accueil  |  ariège   |  france

Sur le front du Pacte de responsabilité: les patrons parlent aux patrons

© midinews 2014

«Les chiffres du chômage viennent d'être publiés et ils ne sont pas bons. Ils ne sont pas bons au plan national comme en Ariège»

Pour autant, martèle Nathalie Marthien en préambule de cette matinée d'échanges à l'IFCAP, «cela ne doit pas nous décourager bien au contraire cela doit nous encourager davantage à poursuivre nos efforts»

Sur le front économique et de l'emploi, aux reprises qui tardent à venir, les patrons parlent aux patrons pour sonner la mobilisation.

A l'initiative de la préfecture et de ses services en collaboration avec l'UPAP, un forum sur le Pacte de Responsabilité et de Solidarité a réuni dans la salle de conférence de l'Ifcap un parterre d'institutionnels et de chefs d'entreprises venus échanger et en apprendre un peu plus de leurs pairs sur la batterie d'outils déployés par l'Etat pour gagner ces deux batailles.

Invitées à participer et s'exprimer les organisations syndicales se sont excusées, à l'exception de l'UNSA, au grand regret de la préfète voyant là un moment constructif pour échanger les points de vue sur ce pacte qu'elle estime «équilibré entre des mesures en faveur des entreprises mais aussi des salariés»
Avant tout un pacte de confiance«Ce pacte financé par réduction de la dépense publique sans aucune augmentation de la fiscalité pour les entreprises et les particuliers, poursuit la préfète, bénéficiera à toutes les entreprises ainsi qu'aux travailleurs indépendants. Les PME sont concernées en priorité»

Parmi les principales mesures le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) a permis de faire baisser le coût du travail de 4% dès 2013 et de 6% à partir de 2014 (sur les salaires jusqu'à 2 800€ nets par mois). Plus de la moitié du CICE bénéficie aux micro-entreprises et aux PME (le CICE concerne plus de 82% de la masse salariale des micro-entreprises et près de 70% de celle des PME).

Autre annonce phare: Zéro charge pour l'employeur d'un salarié touchant le Smic. A partir du 1er janvier 2015, l'employeur d'un salarié au Smic ne paiera plus aucune cotisation de sécurité sociale. Pour les salaires allant jusqu'à près de 4 000€ nets par mois - c'est-à-dire plus de 90% des salariés - les cotisations famille seront abaissées de 5,25% à 3,45% à partir de 2016.

Depuis deux ans via notamment le CICE, le Pacte et le contrat de génération, une entreprise peut espérer jusqu'à 450€ par mois d'économie pour chaque salarié au Smic, soit plus de 5 400€ par an et par salarié au Smic.

Un ensemble de mesures appréciées par le patron de la CCI dans son intervention introductive soulignant au passage l'effort du réseau des CCI qui en appelle toutefois à une simplification des procédures. Fixant les représentants de l'Etat, Paul-Louis Maurat martèle en effet «rien ne pourra se faire tant que nos entreprises auront une telle pression administrative, c'est un frein incontournable au développement des entreprises, appelant de ses vœux un nécessaire choc de simplification»

Articulé autour de plusieurs témoignages de chefs d'entreprise et d'une table ronde, ce forum a vocation à promouvoir les mesures du Pacte de responsabilité et de solidarité à travers une campagne de communication en direction des entreprises ariégeoises qui débute.

Car à l'horizon 2017, l'objectif affiché par le gouvernement est de gagner plus de 0,5% de croissance et de créer 200 000 emplois marchands, en redonnant aux entreprises les marges nécessaires pour investir, innover et embaucher. Avant tout un pacte de confiance qui s'assortit de contreparties quantitatives et qualitatives en matière de créations d'emplois et de formation des jeunes pour un objectif final d'au moins 500.000 emplois créés.
Un double objectif au cœur de ces échangesUn pacte à double détente qui veut accélérer la création d'emplois en agissant sur la compétitivité des entreprises avec à la clé principalement des allégements de charge (60% d'allégement de charges prévus dans le Pacte vers les PME par exemple) et un soucis de simplification administrative et fiscale.

Et un volet solidarité qui entend améliorer le pouvoir d'achat des foyers modestes par augmentation de salaires et baisse d'impôt pour les salariés et ménages parmi les plus modestes.

«Avec des mesures qui vont s'appliquer dès le premier janvier 2015 et s'échelonner en 2016 et 2017», rappelle Mme le préfet qui insiste aussi sur cette stabilité des règles apportée par le Pacte en mesure, au moins jusqu'en 2017, de donner de la visibilité aux chefs d'entreprises.

On relèvera ainsi le témoignage d'Elisabeth Schamberger, directrice de la société Futaine à Saint-Jean de Verges, louant la rapidité d'exécution du dispositif. Si le dossier reste complexe à remplir une fois adressé aux services de la préfecture, un interlocuteur unique «toujours le même l'a accompagné dans sa démarche et les aides financières espérées portées quasi-immédiatement au crédit de l'entreprise»

Une volonté de faciliter les démarches jusqu'au formulaire de contact des différents services de l'Etat (avec téléphone, fax et courriel) distribué à chacun.

Une campagne de communication appelée à se poursuivre par des rencontres avec les chefs d'entreprise sur les arrondissements de Pamiers, Foix et Saint-Girons courant du mois de juillet, puis à la rentrée de septembre par des visites d'entreprises afin que toutes les entreprises, petites, moyennes ou grandes disposent de l'ensemble des informations sur ce Pacte.

«Pour l'Ariège ce pacte c'est une vraie opportunité qu'il faut saisir», harangue Mme la Préfète tandis que seulement 500 entreprises ont bénéficié des premières mesures en Ariège, principalement dans le cadre du CICE alors qu'estiment les services de la préfecture plus de 2.000 seraient concernées et pourraient ainsi profiter de ces aides soit pour investir soit pour recruter.

Les patrons parlent aux patrons, la mobilisation générale doit se poursuivre. C'est ce qu'indique encore le dossier remis à chaque participant, «mobilisons-nous», clame ce dernier considérant que les acteurs économiques {du pays} ont là un rôle prépondérant à jouer.

Alors que 7 français sur 10 considèrent qu'il n'y aura pas de baisse significative du chômage d'ici la fin 2014, cet arsenal de mesures, qu'il conviendra que chaque entreprise dépatouille avec les hommes de l'art assistés par les services de l'Etat, sera-t-il capable d'inverser cette tendance morose à partir du moment où il entrera pleinement en application... premiers éléments de réponse lors de la Grande Conférence sociale au niveau national, vue comme une «réunion de chantier» les 7 et 8 juillet prochains.

Un chantier qui pour certains s'éternise.

Sylvain Sastre | 27/06/2014 - 18:48 | Lu: 19717 fois