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Foix: quand «l'amour vache» conduit au tribunal
17/04/2013 | 18:25
© MidiNews (archives)

Né en 1947 en Espagne, M.R n'a pas le profil du délinquant classique.

A la retraite, ce veuf, père de deux enfants, a travaillé 30 ans dans la même société et son casier judiciaire ne mentionne aucune condamnation.

Toutefois, son ex-compagne a déposé plainte contre lui et l'homme doit répondre de «violence aggravée suivie d'incapacité supérieure à 8 jours»

Dans la soirée du 16 février dernier, N tombe du capot de la voiture que conduisait M.R et se fracture la cheville. La victime affirme alors aux forces de l'ordre que son ex-compagnon l'a blessée volontairement.

Le mis en cause livre une autre version des faits aux gendarmes durant sa garde à vue. Version réitérée devant la cour et les citoyens assesseurs.

En couple depuis 8 ans avec N, ils auraient vécu une année rendue «difficile par la dépression de N et son agressivité»

Le 15 février, ils avaient une énième dispute et M.R décidait de rompre. Le lendemain, il rendait divers objets à son ex et une autre altercation éclatait. Le prévenu appelait alors les gendarmes à la rescousse.

A leur arrivée, la dame s'en allait avant de revenir en fin de journée «au prétexte de venir récupérer des bijoux»

En arrivant chez lui, M.R l'aperçoit et décide de ne pas descendre de voiture, s'enfermant dedans. N monte sur le capot et malgré les demandes réitérées de son ex-compagnon ne veut pas en descendre... là, les versions différent, s'affrontent.

L'une prétend que l'accident était volontaire, l'autre affirme que non. «Elle était couchée sur mon capot, agrippée aux essuie-glaces et ne voulait pas descendre. Après plusieurs manœuvres, j'ai reculé un peu rapidement et là, elle s'est relevée»

«Il est poursuivi par la vindicte de cette femme»
Pour l'avocate de M.R, son client a eu très peur de cette femme. «Le matin elle le menaçait avec un couteau; le midi, elle ne part qu'avec l'intervention des gendarmes»

Dans une plaidoirie sans concession, Me Andrée Saudemont souligne: «leur dernière année de vie commune a été ponctuée de conflits, de violence. Elle a compris le 16 février que leur relation est terminée... elle doit partir et ne le supporte pas. Elle est dans la vengeance»

Au Ministère public un stage de citoyenneté d'un jour a été requis par la magistrate qui a dénoncé «une manœuvre volontaire dans le but de la faire tomber. Il faut apprendre à gérer»

Me Cazelas pour la défense «conteste fermement la version du mis en cause» mais avoue que les deux versions s'affrontent. L'avocat a sollicité une expertise (genou fracturé NDLR) et une provision de 3000 €, plus 500 € au titre de l'article 475-1.

Au terme de son délibéré, le tribunal a requalifié les faits en «blessure involontaire» considérant les éléments. M.R a été condamné à 800 € d'amende assortis du sursis.

La partie civile a été renvoyée à l'audience du 13 juin, le tribunal ne se prononçant pas dans l'immédiat sur des possibles dommages et intérêts.

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auteur: NR | publié le: 17/04/2013 | 18:25 | Lu: 15788 fois