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prêts accordés pour près de 7,5 millions d'euros en quinze ans via Initiative Ariège

© midinews 2014

«Moi, je n’attends qu’une chose, c’est de pouvoir travailler. L’ouverture officielle est en principe dans 15 jours, pour l’instant les travaux se poursuivent»

Du haut de ses vingt-quatre printemps Pauline Mercadier-Galy affiche sa détermination et une volonté farouche d’avancer. L’Institut de beauté «Douceur de Po» qu’elle ouvre sur Saint-Jean du Falga, suite à une reprise d’entreprise, constitue clairement pour elle «un rêve qui se réalise»

Là, elle y mettra en pratique ses –déjà- six années d’expériences et proposera des prestations aussi diverses que les soins du corps et du visage, l'amincissement, la balnéo, des UV etc. et même, chose encore peu développée, des soins d’épilation homme, en intégral également. Un petit investissement matériel de près de 15.000 euros tout de même sans compter le rachat du fonds de commerce.

«Sans l’accompagnement très humain d’Initiative Ariège, que j’ai connu par bouche à oreille, pour moi ça n’aurait pas été possible» L’organisme, avec la Chambre des Métiers, l’a en effet accompagné dans l’étude de faisabilité de son projet, l’étude de marché et bien entendu l’établissement du fameux business plan. Il lui a surtout ouvert les portes des marchés bancaires notamment en lui accordant un prêt d’honneur, sans quoi malgré sa détermination, la faiblesse de son propre apport «ma mère aurait dû se porter caution pour moi», son rêve s’y serait probablement brisé.
3 projets distingués exemplaires de la diversité de l’accompagnement d’Initiative AriègePauline fait partie avec Frédéric Bernard (ses associés Alexandre Guiral et Thomas Lecompte étant absents) à la tête de «Milc» et Laurent Pinéda PDG des Forges de Niaux, leader européen sur le marché des pièces d’usure destinées au marché agricole, des projets qu’Initiative Ariège a souhaité distinguer à l’occasion de son Assemblée Générale au Parc de la Préhistoire à Tarascon sur Ariège en présence de nombreux partenaires du monde économique, puisqu’ils rejoignent tous trois un club très fermé celui du millième prêt versé par l’association.

«Milc, pour made in le coin», s’amuse Frédéric Bernard, dont le siège social se situe à Sainte-Croix Volvestre est un bureau d’études orienté sur la fabrication de cadres de cycles pour tous types de vélo (voir notre article du 25/02/2014) s’appuyant sur les matériaux les plus pointus (alu, acier, carbone, titane).

«Entre les très gros acteurs du marché, à 90% asiatiques et qui ne font que des gros volumes et les petits et moyens acteurs sur des niches très spécifiques, il y a un espace qu’on veut occuper pour sortir 500 à 1.000 vélos par an» Il a fallu réacquérir l’expertise et les compétences, perdues ou orientées en ce qui concerne le domaine très important de la soudure «qui doit être de qualité et esthétique», sur la production aéronautique notamment.

Un marché européen, à minima, s’ouvre pour Milc «on espère grandir et s’équiper. Nous avons besoin de machines et de matériel. Pour ça il faut des sous. Pour nous l’accompagnement d’initiative Ariège, avec la CCI Ariège, a été important»

Une problématique finalement similaire à une échelle autre pour Laurent Pinéda. Les Forges de Niaux sont aujourd’hui arrivées à un seuil. Pour suivre, où plutôt devancer la concurrence sur un marché mondialisé en plein essor, l’usine qui emploie 125 personnes pour un chiffre d’affaires de 27 M€, doit passer un cap «nos clients nous le demandent» et atteindre la taille critique, soit «une production qui doublerait à 5 millions de disques par exemple, pour un CA de 41 M€ et 68 emplois prévus»

Un impératif de croissance qui passe par la création de nouveaux bâtiments de 13.000 m² sur la ZI de Prat-Long et pour lequel, malgré les aléas administratifs récents, Laurent Pinéda attend «une réponse positive d’ici la fin juillet, car on ne peut plus attendre»

