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Lutter contre l'insalubrité et la précarité dans le logement reste une priorité à Saint-Girons comme dans l'ensemble de l'Ariège
11/07/2013 | 18:22
© MidiNews 2013

Sur Saint-Girons, indiquent les statistiques des impôts, on compte 10% de logements vacants et 7% de logements considérés médiocres voire très médiocres, soit un total de 17% de logements qui nécessiteraient une réhabilitation lourde, avance Evelyne Neveu, la représentante de l’ANAH, l’agence nationale pour l’habitat.

Un organisme qui est le bras armé de l’état dans la lutte contre l’habitat indigne, la précarité énergétique, la production de logements à loyer maîtrisé, l’adaptation au handicap et à la perte d’autonomie.

Dans le cœur historique de Saint-Girons, dans un logement qui fut autrefois celui du célèbre peintre André Régagnon, Philippe Sauvannet, sous-préfet de l’arrondissement de Saint-Girons, conduit la visite lui-même des lieux entièrement restaurés et remis aux dernières normes.

Avec celui du peintre ce sont ainsi trois logements qui ont été refaits à neuf et «remis sur le marché locatif comme logements sociaux. Ici nous sommes dans un appartement témoin» clame-t-il.

Une démonstration à plusieurs niveaux même, pour le sous-préfet «d’abord de ce que l’on peut faire quand on veut se lancer dans une opération de rénovation»

Ensuite celle d’une démarche partenariale exemplaire associant là «le Conseil général, l’ANAH, le syndicat de pays et la communauté de communes de l’agglomération de Saint-Girons, illustration de projets qui avancent lorsqu’on se met autour d’une table» félicite-t-il en remerciant au passage les différents artisans qui sont intervenus sur ce chantier sous la houlette de M. Anel, l’architecte.

En tant que responsable départemental du Pôle logement indigne, le sous-préfet ne pouvait en effet qu’être «sensible» au travail ici réalisé. «95% des Ariégeois sont éligibles au parc locatif social, constate-t-il, dans ce département fortement touché par la pauvreté, la précarité et où le taux de chômage avoisinant les 13% reste supérieur aux moyennes régionale et nationale»

Lutte contre la précarité énergétique et les logements insalubres, deux volets prioritaires
«La politique du logement est une priorité du Gouvernement qui concerne directement les élus dans le cadre de leurs décisions d’aménagement du territoire et d’urbanisme» affirme le sous-préfet devant Gérald Rovira représentant la communauté de communes de l’agglo de Saint-Girons et Ginette Busca chargée de la politique Habitat au sein du syndicat Mixte de Pays Couserans.

«Deux volets sont particulièrement ciblés: la lutte contre la précarité énergétique et contre les logements insalubres»

Un phénomène pas toujours simple à appréhender, le sous-préfet reconnaissant volontiers «que s’il existe des marchands de sommeil, il y a aussi des propriétaires qui n’ont pas forcément les moyens d’entretenir leurs biens»

Aussi l’Etat, avec l’ANAH et d’autres partenaires comme les collectivités locales qui les abondent, mène des politiques incitatives «à destination des bailleurs de bonne foi. C’est la carotte» souligne le sous-préfet évoquant aussi le «bâton pour les propriétaires qualifiés d’indélicats sanctionnés dans le cadre d’un volet plus coercitif»

«De 7 à 10.000 logements seraient concernés par de telles mesures de requalification» avance le sous-préfet qui reconnaît par ailleurs qu’environ 34 arrêtés d’insalubrité ont été pris en 2012, sur le département.

Boiseries et ouvertures refaites, double vitrage, plancher flottant, sanitaires aux normes, chauffage gaz par chaudière à condensation, radiateur radiant dernier cri, le tout dans une volonté de conserver le cachet des lieux, ce sont ainsi trois logements sociaux de 63, 80 et 116 m² qui ont été rénovés.

S’il s’engage à les destiner à la location pendant neuf années, le propriétaire reçoit en contrepartie des aides non négligeables des différents partenaires pour mener à bien les travaux.

A la sortie, il récupère des appartements dans un état neuf, sur un marché locatif tendu surtout en centre-ville, qu’il peut espérer louer entre 372 euros et 609 euros (loyer maximum fixé par l’ANAH). Les locataires, s’ils sont éligibles, peuvent quant à eux espérer recevoir l’APL.

Des opérations en faveur de l’habitat «en pôle position sur Midi-Pyrénées»
«Des opérations programmées d’amélioration de l’habitat sont en place sur Saint-Girons depuis 1998, explique Mme Neveu. 8 programmes de ce type sont conduits en Ariège, complétant le contrat local d’engagement contre la précarité énergétique à l’échelle du département. 250 logements sont subventionnés par an en moyenne, soit une enveloppe de plus de 2 M€ pour un montant total de travaux générés de plus de 8 M€»

Comme sur l’ensemble du département, leur objectif est de développer des logements à loyers maîtrisés et à charges maîtrisées. «Grâce à ces programmes, 230 logements locatifs ont été réhabilités sur Saint Girons, soit 15 à 16 par an en moyenne.

Le PIG -programme d’intérêt général- du Couserans est un des programmes qui donne les meilleurs résultats sur le département,
souligne-t-elle, grâce notamment à l’animation de cette démarche assurée par Isabelle Fort au syndicat de Pays.

Le programme actuel (qui concerne l’ensemble du Couserans) a débuté en mars 2009 et se termine en fin d’année. A ce jour, 136 logements ont été subventionnés pour un montant de 1 549 000 € sur crédits ANAH et 54 300 € de prime de l’Etat pour la rénovation thermique pour un montant de travaux de plus de 5 M€
»; un dispositif qui concerne les logements locatifs et les propriétaires occupants.

Pour le sous-préfet de Saint-Girons, «cette démarche est significative. Elle permet de rénover des logements de qualité en centre-bourg tout en améliorant leur performance énergétique»

Outre l’aspect architectural ou locatif intrinsèque à l’opération «cela permet de limiter l’étalement urbain, de conforter la centralité des villes concernées»

A la suite du PRR du Couserans qui vise à rendre plus attractif le centre-bourg, «ce type d’opération permet aussi de mieux attirer et faire rester les populations tout en favorisant l’insertion (donc la mixité) des populations plus fragiles» et ce, dans des logements décents.

Présent également, Gabriel Dando, du service aménagement urbain du Conseil général conforte l’intérêt de ces opérations de requalification: «ce n’est pas uniquement un décor de pièce de théâtre, affirme-t-il, souvent cela s’intègre dans des programmes de reconquête des centre-bourgs, plus vastes»

Une volonté, confirmée par Gérald Rovira, qui l’atteste: «une opération de requalification de la rue Gambetta va prochainement débuter.

En 2012,
poursuit l’adjoint à la ville, nous avons identifié sur Saint-Girons près de 600 logements vacants. J’espère qu’avec ce type de programme on arrivera au fil du temps à les remettre sur le marché»

Bien sûr, cela dépendra de la carotte, car cela reste une opération immobilière, souvent lourde, mais aussi à l’exemple de ce qui a été réalisé ici au 3 rue Gambetta de la volonté personnelle du propriétaire bailleur qui doit être le premier convaincu de l’intérêt qu’il a à entretenir et mettre aux normes son bien patrimonial et ce, avec tout l’accompagnement nécessaire dont il peut avoir besoin, d’autant que la partie administrative nécessaire pour tout montage de dossier peut, elle aussi, s’avérer lourde.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 11/07/2013 | 18:22 | Lu: 8027 fois