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Communauté musulmane en Ariège: questions à Mbarek Ben Ouoch, nouveau représentant du CRCM
04/07/2013 | 18:33
© MidiNews 2013

Le conseil français du culte musulman (CFCM) vient de renouveler sa confiance à Dalil Boubakeur le recteur de la Grande mosquée de Paris, réélu à la présidence de cette instance pendant deux ans jusqu’au mois de juin 2015.

Le CFCM a été créé en 2003 sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, pour doter les 3,5 millions de musulmans vivant en France d'une instance représentative, mais il a rapidement été grippé par des tensions internes entre ses différentes composantes.

Aujourd’hui on parle même de réformer ses propres statuts. Décliné au niveau local par les instances des Conseils régionaux du culte musulman (CRCM), il a vocation à lutter contre le communautarisme et l’Islam radical. Il prône plutôt un islam intégré dans la société française et le dialogue entre les religions.

Un Ariégeois au Conseil régional du culte musulman de Midi-Pyrénées
Parmi les membres du conseil d’administration du CRCM, un Ariégeois, Mbarek Ben Ouoch. Bien connu dans le milieu associatif du Pays de Foix, notamment pour avoir créé l’association «Les Enfants des Oasis» qui contribue depuis sa création, en 2008, à récolter et faire parvenir du matériel scolaire aux enfants défavorisés du sud marocain, Mbarek est le seul Ariégeois à siéger dans cette instance régionale.

«Au début je ne voulais pas intégrer cette structure car depuis le début de sa création, elle reste inactive faute de moyens… en définitive j’ai fini par accepter pour essayer de faire bouger les lignes et changer la donne. De plus c’est la première fois qu’un Ariégeois y siège»

-Justement au moment où le Front National relève la tête, comment se porte la communauté musulmane de l’Ariège?

«C’est une communauté très importante, d’Auzat à Saverdun, la première génération est plus âgée, fréquente davantage les lieux de culte mais on peut véritablement parler ici d’intégration et de vivre ensemble»

-Depuis l’affaire Mohamed Merah, les actes islamophobes ont augmenté de 57% en France et l’opinion française est négative à 70% contre l’islam. Quel est le ressenti de la communauté ariégeoise?

«Après cette affaire nous avons fait appel à toutes les associations pour organiser une marche silencieuse, nous avons écrit au 17e Régiment de chasseurs parachutistes de Montauban et au lycée Ozar Hatorah de Toulouse pour leur faire part de notre condamnation très ferme de ces actes barbares.

Mohamed Merah ne représente en rien la religion musulmane. La religion musulmane est une religion de tolérance, de respect et d’amour entre les peuples et les individus.

Après ce triste épisode nous n’avons pas eu de problèmes majeurs mis à part deux actes isolés: des croix gammées sur ma voiture et le maire de Ferrière, commune sur laquelle nous construisons une nouvelle mosquée, a reçu une mettre anonyme dans laquelle on l’insultait. Le bâtiment de notre centre culturel a également été tagué… des actes isolés
»

-On assiste à une radicalisation des jeunes, y compris dans les collèges ariégeois, en avez-vous entendu parler?

«Effectivement des jeunes s’organisent au sein des établissements scolaires et rejettent les étrangers... On ne comprend pas ces mouvements. C’est l’affaire de la police et de la justice d’en trouver les raisons.

Nous sommes cependant conscients qu’il faut donner de l’audience aux mouvements modérés de l’Islam et qu’il est indispensable que les musulmans se déterminent nettement par rapport aux problèmes liés à l’intégrisme… il faut rompre le silence
»

-Une réaction face à l’actualité: la destitution de Mohamed Morsi issu des Frères Musulmans, l’Egypte qui entame sa seconde révolution, la pression de l’intégrisme en Tunisie...

«Lutter contre l’intégrisme c’est lutter contre l’ignorance et les luttes tribales. D’où la nécessité de diriger les jeunes vers l’alphabétisation»

-A quelques jours du début du Ramadan (cette année du 9 juillet au 8 août) comment la communauté musulmane s’y prépare, comment le vivez-vous?

«C’est un des cinq piliers de la religion, le mois du Ramadan est important, c’est un mois sacré, on s’organise même six mois avant puis on se prépare psychologiquement et matériellement pour ne manquer de rien en cuisine.

On assiste à une fréquentation plus importante des lieux de culte et étonnamment les jeunes reviennent à ces valeurs-là. Il n’y a pas seulement le jeûne, il faut faire attention à ce que l’on dit, ce que l’on fait, ce qu’on écoute… j’espère que ces jeunes prennent acte de tout cela et font attention dans leur quotidien
»

En 2009, environ 70% des musulmans de France (ils sont estimés à 3,5millions dont environ 800 000 pratiquants) déclaraient observer le jeûne du Ramadan contre 60% il y a 20 ans selon l’IFOP.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 04/07/2013 | 18:33 | Lu: 9189 fois