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Les petites histoires de Mélanie: Et si on remontait les allées de Villote

© midinews 2014

Pour débuter les chroniques des «petites histoires de l’Ariège», autant commencer par une histoire de la préfecture de l’Ariège: Foix, et de son unique «boulevard», les allées de Villote.

Villote avec un «t», ou deux, mais surtout avec deux ailes. L’aile sud de Villote s’ouvre sur la nouvelle ville, celle du XIXème siècle, composée des bâtiments «modernes»: le Lycée, le collège, la poste et le champ de Mars.

L’aile nord regarde la cité médiévale, toujours enroulée sur elle-même, ses maisons à colombages et son église vieille de huit siècles. Cette partie nord reçue en 1924 le nom de «cours Gabriel Fauré»

Ainsi, les allées apparaissent comme une «Rambla»… à l’ariégeoise!Se pavaner. Le buste du compositeur appaméen trône toujours sur l’antique fontaine de grès du Vivier.

Ce maître des harmonies oscilla entre les influences classiques et modernes à la charnière entre le XIXème et XXème siècle. Les mélodies de Fauré ont l’art de trouver une place dans nos mémoires et nous bercent de songes doux. Sa «Pavane pour orchestre» reflète étrangement Villote.

C’est une danse «d’échauffement» originaire de l’Espagne du XVIème siècle, où les couples se croisaient en allées et venues rythmées. Début 1900, les passants montaient et descendaient les allées à la recherche de la fraîcheur des nuits d’été. Ainsi, les allées apparaissent comme une «Rambla»… à l’ariégeoise!

Les murailles tombent. Villote garde la marque des anciens remparts. Bâtis au XIVème siècle, ses portes et ses péages permettaient de pénétrer dans la vieille ville. Au XVIIème siècle, à l’heure des embellissements urbains, ses murailles, trop lourdes à entretenir, sont abattues au profit de larges allées passantes.

Villote s’affiche comme lieu de rassemblements et point de rencontres, aux cris d’allégresse ou revendicatifs de bannières partisanes, mais aussi au gré des fêtes et des festivals.

Mémoires de pierre. Villote, cœur de la ville moderne. On y commémore ses hommes et ses événements. Dressés vers le ciel, l’obélisque de la Grande Guerre et le monument de la Résistance sont les mémoires de pierre, gravées pour le souvenir.

Villote draine un flux incessant de voitures vers le levant et le couchant. Jour et nuit, le ballet ne finit jamais. Ses extensions sont des ponts jetés sur les cours d’eau, Ariège et Arget, venus autrefois protéger la riche cité.

Villote et sa statue de cuivre verdie, celle de «la jeune femme et le monde» de Nicolas Kessler. Aucun appel de phare, aucun coup de klaxon ne fait tourner sa tête. Seule, elle médite le passé des hommes et veille à son avenir.

Sous ses airs de grands boulevards trop souvent arpentés plus que contemplés, Villote concentre de jolis trésors. Alors, qu’attendons-nous pour redécouvrir les allées de la ville haute?


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Mélanie SAVES, guide conférencière propose toute l’année des visites guidées sur le département de l’Ariège. Ses «petites histoires de l’Ariège» parlent aux curieux d’ici et à ceux de passage. Un détail jamais vu, un paysage ou un monument observé mille fois, voici matière à contempler et à apprécier ensemble. C’est le mélange de lieux insolites, de sites qui parlent d’eux-mêmes, d’histoires glanées d’une bouche à l’oreille, et d’anecdotes trouvées dans les tiroirs sans fonds des archives départementales, qui fournissent la matière première à ses chroniques. Juste pour la joie de revisiter des lieux connus ou de raconter de nouvelles aventures. Ambassadeur ou touriste, visiter l’Ariège, ce n’est que du plaisir!

Mélanie Savès | 28/03/2014 - 18:55 | Lu: 21751 fois