accueil  |  ariège   |  france

Les petites histoires de Mélanie: l'Église Saint-Volusien de Foix, seconde partie

© midinews 2014

L’entrée actuelle de l’église Saint-Volusien s’ouvre dans le clocher. Les piliers qui encadrent la porte rappellent le style Renaissance.

Une partie des travaux engagés en 1517 va durer plus de cinquante ans, mais au final le clocher reste inachevé.

Si par le hasard des choses, on entre dans l’église au matin, elle est baignée de la lumière d’orient. Au XIIe siècle, la nef plus étroite se termine par une croisée desservant deux avancées, l’une au nord, l’autre au sud : les bras du transept. Le bras sud encore en place forme une chapelle de grès veiné d’ocre et de rouge. Elle est dédiée à saint Volusien représenté sur un autel de plâtre portant la mitre et la crosse de l’évêque, des chaînes pendant aux poignets.

La toute première église était petite, peu éclairée, basse de toiture… en quelque sorte à taille humaine. Le chœur roman s’ouvre à cette époque au-delà de la croisée. Il devait être accueillant, intimement lié au sacré de la crypte qu’il protège. C’est une minuscule salle remaniée à l’époque gothique qui est redécouverte à la suite de travaux en 1965. Au bas de la volée de marches, il y a un mur percé de deux ouvertures. Une petite châsse d’argent doré renfermant les reliques du vénéré Volusien y a sans doute été conservée.

Les abbés ont trouvé dans ce Saint des Saints leur dernière demeure. Lors des pèlerinages, hommes et femmes du Moyen Âge marchent de relique en relique espérant le miracle. Il leur faut souvent descendre quelques marches au cœur des maisons de Dieu et dans l’ambiance douce et pieuse de la salle souterraine livrer leurs maux et leurs espoirs. Le cœur soudain plus léger, ils mettent le chemin sous leurs pieds. Mais les reliques et les représentations divines ne remplissent plus les profondeurs de l’église. Elles ont été détruites durant les guerres de Religion.

De nouvelles dîmes perçues dès 1311 permettent des travaux considérables. On agrandit le chœur de nombreuses chapelles. Les chapiteaux qui soutiennent les arcs d’entrée furent colorés postérieurement. Une étonnante et unique frise d’ours court sur l’un d’entre eux. On lance une voûte d’ogives et ouvre de belles fenêtres dans l’ensemble du chœur.

Les arcs de la voûte retombent sur des consoles sculptées. Les guerres de Religion ont eu raison des parties hautes. Et certaines de ces sculptures sont peut-être des remplois de l’époque gothique réajustés lors des restaurations du XVIIe siècle.

Elles représentent tantôt des végétaux, des visages d’hommes ou des animaux. On remarque des têtes, des bustes ou encore ces chiens, pattes repliées de part et d’autre d’une colonne. À les comparer avec les culs-de-lampe de la tour Neuve du château de Foix, ils semblent de facture similaires. La comtesse Éléonore de Comminges, mère de Gaston Fébus, est à l’origine des aménagements faits au château.

C’est une période faste. Le jeune comte reçoit l’hommage de ses sujets dans le cloître du monastère en 1345. Et en 1364, c’est la paix entre Foix et Armagnac qui est signée devant l’hôtel majeur. L’aura de l’abbaye rayonne longtemps sur sa ville, car, sous l’Ancien Régime, les États du pays, sorte de conseil réunissant la noblesse, le clergé et le tiers état, afin de délibérer des suggestions royales, siègent toujours dans le chœur de l’église. La suite dans la prochaine et dernière chronique sur Saint-Volusien de Foix.

Retrouvez l’intégralité du texte dans: «Foix et son château», Mélanie Savès, Patrice Teisseire Dufour, photos Alain Baschenis, 2013, édition Le Pas d’Oiseau, tarif 25 €.

Mélanie Savès | 10/10/2014 - 19:37 | Lu: 12020 fois