Visite préfectorale en Couserans: le centre nautique de Saint-Girons, «symbole d'un projet de territoire réussi»

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Ce mardi, François Murillo, président de la communauté des communes de l’agglomération de Saint-Girons accueillait Marie Lajus, préfète de l’Ariège sur le thème de l’intercommunalité et du développement économique, deux priorités pour les services de l’Etat.

Au programme la visite du multi-accueil petite enfance, exemple de la réussite de l’intercommunalité sur des projets structurants desservant tout un bassin de vie.

«La mutualisation des moyens est un bénéfice pour tous les habitants qui ont accès à un service polyvalent de proximité» constate la préfète en visitant ce site accueillant le regroupement de l’ensemble des services dédiés à la petite enfance, à savoir le RAM (relai assistantes maternelles), la crèche, la garderie.

Mais c’est surtout au centre nautique qu’elle s’est attardée, car il symbolise la réussite de l’intercommunalité.

«En se regroupant, on peut élaborer des projets de grande ampleur, impossible à porter par une commune individuelle ou par une petite intercommunalité et offrir comme ici aux habitants d’un territoire un service qui n’existait pas»

L’intercommunalité est une chance
C’est aujourd’hui à la tête d’une «équipe» de 7 communes qui représente l’intercommunalité Saint-Gironnaise: Caumont, Eycheil, Lorp-Sentaraille, Montjoie, Moulis, Saint-Lizier et Saint-Girons, soit une population de 12 500 habitants sur une superficie de 114 kilomètres carrés que François Murillo a le projet d’impulser une démarche de consolidation du lien territorial.

Selon le promoteur de cette intercommunalité au sens large, les grandes réalisations ne peuvent aboutir qu’en prenant cette dimension territoriale.

«On doit se regrouper pour se structurer, pas pour gagner aux dépens des autres. Il ne doit d’ailleurs pas y avoir de gagnant et de perdant»

Pour le président de la communauté des communes de l’agglomération de Saint-Girons la commune assure ses compétences d’autant mieux qu’il existe une intercommunalité forte.

«Tout se passe ici de manière très positive dans un esprit de dialogue, avec Saint-Girons comme commun centre, mais pas égocentrée !

Certaines communes, plus petites comme Montjoie, Eycheil ou Lorp ont besoin de services pour se développer. L’enjeu est celui de la solidarité territoriale.

Les petites communes grandissent grâce à l’intercommunalité non pas dans leur seul intérêt mais dans l’intérêt de tous. Plus d’entreprises et d’habitants à la périphérie cela promet un retour sur la ville-centre en matière de demande de services (écoles, collège, lycées) mais aussi de logements ou de commerces
»

L’application de la loi NOTRe, de la fin de la réforme territoriale sont autant de leviers permettant de créer ou d’accélérer cette dynamique nouvelle de développement.

Le regroupement des intercommunalités c’est à mes yeux l’anti gaspillage des forces vives d’un territoire
Les conditions nécessaires à la réussite de cette nouvelle architecture institutionnelle résident selon François Murillo dans le regroupement des intercommunalités.

«Effectivement, plus on sera forts, plus on aura de chances de gagner en développement. Nous avons le projet de réunir prochainement les trois intercommunalités de St-Girons, Val-Couserans et Bas-Couserans (soit 95 communes et seulement 30.000 habitants).

Ce projet nous tient à cœur parce qu’il conforte le plan de revitalisation du Couserans qui est toujours à l’ordre du jour. Mais je crois qu’en un premier temps, nous devons rester raisonnables et nous contenter de rapprocher, grâce à l’alliance de Saint-Girons, du Val Couserans et du Bas Couserans, l’ensemble des communes des deux cantons de Saint-Lizier et de Saint-Girons.

Je serai très heureux de voir enfin associés ces deux cantons historiquement liés. Le regroupement des intercommunalités c’est à mes yeux “l’anti gaspillage” des forces vives d’un territoire
»

Le centre nautique, fruit de cette collaboration intercommunale
 Le centre aquatique couvert est un projet porté par les communautés de communes du Couserans dont la coordination a été effectuée par le Pays puis par le PETR* mais dont le financement et la maîtrise d’ouvrage incombent aux intercommunalités concernées.

L’équipement à fonction pédagogique et de loisirs se situe face à l’actuelle piscine découverte. Il s’adresse à l’ensemble de la population du Couserans. Fin des travaux décembre 2015.

«Ce projet est emblématique, il prouve que l’on peut travailler à plus grande échelle, ce n’est pas une question de loi mais de logique si l’on veut réaliser ici des projets d’envergure, il faut se regrouper»

Cependant François Murillo reconnait que cela n’a pas toujours été facile: les premières discussions en débuté en 2002 et la fin des travaux est prévue fin 2015.

Mais il concède «qu’avec un interlocuteur qui peut décider sur une seule entité, on peut aller plus vite et parler de dynamique de développement.

Sur le territoire du Couserans il y a beaucoup de dossiers sur lesquels on peut travailler ainsi: le développement de l’aérodrome d’Antichan, Guzet ou Saint Lizier… ce sont des discussions que l’on va avoir à l’échelle du PETR*
»

*La loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 relative à la modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles a créé une nouvelle catégorie d’établissements publics : les pôles d’équilibre territoriaux et ruraux (PETR).
Les PETR sont des établissements publics constitués par accord entre EPCI à fiscalité propre, au sein d’un périmètre d’un seul tenant et sans enclave, en vue de mener des actions d’intérêt commun et d’élaborer un projet de territoire définissant les conditions du développement économique, écologique, culturel et social dans le périmètre du pôle d’équilibre territorial et rural. Ce projet de territoire précise les actions en matière de développement économique, d’aménagement de l’espace et de promotion de la transition écologique.

Laurence Cabrol | 08/09/2015 - 20:10 | Lu: 15935 fois