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Marché de l'Automobile: l'occasion tire un marché ariégeois globalement atone

© midinews 2014

«Après une année 2012 compliquée, finalement la situation en 2013 a été moins mauvaise que prévue alors qu’on s’attendait à une année difficile»

Franck Stival, président départemental du Centre National des Professionnels de l’Automobile (CNPA), aux côtés de Gérard Grau, président de la branche des concessionnaires ont animé la désormais traditionnelle conférence de presse des principaux représentants du secteur automobile ariégeois, face à leurs confrères (concessionnaires, réparateurs, dépanneurs) en préambule à l’AG de l’organisation ariégeoise.

Le marché de l’automobile ariégeois n’est toujours pas sorti de la zone de turbulence que connait le secteur au plan national, mais ce premier commentaire s’apparente fort à un «ouf de soulagement» des professionnels.

On sait combien les français sont très attachés à l’automobile qui fait de ce secteur un thermomètre souvent significatif des évolutions et performances générale de l’économie nationale. Or, «sur le vrai marché», c’est-à-dire celui des ventes de véhicules neufs hors part des loueurs courte durée qui viennent simplement profiter d’une taxe par cheval inférieure de 10€ par rapport aux départements voisins, la tendance reste marquée à la baisse.

On peut même dire que l’Ariège fait mieux qu’au niveau national puisqu’il s’est vendu 1 597 674 véhicules neufs en 2013 soit - 4,84 % par rapport à 2012, tandis qu’en Ariège avec 3 249 véhicules vendues cette baisse n’est que de - 2,93 %.L’occasion se porte mieux et laisse espérer une amélioration en services après-ventesAvec un peu plus de 15 000 voitures d’occasions vendues, le marché de l’occasion ariégeois repasse positif avec une légère progression par rapport à l’année précédente de 1,77%, faisant là mieux que la baisse de 1,22% constatée au national.

Au sein de cette catégorie la part des véhicules de plus de cinq ans, avec 10.600 véhicules vendus en Ariège, reste la plus dynamique (+3,48%) suivant à peu de choses près les grandes tendances nationales. «Globalement, constate Franck Stival, la proportion véhicule neuf / véhicule d’occasion s’établit à 1 à 4 sur la France et 1 à 5 pour l’Ariège»

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Cependant la problématique du pouvoir d’achat reste prédominante le client s’orientant plus facilement sur des véhicules plus âgés au prix plus faible. Un phénomène que conforte la fiabilité croissante des véhicules, qui vieillissent mieux et durent plus longtemps.

Dans ce tir groupé général on retrouve sur les premières places du podium les trois grands constructeurs français (Renault, Peugeot et Citroën) suivis de ce qu’il est convenu d’appeler dans le milieu les Big Four (Volkswagen, Opel, Nissan, Toyota) rejoints depuis peu par Dacia. Sur le plan infra départemental, le marché de Pamiers reste dynamique autour de la présence de son village de l’automobile tandis que Foix et surtout Saint-Girons semblent globalement plus en retrait.Prémices d’un changement de comportement vis-à-vis de l’automobileSi le diesel reste l’énergie la plus vendue avec 2987 véhicules en Ariège, sa part chute de 8,79% tandis que les ventes de voiture essence connaissent une progression de 29,6% à 906 unités vendues en 2013.

«L’ariégeois change quelque peu son fusil d’épaule commente Franck Stival, cela tient principalement au fait que les motorisations essence ont des prix souvent beaucoup plus compétitifs tandis que les performances énergétiques et en termes d’indice CO2 s’améliorent sensiblement»

De leur côté les véhicules hybrides ou électriques peinent à trouver acquéreur et le «marché reste marginal. Seules 3 ou 4 marques, sur la trentaine de constructeurs que comptent l’Ariège, proposent ce type de modèles qui pâtit de plus d’une autonomie jugée encore insuffisante ou de l’absence de bornes de recharge»

De manière générale les véhicules low-costs d’un côté ou les «prémium, aux portes du luxe» tirent quelque peu le marché. Pour autant il est constaté un temps de roulage s’amenuisant de 15 000 kilomètres par an à seulement 13 000, le client étant de plus en plus regardant par ailleurs sur le coût moyen à l’usage qu’il tache de minimiser. Une nouvelle approche de la relation à l’automobile tandis qu’apparaissent des formules comme le covoiturage etc.«Des perspectives à l’identique pour 2014»A sa suite, Gérard Grau insistera sur «le calibrage des moyens sur un marché à 2M de véhicules, pour une réalité qui tourne plutôt autour de 1,830 M qui oblige à des restructurations dans chaque entreprise. Les clients conservent leur véhicule plus longtemps (jusqu’à huit ans). Le parc se renouvèle plus difficilement»

«Alors, pour 2014, il est fort probable d’assister à une année équivalente en volume, avec toujours des conditions commerciales très agressives, qui obligeront les entreprises à poursuivre les restructurations», évoque Franck Stival.

Ces restructurations vont se concrétiser au travers de recherche de réduction des coûts, mais également le développement des compétences en interne pour asseoir le développement de postes poly-métiers. Pour autant ces perspectives permettent déjà d’affirmer qu’en 2014 le secteur ne connaitra pas d’embauche.

Tout juste s’efforcera-t-il de stabiliser les emplois existants. De fait si globalement on constate un accroissement du nombre d’établissements en Ariège entre 2008 et 2013 de 14% (selon les sources Obseco fournies par la CCI), celui-ci ne se traduit pas par des créations d’emplois dans la mesure où il s’agit essentiellement de petites entreprises de réparation.

Une tendance qui se développe avec «ces garages en fond de jardin» qui fait dire à Franck Stival que plus que jamais la différence doit se faire sur la qualité de service et la fidélisation, alors que le client lui a plutôt tendance à repousser voire faire l’impasse sur l’entretien de son véhicule. D’autant que parallèlement il y a moins d’accidents avec pour conséquence première un marché de la carrosserie ou de la réparation en recul.

Or il est à penser en effet qu’au regard des tendances observées sur 2013 et des perspectives 2014 c’est bien sur ces services après ventes que bien des concessionnaires et professionnels de l’automobile miseront pour compenser le niveau insuffisant des ventes.

Sylvain Sastre | 11/02/2014 - 19:30 | Lu: 20732 fois