Ce matin, les habitants de Saurat ont manifesté devant la Préfecture à Foix pendant qu’une délégation conduite par Anne-Marie Basseras, maire du village, déposait une motion concernant l’implantation d’une antenne de téléphonie mobile sur la commune.
Une commune et des riverains qui depuis plusieurs mois mènent un combat contre, selon eux, «l’arbitraire et le manque de concertation»
En effet la société Bouygues télécom a décidé d’implanter une antenne à l’aplomb du Carlong, au cœur du Parc Naturel Régional Ariège-Pyrénées mais surtout à moins de 100m des habitations de riverains.
La commune de Saurat, dessaisie comme toutes les autres communes de France par le Conseil d’Etat de la police des antennes, n’a eu d’autre alternative que de prendre un arrêté allant à l’encontre de la déclaration préalable de travaux.
Dans ce document sont mis en évidence deux éléments principaux: le principe de précaution sur les effets des ondes et le fait que cette implantation ne correspond pas à la charte paysagère du PNR.
Une charte pleine de bon sens qui prône la concertation au niveau des opérateurs de téléphonie mobile et préconise la mutualisation plutôt que la prolifération.
Un principe auquel adhèrent déjà les deux principaux concurrents de Bouygues, Orange et SFR, qui ont choisi de s’installer sur un même site à Montoulieu.
Du côté de Bouygues, la direction de la communication jointe au téléphone met en avant son devoir de couverture de tout le territoire: «jusqu’à présent nous n’étions pas présents à Saurat pour couvrir le centre-bourg» (quels enjeux pour un village de 600 habitants dont la plupart ne sont pas dotés de téléphones mobiles?!).
Quant au site choisi par l’opérateur: «nous sommes installés dans une cuvette; suite aux calculs réalisés, c’est sur ce site que nous émettrons le mieux, il est loué à un propriétaire et notre pylône sera intégré dans un environnement boisé»
Quand on évoque les riverains, l’opérateur a entendu parler d’une femme enceinte habitant non loin du site: «des tests de champs électromagnétiques pourront être réalisés à nos frais pour rassurer la population, sachant qu’il s’agit d’une antenne à faible fréquence […] aujourd’hui nous avons déposé un recours et nous nous plierons à la décision de justice»
Jusqu’à présent pas de dialogue direct entre l’opérateur Bouygues et les habitants de Saurat et si la préfecture, peu de temps avant l’échéance de ce recours, a envoyé un fax à Madame le Maire, c’est pour lui enjoindre de supprimer cet arrêté.
Aussi la manifestation de ce matin était un peu considérée comme l’issue de la dernière chance pour débloquer cette situation ambigüe.
«Nous souhaitons rencontrer Bouygues pour comprendre leurs enjeux, leurs contraintes et trouver ensemble une solution, c’est pour cette raison que nous avons demandé à l’Etat de bien vouloir organiser une concertation avec tous les protagonistes» explique Clémence Loizance, proche riveraine de la future antenne.
Pour Alain Rameil, directeur de l’association des maires et des élus d’Ariège: «les maires sont totalement démunis face aux opérateurs car malgré la charte signée entre l’association des maires de France et les opérateurs, business is business, ils oublient très vite le principe de précaution et l’acceptation par les populations […] Nous sommes solidaires des maires qui rencontrent de tels problèmes»
C’est tout sourire qu’Anne-Marie Basseras est sortie de la Préfecture peu avant 11h. En effet Salvador Pérez, préfet de l’Ariège, a décidé d’organiser une réunion avec les maires concernés par des problèmes d’installation d’antenne de téléphonie mobile et les opérateurs: «nous allons pouvoir mettre les choses à plat, peu à peu le dialogue s’installe.
Nous voulons faire valoir la volonté d’une concertation préalable et la mutualisation des opérateurs pour ne pas faire une forêt d’antennes […]
Je le répète nous ne sommes pas contre la téléphonie mobile mais nous militons en faveur d’une téléphonie plus rationnelle […] il ne s’agit pas de s’opposer à tel ou tel opérateur mais de trouver un lieu intelligent pout tous !»
La première magistrate est pour la concertation… en attendant elle n’entend pas modifier son arrêté.
| Bel et Massat montent au créneau en matière d’antennes de téléphonie mobile Jean-Pierre Bel, président du Sénat, et Frédérique Massat, députée de l’Ariège, ont écrit au préfet concernant les projets d’implantation de Foix (Cadirac) et de Saurat afin qu’il organise «une phase de concertation sur ces deux projets même si les outils législatifs ne sont pas à ce jour opérationnels» Par ailleurs, les parlementaires ariégeois ont fait référence au projet de la loi sur le Droit des consommateurs en instance au parlement: «un amendement a été adopté actant la création d’une instance départementale présidée par le représentant de l’Etat, visant à assurer une médiation relative à toute installation radio-électrique existante ou projetée» Si cette loi n’es pas adoptée, ils n’entendent pas en rester là: «face au manquement de concertation, il est urgent de tenter une médiation entre les opérateurs, les élus et les populations» |
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