Dans la salle polyvalente des Pujols (685 âmes), plusieurs habitants du village sont venus assister au dépouillement des voix en ce dimanche d’élection.
Les bulletins «Alain Fauré» s’amoncellent. Et les bouteilles de champagne n’attendent qu’à être ouvertes.
Pas vraiment étonnant, puisqu’Alain Fauré est maire de cette commune de Basse-Ariège depuis plus de dix ans.
Et pour celui qui vient d‘être élu député de l’Ariège sur la deuxième circonscription, c’est même là que tout a commencé.
C’est là qu’il a cultivé, à la manière d’un agriculteur, de solides racines politiques, dans un parcours politique effectué d’un trait sur un même territoire, «je n’ai jamais papillonné. Pour moi c’est le village sacré! Que je porte dans mon cœur depuis toujours»
D’abord parce que né en 1962 à Pamiers (issu d’une famille d’ouvriers et d’agriculteurs), c’est là qu’il a grandi et vécu jusqu’au Bac.
C’est aussi là qu’il fera ses armes en tant qu’élu, dès l’âge de 26 ans, sur la liste de Lucien Laffarge. Il s’occupe alors de la jeunesse et des écoles.
Première réalisation concrète: la création d’un syndicat intercommunal à vocation éducative, «pour regrouper les 7 villages et sauver l’école à classe unique de Saint Amadou» raconte-t-il.
En 1995, il devient adjoint au maire, puis maire en 2001.
Dans les années 90, il œuvre à la construction de l’intercommunalité autour de Pamiers, «c’est là que j’ai eu l’occasion de rencontrer d’autres élus: les André Montané, Jean-Pierre Caumeil, Bernard Soula, Henri Nayrou, André Trigano, etc.»
C’est aussi à cette époque là (en 1997) qu’il devient membre du Parti socialiste, «c’est André Montané qui m’a convaincu»
La politique n’est alors pas du tout un projet de vie, «c’était juste pour l’intérêt du village. Il n’y a pas eu de calcul pour arriver là aujourd’hui»
Et s’il y a bien eu des étapes jusqu’à cette élection le 17 juin 2012, l’élu avoue s’être laissé porté par le fil des évènements, «comme quand on est dans un bateau... Alors bien sûr, on monte d’abord soi même dans le bateau !»
Lorsqu’on vient le chercher pour devenir suppléant du député Henri Nayrou, il commence par refuser, «pas le temps» répond alors le chef d’entreprise.
Car issu du secteur privé, le parcours professionnel d’Alain Fauré détonne par rapport au profil classique des élus (pendant plus de 15 ans, il est commercial dans une entreprise, puis crée sa propre boîte en 2006).
Puis l’idée fait son chemin. Et en 2007 commence sa collaboration avec Henri Nayrou en tant que suppléant. Ce sera une étape marquante.
Il parcourt alors la circonscription dans tous les sens. Jusqu’en 2012 où son mentor passe la main à la nouvelle génération et soutient à fond sa candidature.
Entre temps, le futur député réchappe d’une leucémie qui le frappe en 2010, et dont il finit par se relever avec l’aide de sa famille, de ses proches, «et d’une équipe médicale exceptionnelle»
Aujourd’hui dans son village, l’émotion de voir l’enfant du pays devenir député est bien là.
C’est quelqu’un «de très bien» et «qui s’est fait tout seul, qui le mérite amplement» assure son premier adjoint Renzo Artuso, visiblement touché.
«Il est foncièrement honnête. Il croit en ce qu’il dit et il fait ce qu’il dit» assure aussi une habitante.
«Il a fait une campagne de proximité. La victoire ne nous surprend pas» résume Isabelle Avril, deuxième adjointe du village.
Les urnes elles aussi ont parlé. Aux Pujols, Alain Fauré a totalisé 267 voix contre 76 pour son adversaire UMP.
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