Premières vendanges «symboliques» à Cailloup: quand la tradition renoue avec l'histoire
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Samedi 12 septembre au matin avaient lieu les premières vendanges sur la vigne de Cailloup, 2700 pieds mis en terre au printemps 2014 dans le cadre d’un projet porté par l’association Le Bi Del Mas Biehl, sous la houlette de Louis Claeys.
Le geste était purement symbolique mais la manifestation évidemment sympathique ! Une occasion de partager un moment convivial et de se retrouver autour de ce vignoble en devenir qui porte désormais les espoirs de tous ceux qui ont voulu ressusciter le vin de Pamiers et son histoire viticole.
La vigne à Cailloup c’est toute une histoire
À quelques encablures du centre-ville, à l’ombre de l’église du XIIe siècle et du jardin médiéval, le plateau du Mas Vieux est désormais un lieu de culture et de patrimoine.
Implantée dans la région par les Romains, ce sont les moines de l’abbaye de Saint Antonin de Frédélas qui au moyen-âge ont donné à la vigne ses lettres de noblesse.
Le vin de Pamiers était embarqué au port du Jeu du Mail pour être acheminé par flottaisons jusqu’à Bordeaux et exporté jusqu’en Angleterre: «à l’époque, il y avait ici 30 hectares de vignes et elle a constitué jusqu’au XVe siècle une des principales richesses de la ville» explique le président de l’association, Louis Claeys qui s’est entouré pour mener son aventure sur les hauteurs de Pamiers, de l’expérience de Philippe Babin, vigneron emblématique ayant participé il y a une vingtaine d’années au renouveau de la vigne en Ariège.
Aujourd’hui c’est son successeur sur les vignes d’Engraviès, Thomas Piquemal qui a pris la main sur l’aspect technique et la vinification. «Nous sommes ici sur un demi-hectare en Bio, précise ce créateur de vin.
C’est du Gamay, un cépage de rouge endémique de l’Ariège qui existait avant la crise du phylloxéra. On le retrouve en Bourgogne et dans le Beaujolais. Il est parfait pour ce site, à proximité de la rivière.
Cette année nous avons les premières grappes et d’ici deux ans la première véritable vendange avant de prendre notre rythme de croisière: 15 hectolitres et 2000 bouteilles par an dont la moitié sera réservée à la centaine de souscripteurs qui soutiennent ce projet depuis sa genèse. Le reste de la récolte sera commercialisée par l’association».
Notons qu’il s’agit d’une vigne municipale, car la mairie est propriétaire des lieux depuis 1990. Elle a aménagé l’accès au site, participé au démarrage du projet par voie de subvention et met à disposition un employé des espaces verts pour l’entretien.
Ambiance chaleureuse pour cette première récolte
Le maire de Pamiers, André Trigano, n’a pas hésité à assister à cette première vendange, «un évènement peut-être symbolique, mais tellement sympathique !» s’est exclamé le premier magistrat en dégustant les grains de raisin gorgés du soleil estival de la Basse Ariège.
Après les consignes distillées par Thomas, les participants se sont dispersés, sécateur à la main dans le vignoble en quête des premières grappes, une opération de précision suscitant une certaine émulation pour trouver la plus belle production de la rangée: «elles ne sont pas bien grosses et c’est normal, car la vigne est toute jeune, mais les raisins sont particulièrement bien formés et le soleil a fait le reste».
Une récolte modeste, mais prometteuse comme l’a souligné le vigneron de Vira. À l’heure du déjeuner les membres de l’association se sont retrouvés pour un pique-nique convivial où chacun a pu mettre en avant ses talents de cuisinier, pâtissier... voir bouilleur de cru.
Parmi les breuvages proposés (outre le vin du domaine d’Engraviès en attendant celui de Cailloup !) une mention spéciale à la «Marquisette» de Jeanine, une spécialité à base de citron, vin blanc et mousseux, à consommer avec modération.
Une belle rencontre permettant comme l’indique Louis Claeys «de resserrer les liens avant de préparer les futures vendanges certainement plus significatives».
À l’occasion de cette belle journée, les sociétaires de l’association ont accueilli leur marraine, notre consœur Laurence Cabrol. Ariégeoise d’origine, passionnée de patrimoine, épicurienne dans l’âme, c’est avec délice qu’elle à répondu à cette chaleureuse invitation.
Et c’est aux côtés de Philippe Babin (le parrain) qu’elle aura pour mission de faire la promotion du fruit de cette vigne, mais aussi de ce site exceptionnel encore trop méconnu.
Prochain rendez-vous au mois de novembre pour le palissage de la vigne et à la mi-avril pour la taille de formation.
| Les journées du patrimoine à Cailloup Le chemin fut long pour Daniel Pédoussat, président de l’association Cailloup St Antonin et Louis Claeys, responsable de l’association Bi del Mas Bielh pour redonner vie au passé historique du site. Après la restauration de la bâtisse, la création d’un chemin d’accès, la sauvegarde des peintures du chœur de l’église, la réintroduction de la vigne… avant peut-être la création d’une passerelle jetée sur la rivière permettant de relier les deux rives et d’accéder au plateau, les bénévoles rivalisent d’imagination pour attirer les visiteurs et faire vivre ce site. Le week-end prochain dans le cadre des journées du Patrimoine les peintres amateurs sont attendus samedi pour une journée «Peindre à Cailloup». Les tableaux seront ensuite exposés à l’office de Tourisme de Pamiers. Dimanche après-midi, visites commentées et concerts se succéderont notamment avec la participation de groupes et de chorales ariégeoises (les Encantats et les Révelhet) musiques et chants des Pyrénées. Animations gratuites Renseignements: 05.61.67.45.58 |
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