Explorer, chercher, trouver. L’écart n’est pas si grand qu’on pourrait le penser entre les arts et la science.
C’est cette frontière toute virtuelle qu’ont voulu dépasser Jean Clobert, le directeur du CNRS de Moulis et l’artiste pratéen Messaoud Khaldi.
«C’est un voyage de l’infiniment petit vers l’infiniment grand que nous proposons là», témoigne l’artiste, premier créateur local à initier ainsi une inauguration dans les locaux mêmes du CNRS.
Une trentaine de toiles disséminées ici ou là dans tous les étages de l’imposant bâtiment, récemment rénové, créent la surprise au détour des couloirs, bureaux et autres salles de réunion
«Je connais bien Messaoud et nous avons eu de longues discussions sur les similitudes entre l’art et la science»
C’est en quelque sorte une conversation étalée sur les murs à la vue de tous qui se prolonge.
Avant tout l’envie de faire quelque chose ensemble. Et dont profite la soixantaine de chercheurs et étudiants en permanence sur la structure.
L’exposition se sera en effet prolongée depuis le mois de janvier.
«Un artiste, c’est finalement comme un chercheur, confesse Messaoud Khaldi on part avec une simple idée, une inspiration sans trop savoir ou l’on va. À l’arrivée, ça plaît plus ou moins, mais les toiles ne laissent pas indifférent»
En tous les cas le livre d’or disposé à l’entrée se remplit, preuve que cela ne laisse pas insensible et pour couronner le tout l’ensemble des personnes doit voter pour la toile qui devrait être achetée en fin d’expo par le centre.
Après les tréfonds terrestres sur les traces du Prothée, c’est à un voyage aux confins du «surréalisme non figuratif», souligne l’artiste, que sont en effet conviés les scientifiques.
Il y a un esprit certain d’innovation en commun.
Des formes originales, un riche nuancier de couleur recherchées, les styles et ambiances picturaux entrainent aux frontières de l’abstrait dans le royaume de l’imaginaire en partage avec leur créateur, dans une recherche du mouvement via les formes dépeintes.
Surtout à l’huile ou par superposition de différentes matières.
Pour Messaoud, heureux de partager ses tableaux plutôt que de les laisser à la maison «il faut transcender le présent pour se projeter dans le futur»
Une autre similitude décidément avec l’esprit de la recherche scientifique.
Du microscope à la toile, «on s’exporte dans les tableaux» dans lesquels les chercheurs peuvent voir toutes ces formes prendre vie et relief.
Une première expérience réussie donc pour Jean Clobert, qui se félicite là de pouvoir faire connaitre le monde des artistes locaux «très riche et stimulant»
Pour Messaoud, déjà à la tête de la toute nouvelle association Atout Art Ariège, qui organise chaque année le Salon des Arts et des Artisans, les projets exploratoires ne manquent pas.
Comme celui qui lui tient très à cœur en cette année de commémoration de l’indépendance de l’Algérie, son pays natal, qui l’emmènera en principe à Londres, à Paris puis Amsterdam et Barcelone, exposer ses créations avec un autre artiste Pierre Altiès sur le thème de la réconciliation.
Une vaste exposition itinérante sur un noble thème pour laquelle il cherche encore des mécènes et autres sponsors pour la logistique.
De réconciliation entre les arts et la science il n’est nul besoin ici à Moulis au vu de cette exposition.
Le mariage est réussi.
Quant au public de chercheurs, qui s’y étaient habitué, il regrette presque déjà le retrait des toiles à quelques jours du décrochage «quel dommage qu’ils les retirent déjà» entend-on dans les longs couloirs.
Plus d’infos sur l’artiste, Messaoud Khaldi, ses œuvres et ses projets: [email protected]
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