Pamiers: le 1er RCP à la fête pour la Saint-Michel

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Saint patron des parachutistes depuis la seconde guerre mondiale, la Saint-Michel est toujours l’occasion d’entretenir les liens au sein de la grande famille des bérets rouges.

Et cette année la commémoration avancée de quelques jours en raison de l’actualité du régiment (deux compagnies vont partir la semaine prochaine en Mission Sentinelle à Paris) avait une dimension particulière avec la présence d’une délégation de Jebsheim, ville alsacienne libérée par les chasseurs parachutistes en 1945, désormais marraine du régiment ariégeois.

Une délégation d’une cinquantaine de personnes  menées par le premier magistrat et une trentaine d’enfants de l’école primaire du village qui pendant deux jours ont visité le département, ont été accueillis en basse Ariège.

«Le 1er RCP et Jebsheim c’est une longue histoire! commente Jean-Claude Kloepfer, maire de cette ville de 1400 habitants dans la banlieue de Colmar.

Il a contribué à notre libération le 28 janvier 1945. En trois jours nous avons eu 1000 morts et 2000 blessés… les liens avec le régiment se sont naturellement tissés après guerre. Moi-même je m’occupe depuis vingt ans de les entretenir.

La Saint Michel n’avait pas vraiment d’écho sur la population du village majoritairement protestante, cependant aujourd’hui grâce au régiment de chasseurs parachutistes de l’Ariège elle en a davantage. Nous sommes là pour entretenir le devoir de mémoire et le lien nation/armée
».

Il y a 70 ans commençait à Jebsheim une bataille qui allait marquer l’histoire du pays et forger l’âme du 1er RCP. Le général de Gaulle a dit avant la campagne d’Italie que «l’honneur de la France serait lavé dans le sang de ses soldats».

En Alsace les mots sacrifice et honneur raisonnent encore de façon particulière et ce sont non seulement les soldats mais aussi la population qui ont versé leur sang pour libérer ce territoire ravagé par d’âpres combats.

La bataille de Jesbheim restera à jamais gravée dans l’âme du régiment  et ce jumelage avec la ville est là pour rappeler les sacrifices des hommes, la noblesse des causes et les valeurs des parachutistes.

Le colonel Olivier Vidal, nouveau chef de corps du 1er RCP, est heureux 70 ans après la bataille de Jebsheim  de faire vivre ce devoir de mémoire en cette Saint Michel: «St Michel représente toutes les qualités qu’on attend chez les chasseurs parachutistes (don de soi, dépassement, fidélité à la parole donnée…), des valeurs qui en font leurs qualités.

Cette année notre fête a un écho particulier puisque nous recevons cette délégation alsacienne et une trentaine d’enfants qui assurent le lien armée-nation mais aussi entre les générations puisque l’on est également entouré de nos anciens
».

L’ouverture des festivités a eu lieu jeudi sur la place d’arme du quartier Beaumont en présence des anciens du régiment (de la guerre d’Indochine à l’époque des appelés ou des professionnels toutes générations confondues). Après la prise d’arme, les dépôts de gerbes, une grande photo a permis d’immortaliser ce moment d’émotion et de franche camaraderie.

Une manière aussi de revenir sur l’histoire de ce régiment de parachutistes, le plus ancien et le plus décoré de France (11 citations au drapeau).

Constitué en 1943 à Fès au Maroc, il s’est distingué lors des campagnes de la Libération de la France, d’Indochine et d’Algérie mais aussi plus récemment sur des opérations militaires en Afghanistan, Centrafrique ou au Mali.

La commémoration s’est poursuivie vendredi avec la traditionnelle messe en la cathédrale de Pamiers et une prise d’arme sur la place du Mercadal en présence des autorités civiles.

Laurence Cabrol | 11/09/2015 - 21:29 | Lu: 32194 fois