Tribunal correctionnel de Foix: il prenait de la cocaïne lorsqu'il arrêtait son traitement

Claude Cozar, vice-procureur au Tribunal correctionnel de Foix
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C’est l’histoire d’un homme diagnostiqué schizophrène alors qu’il ne le l’était pas, et qui, quand il arrêtait ses traitements, devenait violent et prenait de la cocaïne pour augmenter sa libido.

Philippe a été condamné mardi après-midi par le tribunal correctionnel de Foix à 6 mois de sursis. Le tribunal l’a relaxé «au bénéfice du doute» sur les faits de cession ou offre de stupéfiants.

Le prévenu, en détention dans le cadre d’une autre affaire, a été interpellé le 29 avril 2014 alors qu’il provoquait de forts ralentissements sur la rocade de Toulouse.

La justice lui reproche 6 faits: détention, offre et usage illicite de stupéfiants en l’occurrence de la cocaïne et du GHB, ainsi que le vol d’une carte d’identité et la conduite sous stups.

Ce 29 avril, notre Fuxéen décide de se rendre à Toulouse pour s’offrir les services d’une prostituée, C. L’affaire tourne court, car notre prévenu diagnostiqué schizophrène suit un traitement influant grandement sur sa libido.

Impuissance médicamenteuse, plus cocaïne, GHB et champagne pris en compagnie de la dame, font qu’avant de quitter le domicile de C, Philippe, qui n’a pas conclu et qui est «un peu remonté» vole la carte d’identité de sa partenaire.

Il est interpellé un peu plus tard sur la rocade, quand les gendarmes avertis par d’autres automobilistes l’arrête. Presque endormi, il sera transporté vers un hôpital.

Les gendarmes découvrent dans sa voiture un kit pour consommer de la cocaïne, un reste de poudre, un flacon de GHB et la carte d’identité volée.

La plaignante qui réclame 5 000€ de dommages et intérêts, a indiqué aux forces de l’ordre que son client aurait amené la cocaïne, ce qu’il dément fermement.

À la barre du tribunal, Philippe a expliqué que le diagnostic posé voici quelques années par un psychiatre ariégeois était faux. Il ne serait pas schizophrène et aurait durant des années suivi un traitement spécifique, plus des anxiolytiques, tout cela pour rien.

Pour pallier au manque de libido induit par les médicaments, il avoue avoir régulièrement pris du GHB pour intensifier ses activités sexuelles. La cocaïne serait occasionnelle. Et non, il n’a pas apporté cette substance chez la prostituée, c’est elle qui le lui aurait offert.

Son avocate Me Pibouleau a rappelé qu’un autre psychiatre avait «invalidé la thèse de la schizophrénie. Philippe en détention préventive depuis cette interpellation ne suit plus aucun traitement; il ne prend même pas d’anxiolytiques» précise-t-elle.

Dès lors «se pose la question» pour l’avocate toulousaine «d’un traitement prescrit sans raison pendant des années. S’il n’y a pas la, quand même, un effet de bombe», glisse-t-elle.

Relaxé au bénéfice du doute sur les faits d’offre ou cession, Philippe a écopé de 6 mois de sursis, et 150€ de dommages et intérêts.

Claude Cozar avait requis 6 mois de sursis, SME durant 18 mois, obligation de soins et suppression du permis de conduire pendant 6 mois.

NR | 20/01/2016 - 18:12 | Lu: 8854 fois