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Saint-Girons: un PAVE dans la mare
15/03/2012 | 19:38
© MidiNews 2012

Il aura suffi d’une petite balade dans le quartier environnant, en plein cœur de Saint-Girons, pour constater que pour une personne en situation de handicap ce qui devait être une belle balade peut s’avérer un réel parcours du combattant.

Là par exemple au bout du trottoir, déjà un véritable champ de mine en soi, haut, défoncé et bordé d’une rigole profonde, un poteau EDF positionné en son centre obstrue le passage.

«Ici une personne non voyante ou en fauteuil est littéralement piégée, d’autant qu’à l’autre bout il y a une voiture mal garée»

Poteaux indicateurs branlant, jardinières de fleurs décoratives anarchiquement posées, boîtes postales jaunes saillantes (les têtes des plus jeunes s’en souviennent encore), incroyablement innombrables sont les pièges disséminés de-ci de-là dans l’espace public.

Autre volet de l’accessibilité, issu des directives européennes, la loi de 2005 (loi du 11 février 2005 relative à l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées) prévoyait l’instauration de PAVE - Plan de mise en Accessibilité de la Voirie et des Espaces publics - d’ici au 22 décembre 2009 dans toutes les communes de France.

De même qu’une autre directive concerne la mise en accessibilité de tous les établissements recevant du public d'ici au 1er janvier 2015.

Là, trois ans après cette date butoir dite fatidique, force est de constater que ce pan important de l’égalité républicaine est tombé à l’eau.

Encore récemment «la journée nationale sur l’accessibilité en juin 2010» avait martelé cet axiome: «tous les citoyens ont le droit de vivre dans des conditions agréables et de partager de manière harmonieuse l’espace public», rappelle Jean-François Desbouis, directeur de la Direction Départementale des Territoires.

«Il ne s’agit pas de stigmatiser ou pointer du doigt, mais de faire prendre conscience, sensibiliser les différents intervenants du domaine public» renchérit-il.

«D’autant, complète Philippe Français Demay, son collaborateur en charge des PAVE, que bien souvent une concertation amont sur tous les projets, à fortiori les nouveaux, peut aider à corriger certains dysfonctionnements et autres points noirs à moindre coûts, car c’est aussi et surtout une affaire de bons sens»

Toujours est-il, 10 seulement des 330 communes ariégeoises se sont lancées dans la mise en place d’un PAVE; «ainsi Aigues-Juntes, commune de 42 habitants a réalisé le sien» souligne-t-on.

Doit-on être bien portant pour circuler sans encombre est, in fine, la question.


«Ce ne sont pas seulement les personnes en situation de handicap (visuel, auditif, physique, mental et psychique) qui sont concernées.

Les personnes âgées, les ménages avec poussette ou encore les enfants, tout le monde peut-être confronté au désagrément de difficiles déplacements en espaces publics, y compris la personne qui a une jambe cassée
»

De plus, vérification faite sur le terrain, le travail des agents en serait facilité pour ce qui concerne le ramassage des poubelles en faisant une fois de plus appel au bon sens afin de diminuer les troubles physiques, musculo-squelettiques notamment, nés de la manutention mal aisée des containers.

A fortiori une personne handicapée, un enfant ou simplement une personne âgée ne peuvent souvent manipuler là un container, ni atteindre ici une boîte aux lettres trop haute, sans parler du non-voyant que rien n’aura averti de cet obstacle indécelable car en hauteur.

En Couserans, seules quelques communes se sont dotées d’un PAVE, la problématique étant que bien souvent il faudrait en prendre la compétence au niveau intercommunal, ce qui permettrait également de toucher plusieurs communes d’un coup.

Les intercommunalités de Bas-Couserans et de Sainte-Croix Volvestre sont en train de se positionner mais le chemin est encore long.

Cinquième réunion de ce type réalisée en Ariège, après Foix, Pamiers, Ax-les-Thermes entre autres, c’est toute l’équipe du SCAT (Service Connaissance Animation Territoriale), emmenée par Jean-Pierre Cassagnaud de l’antenne DDT de Saint-Girons, qui s’est ainsi mobilisée pour apporter la preuve par l’exemple tant dans ce domaine la démonstration reste nécessaire pour les «bien portant

C’est pour faire prendre conscience de cette réalité que les services de la DDT ont mobilisé le temps d’une matinée tous les concessionnaires de l’espace public concernés: les services municipaux, mais également les commerçants (et leurs étalages), les services de La Poste, d’EDF, le Sictom, sans oublier des professions comme les architectes.

Une concertation amont sur les projets de l’ensemble de ces acteurs permettrait de limiter les nuisances et d’abaisser les coûts de mise aux normes ultérieurs.

Vraie pour tous les nouveaux projets, cette réflexion doit aussi s’engager pour corriger l’existant, l’ancien.

Ce matin là c’est un autre regard sur l’espace urbain qui a été porté.

Déjà, confirme le représentant de la poste «dès 2013, celle-ci rénovera l’ensemble de son réseau de boîtes jaunes sur le Couserans afin de les mettre aux normes en vigueur»


Un premier pas, une goutte d’eau dans la mare? Car désormais, reste à rendre l’ensemble de la cité plus accessible à tous.

Reste cependant la valeur de l’exemple car l’espace public appartient par définition à tous les citoyens.

En ce sens, la meilleure des préventions est la pédagogie, la sensibilisation et ce, dès le plus jeune âge, à ces problématiques.

Une convention exemplaire avec l’éducation nationale doit permettre la mise sur pied d’opérations de sensibilisation vers tous les collégiens et lycéens à la gestion de l’environnement urbain pour que demain il y fasse davantage mieux vivre.

Pour plus d’infos:
Service Connaissance Animation Territoriales - SCAT
Antenne DDT de Saint-Girons
Jean-Pierre Cassagnaud et Stéphane Burgué
05 34 14 33 89

actualites Ariege
auteur: Py.M | publié le: 15/03/2012 | 19:38 | Lu: 6443 fois