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Hausse des Cambriolages en Basse Ariège: le ras-le-bol des habitants concernés

© midinews 2012
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Non, la commune de Pamiers et ses alentours, ce n’est pas Chicago.

Néanmoins, lors de la dernière réunion du Conseil Local de prévention de la délinquance réuni à Pamiers, la hausse du nombre de cambriolages a quand même été soulignée: plus de 25% d’augmentation, quand de 69 cambriolages en 2011, on est passé à 93 en 2012.

Pamiers (16 000 habitants) est concerné, mais aussi les communes limitrophes comme La-Tour-du-Crieu.

Des cambriolages éclairs, en plein jour

Le mode opératoire est en général le même: il ne s’agit pas de dévaliser la maison entière, mais plutôt de s’introduire en plein jour, pendant que les gens sont sortis faire une course pour voler de l’argent, l’or, les bijoux.

Aujourd’hui, le ras-le-bol commence à monter chez ceux dont la maison a été «visitée». C’est le cas de Chantal Clamer (habitante de La-Tour-du-Crieu) dont le domicile a été cambriolé il y a peu. Bijoux de famille, or, objets précieux, les voleurs savaient ce qu’ils cherchaient.

Devant la porte fracturée, elle montre «ils ont cherché à passer par la porte arrière pour être à l’abri des regards et ne parvenant pas à l’ouvrir, ils se sont rabattus vers la porte d’entrée qu’ils ont fait sauter. Toutes les semaines, on entend parler d’un cambriolage»

Résultats: dans son quartier, des murs en parpaing toujours plus hauts s’érigent autour des maisons. Et plusieurs habitants, comme elle, ont choisi de s’équiper d’un système d’alarme.

Un marché ariégeois pour les installateurs d’alarmes

Tout cela n’est pas pour déplaire à Thibault Ferrere, jeune entrepreneur, qui a créé sa société d’installation d’alarmes et de systèmes de protection en 2009.

En 3 ans, son chiffre d’affaire n’a cessé d’augmenter, «depuis trois ans, je vois en moyenne une à trois personnes par semaine qui viennent de se faire cambrioler»

Cet alarmiste n’a donc pas besoin du marché toulousain pour faire tourner son activité, «il y a une psychose qui s’installe, quand dans certaines rues, une maison sur deux s’est faite cambrioler. Commercialement parlant, ce n’est pas pour me déplaire». Tout cela n’est pas donné, puisqu’il faut compter entre 1800€ et 3000€ pour s’équiper.

De leur côté, certains habitants ont décidé de s’organiser. Chantal Clamer dénonce aujourd’hui un «manque de mobilisation de la part des pouvoirs publics». Lors du dépôt de plainte, «j’ai ressenti un grand sentiment d’injustice. J’avais l’impression que les rôles étaient renversés. C’est tout juste si je ne me sentais pas responsable d’être «volable». C’est presque entré dans les normes»

Selon elle, il s’agit «d’une bande organisée que tout le monde connait et qui opère en toute tranquillité. Ce n’est pas supportable !»

Elle a donc décidé de réagir à sa manière, «en écoutant les gens autour de moi, j’ai constaté que beaucoup de personnes étaient isolées comme moi avec ce sentiment d’injustice, nous avons décidé de nous regrouper en association»

Elle va même plus loin, «nous allons peut-être envisager des méthodes plus radicales. C’est à dire avoir de quoi, à la maison, pour se protéger réellement en cas d’intrusion si nous sommes là»


Prévenir les forces de l'ordre de son départ en vacances

L’opération «tranquillité vacances» est renouvelée chaque année en Ariège: elle permet à des particuliers de signaler au commissariat ou à la brigade de gendarmerie leur absence de leur domicile pendant la période des congés.

Les services de police ou de gendarmerie s’engagent à patrouiller plusieurs fois par semaine à proximité de l’habitation pour s’assurer qu’elle n’a pas été visitée.
Anne-Sophie Terral | 10/07/2012 - 18:58 | Lu: 34453 fois