Janek Nitkiewicz expose à la galerie d'art contemporain de Pamiers jusqu'au 29 septembre

«La trace qui advient est ma demeure aux souvenirs colorés de mon enfance» Janek Nitkiewicz est entré dans le monde de la peinture en suivant un parcours fait de rencontres, de silences, de méditations.
Ce psychanalyste, aujourd’hui à la retraite, s’exprime dans l’art de la calligraphie chinoise. L’artiste a découvert l’écriture avant de développer l’expression du geste parfait. Il se définit comme un artiste qui est en recherche de l’autre, au travers de ses rencontres qui lui apportent et lui donnent son savoir.
«Il faut saisir l’opportunité dans l’immédiat, savoir regarder, mais aussi savoir écouter que se soit le tumulte de la vie, ou ses silences. Calligraphier et peintre sont toujours un travail de deuil»
Mes plus sûrs amis que sont mes pinceaux, mon papier et mon encreD’une voix très douce, posée, Janek parle de ses origines polonaises. Il a toujours privilégié la rencontre avec l’autre pour se situer dans la progression de son propre univers, pour assimiler la langue française dont il est amoureux. Dans l’art de la peinture et de la calligraphie, il se perfectionne aux côtés de Kitty Sabatier qui lui apprend à remettre en cause tout se qu’il sait pour entrer dans le geste.
Plus tard il a la chance de rencontrer une petite femme chinoise, qui a fui la révolution culturelle en se réfugiant en France, Madame Lao. De tous ses voyages, au Tibet, en Chine, à Katmandou, c’est au hasard de croisements avec d’autres personnes qu’il a continué à progresser sur son chemin artistique et humain. C’est ainsi qu’il partage sa retraite avec 14 de ses amis. Toujours se besoin de partager, d’aller vers l’autre, de donner pour recevoir, de ressentir et de partager.
L’art est en nousIl y a 6 ans, Janek Nitkiewicz participe à sa première exposition, à Albi. Il reçoit 3 prix pour cette première participation: pourtant aujourd’hui à Pamiers, c’est la première fois qu’il expose dans une galerie, cependant il a déjà présenté des œuvres à la médiathèque de Pamiers.
«Une œuvre est une demeure aux souvenirs, on meurt en permanence, il faut savoir accepter de ne pas savoir, car le vécu nous remet toujours en question»
De ses rencontres avec les grands maîtres de la calligraphie il a appris la définition de la peinture traditionnelle chinoise: «Le Tch’an». Le souffle, le trait!
Le Tch’an comporte 7 nivaux, dont il faut apprendre à maîtriser la technique.
Janek Nitkiewicz explique «la liberté est issue de la rigueur, car on ne se remet pas en question, seul le vécu nous remet en question. Dans le geste parfait, d’un seul et unique mouvement, l’inattendue de la beauté interne m’enivre. On ne peut tricher avec le trait, la pratique du Tch’an ne pardonne aucune erreur!
Lorsque l’on est devant sa feuille de papier de murier et pas de riz contrairement aux idées reçues, le pinceau glisse et étale l’encre de Chine sans aucune reprise, sans retouche. Pour cela il faut, d’abord, intérioriser l’objet, le paysage. Devenir le négatif de ce que l’on veut réaliser ; ensuite, le projeter devant soi, pour arriver à la perfection. Peintre s’est accepter d’être délogé de sa tranquillité».
Janek Nitkiewicz ne peint qu’à l’encre de Chine et aux pigments naturels, pour lui, la reconnaissance véritable c’est le sourire heureux des Chinois qui découvrent, dans le travail d’un Occidental, leur propre culture.
En guise de conclusion, permettez-moi de vous narrer une anecdote vécue avec Janek Nitkiewicz, lors de notre rencontre. Un couple s’est arrêté sur le trottoir devant la vitrine de la galerie. La femme a fait une moue, qui n’a pas échappé au regard de Janek. Puis ils sont entrés, ont fait le tour de la galerie dans le silence feutré des salles.
Avant de sortir, ils sont venus saluer Janek Nitkiewicz en le remerciant pour son travail. La moue est devenue sourire timide et respectueux. Emu Janek Nitkiewicz leur a répondu que son grand bonheur était là, le plaisir qu’ils avaient eu dans cette découverte.
Comme il l’écrit «Au bout de mon pinceau s’est figée une perle de rosée»
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