Approvisionnement local: «proposer des produits économiquement viables et citoyennement responsables»
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La cantine centrale de Foix et la plate-forme Terroirs Ariège Pyrénées conjuguent leurs talents
Manger local c’est idéal ! Cantine Bio à Pamiers, cantines du terroir à Mazères, Saverdun ou Labastide de Sérou, plateforme d’approvisionnement de la chambre d’agriculture, catalogue de produits locaux du conseil départemental pour favoriser les filières courtes, produits locaux dans les cantines des collèges…
Depuis quelques années déjà un certain nombre d’initiatives fleurissent sur le département de l’Ariège.
Autant d’exemples démontrant qu’il est possible de s’approvisionner localement: «ce n’est pas seulement une belle idée citoyenne, c’est une réalité», note Marie Lajus, préfète de l’Ariège qui a réussi le tour de force de réunir ce lundi tous les acteurs de la filière agricole, les cuisiniers scolaires, les intendants, les élus, les responsables des collectivités locales.
«C’est une réalité qui permet à la fois d’avoir de bons produits dans les assiettes, de favoriser la santé et la diététique dans la restauration collective, mais aussi d’être dans des équilibres économiques qui ne pénalisent pas les acheteurs.
Nous avons souhaité illustrer ce propos en indiquant que c’est juridiquement et techniquement possible : nous avons les producteurs, les moyens de proposer des conditionnements en veillant à respecter la qualité, la régularité et la quantité des produits.
Mais souvent les grands comptes de la restauration collective sont empêtrés dans des logiques globales de marché, d’approvisionnement et ne font pas l’effort de regarder dans le détail des marchés publics. Certes dans les services publics tout le monde est dans une logique d’économie, mais il faut trouver le bon équilibre».
Une réunion au cours de laquelle chacun a pu s’exprimer, évoquer son expérience, exposer ses craintes.
Les cantines des Portes d’Ariège après deux ans d’étude se sont lancées dans les repas à base de produits frais, locaux et de qualité : «nous nous sommes inspirés de l’expérience de la cantine Bio de Pamiers, explique Louis Marette, maire de Mazères et de la cantine du terroir de Saverdun.
On ne peut tout de suite se lancer dans le bio sans avoir réglé un certain nombre d’obstacles : les productions disponibles, le coût des repas tant du côté de l’économat que des parents d’élèves, les habitudes des cuisiniers, les investissements dans le matériel, le personnel…»
Un véritable engagement politique, car pour maintenir l’accès des familles à la restauration collective et proposer aux enfants des produits de qualité, les élus mettent la main à la poche.
Pour Henri Nayrou, président du Conseil départemental des efforts sont à faire en la matière : «nous ferons évoluer les choses avec persuasion et pédagogie, dans le sens de l’intérêt général».
Le conseil départemental n’est pas en reste, il vient d’annoncer à la rentrée une contribution supplémentaire de 400 000 € afin de favoriser l’achat de produits locaux par les gestionnaires des collèges du département.
«L’objectif c’est de créer un cercle vertueux sans que cela revienne plus cher aux familles», souligne le président du conseil départemental préoccupé par la qualité des repas servis aux enfants et la mise en valeur des produits locaux.
«Nous voulons que les que les enfants mangent mieux, nous voulons aussi privilégier et faire fructifier la production locale, les circuits courts sont désormais une évidence, enfin mettre en avant les qualités intrinsèques de notre département…
On est petit, plus petit que d’autre, mais on a d’autres avantages liés à la qualité de nos productions, c’est notre ADN et bien vivre ensemble c’est notre philosophie».
Après avoir longuement évoqué les marchés publics et fait sauter les verrous qui pouvaient encore subsister sur le volet technique, la préfète de mettre en garde, car l’approvisionnement bio n’est pas le seul moyen de parvenir à l’approvisionnement local des collectivités publiques ou privées, c’est aussi les producteurs en direct, l’agroalimentaire ou des structures organisées telles que la plate-forme «Terroirs d’Ariège Pyrénées*» qui face à la crise que rencontre les éleveurs ariégeois peut constituer un enjeu d’évolution pour le monde agricole.
«L’agriculture c’est la vie de notre pays, explique François Toulis, président de la Chambre d’Agriculture. Les enjeux sont énormes surtout dans le cadre d’une grande région à 13 départements où l’agriculture représente deux fois l’économie du tourisme.
Comment garder cette agriculture et la développer ? Il faut aller vers la proximité pour gagner un niveau d’agriculteurs sur notre territoire et les circuits courts constituent une véritable opportunité». Revenant sur le problème des éleveurs, le président Toulis indique que l’Ariège est le premier producteur bovin pied, 80 % des animaux sont exportés (idem pour les agneaux): «il faut être capable de les engraisser, les abattre, les transformer et les commercialiser…
Cette démarche de recherche de valeur ajoutée profitera à tous les intermédiaires, confortera l’activité des abattoirs, des transporteurs (un partenariat s’est noué avec la Setak)».
En trois ans cette plate forme (elle fonctionne sous la forme d’une SCIC) est passé de 120 000 à 600 000 repas et le président de la Chambre espère encore doubler les volumes: «nous prenons le pari de servir 100 % en local, nous allons chercher ce que l’on ne produit pas en Ariège chez nos voisins immédiats et nous aidons l’installation et l’accompagnement de tous ceux qui veulent s’installer et adhérer à notre coopérative…
Le message en direct des responsables de restauration collective est clair : jouez le jeu, il en va du développement de l’Ariège».
Tout le monde est mobilisé, mais Marie Lajus entend bien «remettre le couvert» avec les acheteurs, les cuisiniers, les économes, les producteurs et tous ceux qui participent à cette filière (y compris les élus) pour trouver un équilibre entre l’offre et la demande.
*La SCIC Terroirs Ariège Pyrénées est une plate forme unique en France. Elle a vu le jour en 2011 et son objectif est de fédérer et regrouper les producteurs ariégeois de manière à pouvoir assurer et organiser un approvisionnement en produits locaux en direction de la restauration collective (cantines, hôpitaux, maisons de retraite).
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