Saverdun: Le festival régional des chevaux de trait se met en scène en Ariège

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Autrefois présent dans toutes les cours de ferme, le cheval de trait, couramment appelé cheval de travail ou tracteur des fermes a disparu du paysage agricole avec l’arrivé de la mécanisation. Aujourd’hui, la grande majorité de ces chevaux lourds est principalement destinée à la filière bouchère.

Cependant à l’heure du réchauffement climatique, les mentalités semblent évoluer vers un retour à la nature, au respect de l’environnement.

Si bien qu’un renouveau semble toucher la filière trait avec des débouchés diversifiés où le cheval en tant que traction écologiquement propre prend peu à peu sa place: traction hippomobile utilisée en ville pour les services et formidable vecteur de lien social dans les cités, mais surtout pour le travail de la terre où l’on peut l’utiliser pour le débardage (travail de précision dans les zones difficilement accessibles), la viticulture (le cheval évite le tassement du sol et augmente l’espérance de vie des ceps de vigne), le maraichage (dans le secteur de l’agriculture biologique).

Autant de perspectives encouragées par les syndicats locaux de race qui se battent depuis des années pour maintenir les effectifs et mettre au grand jour les qualités de ces chevaux rustiques encore méconnus du grand public.

Ainsi le syndicat ariégeois des éleveurs de chevaux de trait qui depuis une quarantaine d’années milite en faveur de cet animal docile, au pied sur et au mental d’acier.

Crée sous l’impulsion de Constant Bergé, décédé au printemps dernier cette structure a réussi à fédérer une trentaine d’éleveurs pour promouvoir toute l’année ce cheptel un peu atypique au pays du Mérens ou du Castillonnais.

«Le cheval de trait compte 9 races originaires du nord de la Loire, nous en avons deux en Ariège, le trait Comtois et le Cob Breton, indique Laurent Metge, président du syndicat ariégeois. Cela représente un millier d’équidés, la plupart des élevages comptent en moyenne quatre têtes, mais il y en a une quinzaine de plus de trente bêtes… c’est assez stable. À noter cependant que le département de l’Ariège est le second département au niveau national en production de chevaux de race bretonne après le berceau de race»

Les débouchés des chevaux dits lourds sont principalement destinés à la filière bouchère (les traits d’élevage sont souvent exportés pour la viande à 18 mois), seul un quart de la production est destiné en filière sport-loisir ou à l’entretien de l’espace souvent en complément avec les bovins.

Comme l’explique Laurent Metge, lui-même éleveur à Saverdun: «Ils sont de plus en plus utilisés pour l’entretien de parcelles difficiles d’accès en montagne, à titre de comparaison un cheval consomme les refus de 15 bovins… entretien des chemins de randonnée, pastoralisme et de manière anecdotique travaux agricoles, le cheval de trait permet aux agriculteurs de diversifier leur production et de compléter leur revenu»

C’est au lieu dit La Margue sur la commune de Verniolle que Gérard Dejean élève une dizaine de Bretons en plein air: «J’ai commencé petit en 1980 avec deux bêtes, à présent je travaille surtout sur la reproduction et la sélection. Chez nous, il n’y a jamais de croisement ce sont des races pures pour améliorer la génétique» précise cet éleveur passionné qui accessoirement utilise ses chevaux pour l’attelage ou le jardin: «On recherche surtout chez les juments un tempérament docile et des qualités maternelles pour faire de beaux poulains et décrocher accessoirement quelques prix en concours».

L’occasion lui en sera donnée le week-end des 26 et 27 septembre à Saverdun où le syndicat ariégeois organise le concours régional, une manifestation importante où l’on attend une cinquantaine d’éleveurs venus des 8 départements de Midi-Pyrénées et plus d’une centaine de chevaux sélectionnés dans toute la région.

«Nous n’en sommes pas à notre coup d’essai, précise Laurent Metge qui a déjà accueilli cette manifestation en 2007. Elle permet de décloisonner l’activité, les éleveurs se rencontrent, échangent, ils mettent en avant leur production à travers plusieurs épreuves permettant également au grand public de découvrir leur savoir-faire».

Présentation de l’animal en fonction du standard de race (à travers les critères imposés par l’association nationale de race et son fameux studbook, faculté à se déplacer, dressage… Le tout devant un jury de professionnels composé des membres du syndicat national des races comtoises et bretonnes, les agents de l’IFSE et des anciens agents des haras nationaux.

L’élevage ariégeois compte dans ses rangs un homme incontournable dans le monde du cheval, Olivier Courtiade, assermenté par le syndicat national Breton dont la notoriété a traversé les frontières.

Rendez-vous les 26 et 27 septembre pour un long week-end autour de ce sympathique animal.

En marge des débouchés traditionnels, Gérard Dejean réalise à partir du lait de ses juments des savons commercialisés sous la marque «Equimargue» à découvrir à l’occasion de ce festival. Une manière de se diversifier à travers le débouché des cométiques.

Pour en savoir plus: www.chevaux de [email protected] et 06 64 37 59 33.

Laurence Cabrol | 15/09/2015 - 19:10 | Lu: 14739 fois