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Pamiers: plusieurs centaines de manifestants contre les mesures gouvernementales

© midinews 2014

«Ras le bol général à tous les étages», tel est le ressenti des ariégeois qui ce matin ont manifesté dans les rues de Pamiers  aux côtés de l’intersyndicale CGT-FSU et Solidaires.

Le mot d’ordre de ce rassemblement à l’appel de la CGT était de dénoncer «la dérive ultralibérale du gouvernement et son rapprochement du Medef» et «l’absence de réponse face au chômage»

Selon Christophe Couderc, délégué départemental de ce syndicat, les préoccupations sont grandes, à la mesure de l’incompréhension des salariés, privés d’emploi, retraités dont le pouvoir d’achat est en chute libre et les fins de mois de plus en plus difficile:

«Il faut que nos parlementaires écoutent et entendent la rue» Le département de l’Ariège avec plus de 13% de sans emploi est particulièrement impacté.

«Les conditions des salariés se dégradent et les mesures récentes annoncées par François Hollande dans son pacte de responsabilité sont loin de nous satisfaire: comment peut-on annoncer la suppression pure et simple de la cotisation de la branche famille de la sécurité sociale au profit des employeurs pour un montant de 33 milliards d’euros… c’est une brèche dans la politique familiale telle que nous la connaissons depuis la Libération»

Dans son intervention Christophe Couderc a dénoncé «les 230 milliards d’aides diverses accordées aux entreprises sans aucune contrepartie», l’utilisation du CICE financé depuis le 1er janvier par la TVA (donc supporté par tous) «distribué aux entreprises qui ne sont menacées par la concurrence internationale» ou encore «l’augmentation des marges des entreprises qui a servi à nourrir la rémunération des actionnaires»… autant de «cadeaux au patronat devenus insupportables»

Cette course à la diminution systématique des dépenses publiques et sociales visant à trouver 50 milliards d’euros d’ici 2017 touche également la fonction publique.

Pour preuve Guillaume Estalrich de la FSU précise que la récente déclaration de Vincent Peillon sur le gel des déroulements de carrières des fonctionnaires et le maintien du blocage des salaires de la fonction publique participent à cette cure d’austérité.

«Au final c’est moins pour les hôpitaux, moins pour l’enseignement, moins pour les collectivités, le logement, la sécurité sociale… moins pour toutes les politiques publiques et l’intérêt général.(…) C’est le bien public, le bien commun qui est touché à travers les services publics, c’est autant de moyens qui sont donnés pour l’attractivité des territoires et autant de choses pour que le vivre ensemble soit possible»

«Ce 6 février nous donnons aux ariégeois les moyens d’exprimer toutes leurs revendications et de dénoncer ces situations… le peuple de gauche et les syndicalistes ne se laisseront pas faire malgré le discours ambiant qui tend à laminer les esprits et les revendications. Aujourd’hui même si la mobilisation est faible nous sommes toujours là» ajoute Daniel Mémain de Solidaires qui craint que ce message brouillé en direction des salariés ne favorise la montée des «extrêmes droites»

Aussi pour répondre à cette menace larvée, l’intersyndicale CGT, Solidaires, FSU lance dès à présent une campagne unitaire contre l’extrême droite, ses idée, ses pratiques sur le thème: «Contre la haine de l’autre et l’intolérance dans le monde du travail»

Une conférence-débat aura lieu jeudi 20 février à 20h30 aux forges de Pyrène à Montgailhard.

Laurence Cabrol | 06/02/2014 - 19:11 | Lu: 28688 fois