Dominik Benz, la précision suisse au service du vignoble ariégeois
C’est le petit dernier des vignerons indépendants ariégeois. Installé au Fossat depuis deux ans à peine cet ancien informaticien originaire de Zurich a décidé de changer de vie et de vivre sa passion pour le vin en Ariège où il cultive désormais 6,5 hectares de vignes sur les coteaux.
À quelques jours des vendanges, nous avons rencontré ce créateur de vin atypique.
Des montagnes suisses au piémont ariégeois
Après plus avoir passé plus de douze ans au sein d’une grande banque à Zurich, cet amateur de bon vin entreprend pendant trois ans une solide formation de vigneron puis travaille sur les nouveaux cépages et la vinification à la station de recherche fédérale de Wädenswill (l’INRA helvète).
De passage en Ariège il apprend que le domaine du Moulin de Beauregard (ancien domaine de Ribonnet) cherche un repreneur.
Dès la première visite, Dominik tombe sous le charme de ce paysage ouvert sur les Pyrénées, du vieux moulin et de ce vignoble converti en 2009 en exploitation biologique. Il le prend en fermage en septembre 2013 et renouvelle la certification bio.
Malgré un terrain extrêmement vallonné, nécessitant beaucoup de main-d’œuvre pour l’entretien des parcelles, il se lance avec bonheur dans l’aventure du vin en Ariège.
Le vin ariégeois en quête de reconnaissance
«La Suisse est un pays viticole, mais les 15 000 hectares de la Confédération (par comparaison le seul bordelais en compte 117 000) ne suffisent pas à la consommation nationale.
En plus de la nuance des terroirs, la richesse du vignoble suisse réside dans la grande diversité des cépages», explique le jeune viticulteur qui retrouve dans son vignoble cette diversité: Cabernet Sauvignon, Merlot, Syrah, Tannat autant de cépages lui permettant de proposer une gamme de cinq vins rouges et un rosé.
«Je crois que pour faire du bon vin, il faut de magnifiques raisins. L’exposition des grappes au soleil est importante, l’exposition au vent, la géologie du sol, la taille de la vigne, la récolte manuelle sont autant de paramètres qui rentrent en ligne de compte».
Mais pour Dominik, tout se passe en chais. Le sien est actuellement installé au Carla-Bayle, le temps de faire construire sa propre installation au pied de ses vignes (le permis de construire est déposé, c’est désormais l’affaire de quelques mois) sur le domaine du Moulin de Beauregard.
L’importance du choix des fûts participe au processus de vinification : «le vin est élevé pendant 12 mois en fût de bois, ils apportent une note aromatique. Ils sont changés tous les trois ans, car après cette période l’effet du bois est totalement épuisé.
Et pour le Tannat (ancien cépage autochtone, très corsé) ils sont renouvelés à chaque récolte. Une fois arrivé à maturation, je les transfère quelque temps dans une cuve métal avant de la laisser vieillir en barriques.
Ma philosophie c’est donner du temps au temps, la récolte 2015 ne sera mise en vente qu’au printemps 2017. Je suis conscient qu’il s’agit ici d’un marché de niche. Mais nous voulons produire un vin de terroir qui sera apprécié autant pour sa spécificité régionale que pour le savoir-faire, les convictions et la passion avec lesquels nous nous investissons.
Notre travail s’inscrit dans la longévité, garant d’une double satisfaction : celle de nos clients et la nôtre».
Des vins produits en petites quantités, dans le respect de l’environnement, certifiés sous le label biologique de l’Union européenne, avec l’appellation «Indication Géographique Protégée» (IGP).
In vino Veritas
Avec une surface de 6,5 hectares et un rendement modéré dû à des choix écologiques, de toute évidence Dominik ne peut pas produire en grande quantité : sa récolte représente soit 11 000 bouteilles, mais son objectif à court terme est de passer à 18 000 bouteilles.
Qu’à cela ne tienne ! Le vin est avant tout un plaisir et il entend porter la qualité de sa petite production artisanale sur les tables d’amateurs qui veulent se faire plaisir (il est présent chez quelques restaurateurs*) et faire partager ce plaisir au plus grand nombre (et dans certaines boutiques**).
Un subtil breuvage qui s’est déjà distingué (médaille de grand or au 6ème Prix international des Vins Bio 2015, Médaille d’argent au Concours Mundus Vini Biofach 2015 et Médaille bronze au Concours des Vignerons Indépendants 2015).
Enfin notre viticulteur a souhaité se démarquer jusqu’au choix de ses étiquettes: «les châteaux et autres moulins sur fond blanc et rouge ce n’est pas pour moi.
J’ai préféré choisir des animaux emblématiques des Pyrénées ariègeoises : l’ours (j’ai compris que le sujet est ici un peu polémique et politique) pour ma production de Tannat ; le vautour pour ma cuvée La Tête sage ; l’âne des Pyrénées pour Le fait du bruit, mais aussi le sanglier pour Le nez creu, le lièvre pour mon rosé Sorti de terrier ou le faisan».
Les vendanges sur le domaine du Moulin de Beauregard au Fossat auront lieu dans quelques jours, mais d’ores et déjà ce créateur de vins nous annonce une cuvée d’exception.
À découvrir sur www.dominikbenz.fr
*Auberge de Fountescut à Sieuras et La tomate du Jardin à Daumazan
**Boutique Bio et Carrefour de Lézat, Intermarché Pamiers (Pyréval)
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