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Le syndicat départemental des pharmaciens voit d'un mauvais oeil la vente des médicaments sur Internet
11/07/2013 | 18:17
© MidiNews 2013 - Fmarsicano

A partir de demain vendredi 12 juillet, il sera possible d’acheter des médicaments sans ordonnance sur Internet. Une véritable révolution et une manière selon l’autorité de la concurrence de tirer les prix vers le bas.

Elle souligne l’existence de «très fortes disparités de prix des médicaments non-remboursables, pouvant aller de un à quatre selon l’officine». Aussi l’autorité soumet ses observations à consultation publique jusqu’au 16 septembre avant de rendre un avis définitif avant la fin de l’année.

L’ouverture partielle du monopole officinal pour bénéficier de prix plus attractifs
En attendant, faute de susciter un consensus, dans le milieu des professionnels de la santé, le sujet prête à débat.

L’ouverture au e-commerce va permettre de délivrer près de 4000 références sans ordonnances. Mais attention ces sites devront être adossés à une officine bien réelle et en constituer en définitive un prolongement virtuel.

L’ordre des pharmaciens et le ministère de la Santé se sont engagés à tenir les listes des sites de pharmacie à jour et de vérifier que seules les indications autorisées apparaissent en ligne. Les médicaments doivent être présentés «de manière objective, claire et non trompeuse»

Les seules mentions autorisées concernent le nom commercial, les indications thérapeutiques, la forme galénique (sachets, comprimés, gélules), le nombre d’unités, le prix. Les notices en ligne doivent pouvoir être imprimées et le pharmacien doit s’engager à réaliser personnellement la délivrance, la préparation de la commande ne pouvant se faire qu’au sein de l’officine.

Par contre le client a le choix d’aller chercher sa commande ou de se faire livrer à domicile par La Poste.

Les professionnels ariégeois «vent debout»
Dans le département de l’Ariège, petit département rural où l’on se bat souvent pour maintenir les pharmacies dans les villages de montagne, cette mesure est loin de faire l’unanimité chez les professionnels.

Ainsi Pierre Iché, pharmacien au Fossat depuis trente ans, responsable du syndicat des pharmaciens de l’Ariège: «nous sommes contre à cause des malfaçons que l’on rencontre de plus en plus souvent avec les médicaments commandés sur Internet. Au moins ce qui est délivré en officine a le mérite d’être plus sûr»

Seules les officines qui ont pignon sur rue pourront ouvrir un site Internet et la vente sera strictement encadrée, ce qui tend à rassurer notre pharmacien ariégeois.

Quant à l’argument économique: les produits commandés sur Internet seraient moins chers que ceux que l’on délivre en officine, M. Iché est sceptique: «aujourd’hui beaucoup de pharmacies cassent les prix. On n’est pas sûrs d’aller plus bas sur le Net et en plus il n’y aura pas l’accompagnement physique avec le client qui permet d’éviter la surconsommation, le conseil que l’on peut prodiguer en officine»

Selon lui la réalisation d’un site Internet est un gros investissement, il coûte cher en fonctionnement, «il faut avoir un volume suffisant pour casser les prix et amortir un tel investissement. En France on a 5 ou 6 très gros sites qui devraient percer et arriver à serrer les prix mais en revanche ils devront faire un gros chiffre d’affaires»

En définitive et on en revient au même constat: «un pharmacien peut se lancer… mais il faudra arriver à beaucoup vendre pour acheter de grosses quantités et arriver à tirer les prix vers le bas»

De plus comme le souligne avec pertinence ce professionnel de la santé, «l’informatique, l’Internet ce n’est pas notre cœur de métier, il faut être spécialisé là-dedans pour se faire référencer sur Google, monter une architecture de site et le faire vivre. A chacun son métier»

Pourtant cette libéralisation partielle de la vente de médicaments sur Internet a permis à d’autres pays de l’Union Européenne comme l’Italie, de bénéficier de médicaments en moyenne 25% moins chers.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 11/07/2013 | 18:17 | Lu: 7433 fois