLIC (centre local d’information et de coordination) à destination des personnes de plus de 60 ans et des personnes en situation de handicap voit le jour au sein de l’EISE.

Lieu de ressources, le CLIC par l’intermédiaire de ses deux techniciens (Élisabeth et Stéphane) est un service gratuit rendant moult services.

En parallèle à cette création, L’EISE ouvre un centre de permanence, dont un bureau médicalisé. Nous sommes encore en 2003 et ce centre accueille alors jusqu’à 33 organismes (15 aujourd’hui), dont le planning familial (avant les jeunes femmes devaient consulter à la maison de retraite).

Quelque temps plus tard, 5 professionnelles de l’enfance (psychologue, éducatrice de jeunes enfants, orthophoniste, institutrice du RASED, médecin) proposent à l’EISE de créer un lieu: la Petite Planète, un lieu d’accueil pour parents et enfants afin de rompre l’isolement de certains parents, d’apporter une aide à la parentalité.

L’EISE s’occupe alors de l’ingénierie, permet à ces professionnels de monter leur association, leur prête une salle. La Petite Planète a fonctionné ainsi quelques années, avant que ces professionnelles ne laissent le «bébé» à l’EISE.

Depuis, ce sont environ 15 enfants et leurs parents qui sont accueillis tous les mercredis en ces lieux.

Le Service de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD) voit le jour un peu plus tard, et aura nécessité que les statuts de l’association soient revotés pour s’ouvrir au médico-social.

«Là aussi, ce sont les besoins du territoire qui remontent et nous poussent à monter ce nouveau service» glisse Valérie Dillon.

Le SSIAD propose des services de «nursing» à domicile. Dirigé par Christophe Gaboriot cadre infirmier, il dispose de 30 places (et d’une liste d’attente au moins aussi longue).

365 jours par an, aides-soignantes ou infirmières se rendent, deux fois par jour, au domicile des personnes inscrites, apportant soins, mais aussi relationnel, convivialité; des personnels qui luttent aussi contre l’isolement, la détresse.

L’indépendance et l’autonomie du service, qui est logé au sein de la Maison médicale de Mirepoix, sont inscrites dans les statuts de l’EISE.

Il est à noter que le coût-jour alloué par l’ARS est de 33€/jour (en lieu et place de 300 à 600€ en hospitalisation ou maison de retraite).

L’Espace Initiatives Sociales et Economiques de Mirepoix développe également des actions en direction des familles, propose des actions d’animation et de prévention pour les habitants (voir notre article ci-contre) et vient de créer avec des habitants du territoire, une Pépinière d’initiatives sociales et économiques.

Côté versant économique, l’EISE, labélisé par ailleurs, Point d’appui, possède un relai Emploi-formation-Insertion; propose un poste informatique à disposition pour l’actualisation du dossier; liste les annonces Pôle Emploi et aide aux CV; elle accompagne les bénéficiaires du RSA.

Aujourd’hui, ce sont 20 techniciens en CDI (la présidente y tient) qui travaillent en ses murs; son budget est de 750 000€/an.

À noter que l’EISE accueille sur son site le SARAP (formations GRETA - Pôle emploi) et la Cyber base, «un élément essentiel, une porte ouverte à l’EISE», gérée par la CCPM.
Une labellisation: la Maison des services au public
Un leitmotiv guide le directeur Alain Toméo et Valérie Dillon présidente: «toujours faire avec et jamais à la place de».

Créer des liens, adapter les réponses à la demande sociale en favorisant la participation ont toujours fait partie des buts de l’association.

Après 13 ans passés à la tête de l’association, Valérie Dillon pose un «bilan positif des actions engagées et conduites. Un bilan très positif dans le sens où il y a une dynamique, une complémentarité entre un directeur qui va à la pêche aux idées, aux subventions, et le Conseil d’administration».

Oui, en 14 ans de fonctionnement, l’EISE a pris de l’ampleur. «Soit on se contente de gérer, soit on a envie de répondre aux besoins de la population» argumente Valérie Dillon.

Alors oui, la présidente a «envie de répondre aux sollicitations de la population. On est facilitateurs, on peut faire l’ingénierie des projets, en espérant que chacun puisse ensuite voler de ses propres ailes».

L’EISE propose gratuitement (hors frais photocopieur ou téléphonique) ses services à tous les projets, à partir du moment où ils sont laïques et non politisés.

Concernant la future labellisation de l’EISE en Maison des services au public, la présidente glisse: «nous avons eu une réunion à ce sujet en préfecture en septembre.

Cette labellisation est une reconnaissance du travail effectué, de tous ces services (comme la Mission locale, ndlr) présents sur place et qui rendent service aux habitants du canton
».

Valérie Dillon présidente et Alain Toméo directeur de l’EISE

NR | 21/01/2016 - 18:47 | Lu: 5192 fois