Alors, les 175.000 euros obtenus d’Initiative Ariège, via un accompagnement d’Ariège Expansion dans le montage du projet ne sont qu’une goutte d’eau sur un investissement total estimé à près de 15 M€, mais «cela représente une bouffée d’oxygène pour arriver à boucler le montage financier et garantir notre fonds de roulement»

Ici ce ne sont pas tant les questions d’accès bancaires pour financer les investissements qui posent problème mais bien la trésorerie.
La force d’un réseau pour l’accompagnement mais le pouvoir de dire non aussiLa mise en avant de ces trois projets illustre la capacité d’accompagnement d’Initiative Ariège au service de «la diversité, témoigne Alain Rochet, Président d’Initiative Ariège, dans les services, le commerce, la petite ou moyenne industrie» Elle illustre également la diversité des formules d’accompagnement proposées en fonction des projets grâce à une logique de réseau aux compétences spécifiques.

Ce dont se flatte le président c’est aussi l’accompagnement pendant le parcours de création puis aux différentes phases de la vie de l’entreprise à minima le temps du remboursement du prêt qui se situe entre trois et cinq ans. «Une entreprise qui se lance toute seule a un taux de survie à 5 ans de 50%. Nous affichons un taux à 85%. Les banquiers le savent, nos dossiers sont pérennes, d’ailleurs ils font partie du comité d’engagement qui octroie les prêts»

Depuis sa création en 1999 Initiative Ariège «a versé plus de 7.500 K€ de prêts et permis la création ou la transmission de 978 entreprises contribuant à la création ou la sauvegarde de 1.700 emplois» Pour la seule année 2013, par exemple, 51 entreprises ont obtenu un financement par son entremise d’un montant total de 771 K€.

Si l’aspect économique est important ne serait-ce «que par l’effet de levier généré» évalué à 5 à 6 millions d'€ d'activités sur le département, l’aspect social l’est tout autant. Depuis les tous premiers fonds d’insertion (destinés aux demandeurs d’emplois et bénéficiaires des minimas sociaux) la gamme des solutions de financement s’est étoffée. Aujourd’hui Initiative Ariège gère directement où pour le compte de collectivités tierces (en Haute-Ariège et en Couserans) 5 fonds qui couvrent les différentes étapes de la vie d’une entreprise (les fonds d'insertion donc mais aussi des fonds de création et développement, des fonds de reprise).

«Nous venons de lancer le Fonds de Croissance qui s’adresse aux entreprises de plus de cinq ans et même un fond innovation avec des montants qui peuvent atteindre jusqu'à 80 K€ par porteurs de projets» Pour autant cet accompagnement à la concrétisation d’un projet repose aussi «sur le pouvoir de dire non, lorsque principalement la motivation réelle du porteur de projet fait manifestement défaut»

Et puis rappelle aussi le président «on fonctionne avec de l’argent public, ce sont nos impôts qui financent, je suis fier de ce retour vers les porteurs de projet du département créateurs d’entreprises et d’emplois»

Une fierté d’autant plus légitime semble-t-il que l’ensemble des fonds a tourné 2,5 fois. Ce qui caractérise d’excellents taux de remboursement de ces prêts et plus largement que l’argent, nerf incontournable de la guerre, circule, au bénéfice du territoire. Objectif désormais pour Alain Rochet et ses équipes: atteindre le cap des 1.000 prêts supplémentaires versés en l’espace des 10 prochaines années via l'accompagnement de 100 projets par an.

Pauline, Frédéric et Laurent auront ainsi de la compagnie dans leur club très fermé. Comme pour le territoire, c’est le meilleur qu’on puisse leur souhaiter.

Plus d’informations:
Initiative Ariège - Hôtel d’entreprises
Parc Technologique Delta Sud
Tél.: 05.61.69.00.27
Site internet: www.initiativeariege.org

Sylvain Sastre | 23/05/2014 - 18:52 | Lu: 28020 fois