La Tour du Crieu commémore son centenaire: dernière ligne droite avant le son et lumière
Les décors viennent d’être installés sur le complexe sportif : le café, l’école, l’église, le stand des couturières, le maréchal ferrant, le charron, l’épicerie ainsi que la scène centrale, la salle du conseil municipal.
Depuis le mois de mars une soixantaine de critouriens se retrouvent plusieurs soirs par semaine pour répéter le spectacle intitulé «La Tour prend date» présenté samedi prochain, le 12 septembre.
Il est vrai que l’évènement qui a poussé cette formidable mobilisation de la population n’est pas anodin, en tout cas il fait aujourd’hui la fierté de tous les habitants.
«Ce n’est pas banal, commente le maire Jean-Claude Combres, il s’agit du centenaire de la dénomination de la commune de La Tour du Crieu. Autrefois la commune s’appelait Les Allemans. Le 16 aout 1914 soit 13 jours après la déclaration de la guerre de 14-18, le maire de l’époque, Jules Simorre trouve la situation intenable pour tous les jeunes de la commune mobilisés.
Il réunit son conseil municipal et demande officiellement le changement de nom. Le conseil général donne son aval, mais il faudra attendre le 14 octobre 1915 pour que Raymond Poincaré, président de la République signe de décret de ce dossier porté par le ministre de l’Intérieur… un certain Louis Malvy, qui n’était autre que le grand-père de l’actuel président de région, Martin Malvy».
Pour quelles raisons ce village de Basse Ariège avait-il donc pareil nom ?
On pense aux Alamans, ces tributs germaniques présentent à l’est de l’Empire romain qui entrent dans l’histoire lorsqu’elles envahissent le limes rhéno-danubien et franchissent les Champs Décumates (extrême sud-ouest de la Germanie) en 260 pour se répandre ensuite en Helvétie (Suisse) Décumanie (aujourd’hui région de Bade Wurtenberg) ou Séquanaise (Alsace) contribuant ainsi à germaniser ces régions précédemment romanisées.
En 496, les Alamans furent vaincus par Clovis qui annexa leur territoire et après le traité de Verdun, ces mêmes territoires firent partie de la Francie orientale avant de constituer le duché de Souabe au XIe siècle.
Pour Jean-Claude Combres les origines des «allemans» en Basse-Ariège sont controversées, mais selon lui l’hypothèse la plus crédible remonte aux guerres de religion: «les allemans, anciens alamans, seraient venus prêter main-forte à Simon de Montfort et une fois la guerre terminée ils se seraient installés ici dans le bois de Boulbonne…
L’histoire nous commande, elle nous pousse aussi.Il y a un siècle ce changement important est survenu. Nous nous devons aujourd’hui de le commémorer.
Cette décision a été prise le 16 aout, on ne pouvait pas penser que la guerre allait durer 4 ans, qu’elle allait faire autant de victimes et surtout qu’il allait y en avoir une nouvelle en 39-45 tout aussi terrible… ce qui nous fait dire que Jules Simorre était un visionnaire».
Un instantané de l’histoire du village au début de la guerre de 14-18, mais surtout une formidable aventure humaine
C’est Marc Caudron, le président du club de maquette du village qui s’est glissé dans le rôle du maire, le rôle principal du spectacle.
Pour lui c’est une grande première, il n’a jamais fait de théâtre de sa vie et c’est avec une certaine fierté qu’il ceint l’écharpe tricolore du premier magistrat tous les soirs jusqu’à 11 heures sous la direction de Pat Chaddy, un habitué de la mise en scène (il a signé de nombreux spectacles, notamment le son et lumière de Villeneuve du Paréage «Le cousin d’Ariège»).
Le metteur en scène avoue avoir été guidé par la personnalité de Jules Simorre: «c’était un visionnaire, un patriote, il était très déterminé.
Il a tout de suite senti le problème qui allait se produire avec un village qui s’appelle à l’été 1914 les Allemans… à la fin du spectacle il se pose la question: est-ce qu’on peut croire à un traité de paix, à une signature apposée au bas d’une feuille?
L’histoire lui aurait à nouveau donné raison. J’ai aussi inventé une histoire d’amour, les Roméo et Juliette de La Tour du Crieu, cela m’a permis de montrer une période de vie, comment on vivant il y a 100 ans, c’était hier et pourtant on a tous un peu oublié.
Il y a un réel engouement pour tous les figurants, car nous travaillons depuis mars sur le texte et depuis juin sur site. Aujourd’hui nous venons de finir de monter les décors, il va y avoir une pression supplémentaire, on est à 6 jours du spectacle!
C’est une belle aventure humaine, il y a des enfants qui jouent dans ce spectacle et qui ont beaucoup appris sur cette période ; les figurants portent les vrais noms des artisans, commerçants de l’époque: le cafetier, le forgeron, le charron, la boulangère, le curé… ils se sont pris au jeu, ils ont fait d’énormes progrès et moi aussi avec eux».
Pat Chaddy pour réaliser le synopsis de «La Tour prend date» s’est entouré des précieux conseils de l’historien du village, Joseph Quérol.
Ce passionné n’a pas hésité a passer des mois aux archives départementales à dépouiller des centaines de documents, les délibérations depuis 1770 avant de s’attaquer à la généalogie de Jules Simorre qui lui a permis de retrouver ses descendants, exactement une petite fille, Juliette Respaud qui habite désormais en Haute-Garonne et sera invitée samedi soir.
«C’est une formidable expérience, car tous les critouriens qui à leur échelle se sont investis sur ce projet, précise Monique Bordes, élue sur le canton.
Nous avons retrouvé cet esprit de clocher que l’on avait un peu perdu avec les loisirs (la télé) et la création de quartiers en périphérie du centre bourg accueillant de nouveaux habitants… à présent les gens se parlent à nouveau, se rencontrent grâce à ce spectacle qui crée du lien social.
C’est le point de départ de quelque chose. Ils ont envie de poursuivre l’aventure après le 12 septembre avec la création d’une association culturelle».
Chacun a apporté sa contribution: Annie Cathala, l’ancienne institutrice prête sa voix en commentant les scènes, Gérard Andrieu, président de séniors, fondateur de l’école de musique s’est occupé de la bande-son enregistrée avec la chorale… et tous les soirs, Paulette, la doyenne du village (98 ans) ne manque aucune répétition. Une belle histoire qui s’écrit aujourd’hui à La Tour du Crieu.
Programme des manifestations
Vendredi 11 septembre:
18 h 30: rassemblement au monument aux morts (face église)
Suivront: les discours sur le parvis de la Mairie, plantation de l’arbre du souvenir, inauguration des salles et visite des expos photos, vin d’honneur.
Samedi 12 septembre:
10 h – 18 h: expositions, jeux, défilé de mode,…. dans les rues et sur la place de la République,…. visite guidée de l’église. 21 h: spectacle en plein air sur le stade 23 h: feu d’artifice
Dimanche 13 septembre:
12 h-18 h: repas et bal champêtres
| Foix Terre d’Histoire partenaire de l’opération L’association de la cité comtale à qui l’on doit notamment l’organisation du son et lumière historique tous les étés au théâtre de l’Espinet s’est associée à cet évènement critourien. Prêt de costumes mais aussi participation de bénévoles dans le cadre du spectacle et défilés organisés en ville samedi sous forme d’une dynamique chorégraphie (deux présentations). |
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