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Première taille des vignes de Cailloup à Pamiers: plus d'une vingtaine de bénévoles perpétuent le geste séculaire des maîtres de vignes

© midinews 2015

Pour être un bon tailleur, il faut avoir l’œil et les bons gestes.

Et ce mercredi matin il faut compter sur le professionnalisme de Thomas Piquemal, le vigneron des Coteaux d’Engraviés, pour inculquer aux courageux qui se sont retrouvés tôt sur le site du Mas Vieux les rudiments de la « taille courte à deux yeux ». Une technique qui permettra de former les pieds pour les années à venir.

Car il faudra être patient, la première récolte de raisins n’est prévue que dans trois ou quatre ans.
À la tête de ce petit groupe de bénévoles motivés, l’historien Louis Claeys, à qui l’on doit la réintroduction de la vigne à Pamiers. Depuis plusieurs années il milite en la faveur du retour de cette tradition viticole qui fit la richesse de la cité au Moyen Âge.

Son association Bi Del Mas Bielh (Vin du Mas vieux) a réalisé au mois d’avril 2014 la plantation de 2700 cépages sur un demi-hectare non loin de l’église romane du Mas Vieux. Les premières bouteilles seront réservées aux généreux donateurs de l’association qui auront permis de réaliser cette opération patrimoniale.
La vigne participe à faire vivre ce lieu et constitue une valeur ajoutée au patrimoine
La vigne est une école de patience et de passion. C’est au rythme des saisons qu’il faut lui apporter les soins nécessaires à son développement.

«Nous avons choisi le Gamay, un cépage endémique de l’Ariège avant le phylloxera que l’on trouve aujourd’hui dans le Beaujolais, le Val de Loire ou la vallée du Tarn.

C’est aussi une façon de se singulariser au regard des autres producteurs de vin ariégeois
», explique Louis Claeys qui se réfère en matière de vigne aux conseils avisés de Philippe Babin et de Thomas Piquemal des Coteaux d’Engravies: «il paraît aussi que c’est le cépage qui convient le mieux à ce site en raison de la proximité avec la rivière apportant de l’humidité et du PH du sol».

Les soins apportés à la vigne sont également l’occasion de faire vivre le site autour d’événements conviviaux. Ainsi les bénévoles de l’association, après cette matinée de labeur, se sont retrouvés autour d’un plantureux pique-nique.

«Nous avons décidé lors de notre dernière assemblée générale de nous retrouver ici une fois par mois. Le prochain rendez-vous est fixé pour le 15 avril ou nous allons replanter les plants qui n’ont pas voulu prendre et leur donner ainsi une seconde chance. Nous sommes dans les normes avec une perte de 5 %».

Une perte qui pourrait être plus importante si l’association de chasse locale n’avait pas posé de clôture autour de ce vignoble. En effet ce site patrimonial est aussi un site naturel exceptionnel où il n’est pas rare de croiser quelques chevreuils, friands de jeunes pousses.

À présent que la machine est lancée, Louis Claeys et son équipe travaille à l’obtention de la certification bio, un précieux label pour un produit que l’on espère tous, d’exception.

Laurence Cabrol | 12/03/2015 - 19:05 | Lu: 8486 fois