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Tribunal correctionnel de Foix: le passeur de cocaïne écope d'un an ferme

© midinews 2012

Interpellé jeudi dernier, S.S, Malien de 30 ans, a été condamné mardi en comparution immédiate à un an de prison pour «importation non autorisée de stupéfiants», en l'occurrence 240 grammes de cocaïne.

L'homme qui vit en Espagne se rendait selon ses dires en Suisse.

Dans le train reliant Barcelone à Toulouse, en gare de Mérens les Vals, douaniers et gendarmes, intrigués par son comportement lui faisaient passer un test rapide d'urine.

Test qui révélait des traces de drogue. S.S était arrêté et conduit au CHIVA pour de plus amples examens.

Et là, surprise. Alors qu'il se déshabillait on trouvait trois ovules de cocaïne dans son caleçon.

«Trois ovules conditionnés pour être ingérés ou dissimulés dans une partie intime du corps et qui contenaient 240 grammes de cocaïne, soit une valeur de 18 000 €» explique la présidente du tribunal.

Colette Perrault poursuit: «il partait soi-disant en Suisse passer les fêtes de Noël, alors que son billet s'arrêtait a Toulouse et qu'il n'avait que 20 € en poche»

A la barre du Tribunal, par la voix du traducteur, S.S explique en espagnol qu'il pensait faire la manche pour poursuivre son périple.

Consommateur «d'un peu de tout», il «rendait service à un ami qui lui aurait confié cette marchandise»

«Il a fait ce transport bénévolement, comme il aurait transporté du foie gras» raille la présidente.

Au Ministère public, Claude Cozar se fâche: «c'est du cinéma... il se moque de nous. C'est la première fois de ma vie que je vois un Malien qui ne parle pas français»

Et le procureur de poursuivre: «il s'agit d'un trafiquant et la drogue qu'il transporte c'est pour la région toulousaine ou parisienne. 250 grammes de cocaïne, cela fait des dégâts dans la jeunesse. Je demande une peine exemplaire, au moins deux ans de prison»

A la défense, Me Maissonnier tente de plaider «la précarité extrême d'un intérimaire du bâtiment, d'une main-d'œuvre bon marché qui a souffert de la crise espagnole»

L'avocat explique: «quelle liberté pouvait-il avoir de refuser ce transport ?» et enfonce le clou: «c'est là que commence l'exploitation des êtres humains»

Me Maissonnier demande à ce que la sanction «soit tempérée, alors que mon client encourt des sanctions bien plus graves que celles de la justice»

L'avocat parle alors de «pressions exercées, de menaces possibles sur sa famille»

Après délibérations, S.S. écope d'un an de prison, la cocaïne est confisquée, de même que les trois portables que l'on a retrouvés sur lui.

NR | 13/12/2012 - 18:51 | Lu: 15823 fois