Chasse en Ariège: un début de saison prometteur

Après l’ouverture précoce du sanglier pour le 15 aout, puis du chevreuil à l’approche, de la caille et avant celle du gibier de montagne, les chasseurs ariégeois sont impatients de retrouver le chemin des sous-bois ou des champs pour débusquer faisans, sangliers et autres perdreaux.
«Une ouverture générale, mais à tiroirs, car nous chassons les espèces quand elles sont là», commente Jean-Luc Fernandez, président de la fédération des chasseurs de l’Ariège. Les contraintes des agriculteurs obligés de déchaumer les champs de plus en plus tôt pénalisent les chasseurs habitués à trouver en plaine le petit gibier à plumes.
Notons cependant cette année un beau retour du lièvre dans ces mêmes plaines d’Ariège grâce au travail important réalisé par le GIC.
Au niveau du petit gibier, on attend tous le retour des migrateurs et surtout de la mordorée, la bécasse, le gibier à plumes certainement le plus passionnant et le plus difficile à chasser.
Une nécessaire régulation des espèces avec des plans de chasse raisonnés
Du côté du gros gibier la saison a démarré sur les chapeaux de roue pour le sanglier (déjà plus d’une trentaine de spécimens sur l’ACCA de Pamiers), mais au regard des prédations sur les récoltes et face à l’augmentation exponentielle des populations il est nécessaire, voir indispensable de réguler l’espèce comme l’indique le président de la FDC09: «le sanglier est partout jusqu’aux pelouses des estives, ici on n’est plus dans la gestion on est dans la régulation pour en limiter la prolifération !»
Il est vrai que la saison dernière fut un excellent cru pour le sanglier : pour le seul canton de Castillon on a prélevé 223 sangliers de plus que l’année précédente (843 au total) et selon les projections réalisées par les techniciens de la fédération, la tendance est loin de vouloir se tasser.
Des tableaux de chasse qui laissent rêveurs au regard des dossiers d’indemnisation « grand gibier » entièrement financés par les chasseurs. Car outre la gestion cynégétique, la fédération est en charge de l’indemnisation des dégâts occasionnés sur les cultures et sur les récoltes agricoles (ils sont causés à 90 % par les sangliers).
Des dégâts financés par le timbre grand gibier payés par les chasseurs ariégeois et Jean-Luc Fernandez se refuse d’augmenter ce timbre afin de ne pas pénaliser tous les passionnés de cette chasse populaire: «la fédération se battra pour maintenir cette chasse des villages, dernier rempart de notre ruralité face au dépeuplement de nos territoires.
L’Ariège concentre tant d’espèces chassables, y compris les plus emblématiques telles que grand tétras, que cette singularité attire désormais beaucoup de chasseurs des villes qu’il faut être en mesure d’accueillir au sein de nos ACCA».
Afin de leur en faciliter l’accès, la FDC09, après le guichet unique, a mis en place la validation électronique du permis de chasser: «nous sommes passés à l’e-validation pour faciliter les formalités administratives à tous les chasseurs ariégeois et permettre aux chasseurs originaires d’autres territoires de les réaliser sans se déplacer.
Plus de 500 personnes ont déjà validé leur permis en ligne… il faut vivre avec son temps».
Rappelons que la validation du titre permanent du permis de chasser, c’est le paiement d’une cotisation, et le cas échéant de participations, d’une redevance et d’un droit de timbre, vous permettant de chasser pour une saison de chasse donnée.
Le président de tous les chasseurs ariégeois a mis en garde contre les cervidés qui auraient eux aussi tendance à se développer de la plaine à la montagne: «on peut voir des cerfs depuis le conseil départemental, ils arrivent en toute impunité en ville et peuvent causer outre les dégâts aux cultures, des accidents de la route.
Beaucoup de populations arrivent de la Haute-Garonne et des Pyrénées-Orientales, les individus colonisent tous les étages de la forêt, de la montagne.
Nous travaillons en relation avec l’ONF pour tracer des chemins nous permettant de rapatrier la venaison dans la vallée, cette chasse est difficile, car il est souvent compliqué d’atteindre les postes de chasse et surtout de redescendre des bêtes de plus d’une centaine de kilos».
Il tient aussi à félicité les chasseurs qui malgré la pression et la présence des ours continuent à pratiquer «avec sérieux» la chasse en battue: «dois-je rappeler qu’il y a eu 6 naissances supplémentaires» a souligné Jean-Luc Fernandez avant de revenir sur le volet sanitaire et les recherches scientifiques.
«La loi nous impose d’analyser le gibier prélevé, mais nous avons été précurseurs en la matière. À présent on s’inscrit dans l’évaluation des maladies véhiculées par la faune.
Avec le retour de la tuberculose bovine nous avons assisté au retour malsain des suspicions sur le gibier, rappelons que 90 % des maladies du bétail sont transmises à la faune sauvage et pas le contraire. Nous voulons continuer à participer aux recherches, mais nous ne voulons plus faire de bénévolat que l’État prenne ses responsabilités».
Pour l’isard, la fédération a fait un effort particulier avec le renfort de Julien Canet, responsable du suivi du bouquetin, mais aussi venu en soutient en montagne pour les comptages.
«La commission départementale déterminant les plans de chasse pour chaque ACCA se réunit le 8 septembre, en tant que gestionnaires des espèces nous serons attentifs aux demandes des ACCA… je n’accepte pas de payer seul la facture de la pestivirose de l’isard.
Nous sommes prêts à nous investir pour continuer à travailler sur ce dossier qui touche les ovins et les isards. Les travaux de Jean-Pierre Alzieu, directeur du laboratoire départemental ont été publiés...
Dans cette affaire nous ne voulons pas être seuls à être pénalisés, nous ne baisserons pas nos plans de chasse» a conclut Jean-Luc Fernandez un peu agacé par ce dossier à la veille de l’ouverture de la chasse en montagne.
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