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Les petites histoires de Mélanie: trois perles d'art roman

© midinews 2014 - Mélanie Savès

Petite route empruntée pour rejoindre les villages haut perchés de la haute vallée de l’Ariège, la bien nommée «route de la corniche» reste un bijou singulier accroché à la montagne.

Sur la soulane, à proprement parler du côté ensoleillé, s’égrènent quelques souvenirs d’un passé révolu quand paysans, seigneurs et religieux partageaient une place inégale sur terre.

Le château de Lordat protégeait l’axe majeur des routes commerçantes et des voies de passages. La plus importante suivait l’axe de la rivière Ariège et permettait de rejoindre l’extrémité nord et sud du comté de Foix.

Les convois les plus importants de gens d’armes, les colporteurs ou bien les artisans utilisaient le col de Puymorens. Le plateau de Sault et les châteaux de Prades et de Montaillou étaient accessibles par le col de Marmare. À l’est, on atteignait Montségur après quelques heures de marche en passant par le col de la Peyre.

Dans les villages actuels s’exposent, en œuvre d’art d’un musée à ciel ouvert, de charmantes églises romanes. Verdun, Vernaux, Axiat, Unac, Urs et bien d’autres firent leur apparition entre le XIe et le XIIe siècle.

Trois d’entre elles ont attiré l’attention des curieux et font aujourd’hui partie d’une promotion par les visites guidées, financées par la Communauté des Communes des vallées d’Ax et commercialisées par l’office de tourisme d’Ax-les-Thermes.

Saint-Martin d’Unac aux formes distinguées, Saint-Julien et Basilisse d’Axiat pleine des forces de volumes géométriques et Sainte-Marie/Marthe de Vernaux, la jolie pépite.

Avec l’église Saint-Martin d’Unac, on entre dans la distinction des formes sculptées. Les chapiteaux (supports sculptés qui reçoivent la retombée des arcs de soutènement) composent un ensemble majeur en Ariège, directement influencé par les motifs décoratifs du chevet de la basilique Saint-Sernin de Toulouse.

Le vocabulaire de l’historien de l’art abonde de rinceaux, de billettes et de feuilles à faisceaux, au centre évidé, ou fendues, et de volutes doublées. Cette mélopée de vocabulaire évoque des motifs visibles tant dans la petite église d’Unac que dans la basilicale Toulousaine. La comparaison de ces sculptures permet de dater approximativement le chevet de Saint-Martin vers le début du XIIe siècle.

La partie de l’église Saint-Julien et Basilisse d’Axiat bâtie en 1074 correspond certainement à un édifice primitif aujourd’hui disparu et remplacé au XIIe siècle par un chevet à trois absides élevé en pierre de taille. La base de la nef, le clocher, les sculptures intérieures ainsi que le portail occidental sont datés, elles aussi, du XIIe siècle.

Pour conclure cet apéritif médiéval, quelques mots sur l’église de Vernaux, gardienne de secrets bien plus grands que ses murs. Sa forme rappelle les trèfles que l’on garde comme de précieux fétiche, et son cœur renferme une composition des quatre évangélistes entourant un hypothétique Dieu le Père, image incomplète, mais évidente.

L’extérieur restauré par les Bâtiments de France, pavane en appareil de tuf aux reflets dorés.

Les riches détails ne manquent pas aux églises romanes et leurs voisines n’ont rien à leur envier. Si d’aventure vous souhaitez rencontrer les trois perles de la corniche, rendez-vous les 24 et 31 décembre à 14 h au Point

Info de Luzenac. Renseignements — Réservation à l’Office de tourisme d’Ax-les-Thermes au 05 61 64 60 60. Durée: 2 h, 6euros/pers, Gratuit -7 ans, covoiturage suggéré.

Plus d’informations,

http://www.passerelle-culture.com
http://www.passerelle-culture.com/spip.php?article8

Office de tourisme des vallées d’Ax
http://www.vallees-ax.com/accueil/navigation/documentation.aspx

Mélanie Savès | 12/12/2014 - 19:50 | Lu: 11801 fois