Expulsion des jeunes majeurs sans-papiers en Ariège: le bras de fer se poursuit au tribunal administratif
Nous avions évoqué dans nos colonnes, lors de la manifestation de soutien aux jeunes majeurs sans papiers qui a eu lieu vendredi dernier à Foix, la montée au créneau de Christian Morisse, président de la Ligue des Droits de l’Homme pour expliquer la défense des six dossiers à problème.
«On ne cachera pas pour autant ces jeunes qui continueront à aller à l’école, nous continuons les démarches officielles, à savoir les recours gracieux et nous prévoyons des dossiers d’aide juridique pour tous»
Jean-François Valette, Préfet de l’Ariège, dans un souci d’ouverture, a reçu mardi après-midi la délégation de RESF (Réseau éducation sans frontières représenté par les Francas, la Ligue des Droits de l’Homme, le Secours Catholique, la FSU, Amnesty, Emmaüs et l’Unsa) qui s’oppose aux expulsions.
Mais c’est somme toute un peu contrits qu’ils sont sortis de la préfecture. «On ne s’attendait pas à des miracles, précise Christian Morisse, toutefois notre dossier était solide»
Le préfet aurait expliqué que les jeunes qui repartiront dans leur pays d’origine étant formés, pourraient s’installer.
Mais cet argument paraît bien mince face à la détermination de Christian Morisse et du RESF, forts de l’appui des parlementaires socialistes et du président du conseil général, qui à travers une lettre ouverte, écrivait en ces termes: «Il n’est pas aux collectivités locales de gérer les camps de transit mais au contraire de mettre en œuvre tous les moyens pour assurer, de la meilleure façon possible, non seulement la protection, mais aussi l’insertion de ces jeunes…/…/…
Les décisions d’expulsion, lorsqu’elles sont prises dans les conditions que l’on vient de constater, démontrent clairement que l’Etat esquive ses responsabilités dans ce domaine lorsqu’il peut reporter la charge financière sur les Collectivités Locales puis agit brutalement en expulsant par opportunisme à la fois politique et financier sans se soucier des situations individuelles» (voir l’intégralité: http://www.ariegenews.com/news/news-1-14-3558.html)
En face, le Préfet entend bien faire appliquer la loi et mettre un terme aux filières clandestines qui font transiter des mineurs sans papiers dans l’espoir de les faire régulariser automatiquement à leur majorité.
Il a communiqué sur le sujet et n’a pas pour autant fermé sa porte à la négociation, ni au dialogue puisqu’il a reçu les associations représentatives. (http://www.ariegenews.com/news/news-1-5-3546.html).
On sait aujourd’hui qu’il ne prendrait pas d’acte juridique. La procédure suit son cours, les quatre dossiers seront jugés par le tribunal administratif de Toulouse : le premier rendez-vous est fixé au 7 novembre et le second au 14 etc, jusqu’au mois de décembre.
Photos: ©AriegeNews 2007 (manifestation du 31 août 2007 à Foix) |