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Dialogue de sourds entre l'association AVD et le karting d'Aigues-Vives
04/06/2012 | 19:41
© MidiNews 2012

Aujourd’hui un français sur trois se dit envahi par le bruit à leur domicile.

Les plaintes auprès de la police pour nuisances sonores ont augmenté de plus de 13% depuis deux ans.
Aujourd’hui les scientifiques prennent au sérieux les nuisances du bruit sur la santé.

Au-delà de l’irritabilité, de la dépression et de la fatigue, des études explorent maintenant les risques d’hypertension et les troubles cardiovasculaires liés aux agressions sonores.

Pour Raymond, Jean-Claude et tous les membres de l’association «Aigues Vives Demain» (AVD) les nuisances sonores ne datent pas d’hier.

Ils les ont précisément identifiées et régulièrement mesurées et indiquent avoir déposé plusieurs plaintes pour non respect de la santé publique.

A l’origine, en 1989, un projet de base de loisirs qui semblait à l’époque bien consensuel et pourvoyeur d’emplois pour cette petite commune résidentielle à mi-chemin entre Lavelanet et Mirepoix.

Il s’agissait de l’installation d’une base de loisirs avec un karting, un terrain de tennis, un mini-golf et un terrain de sport.

Dans sa séance du 13 avril 1989 le conseil municipal se déclare «à priori favorable à condition que les nuisances pouvant en résulter pour la population, soient éliminées par une étude sérieuse avant le début de tout travaux»

Cette étude n’a jamais été réalisée, précisent les membres de l'association.

Malgré les actions menées depuis deux ans, ils ne sont pas parvenus à trouver un terrain d’entente avec les gestionnaires du circuit.

«Le circuit a grandi sans réelle trace administrative et sans la moindre étude d’impact alors qu’au fil des années les kartings moteurs deux temps et autre motos tournent quasiment tous les jours de la semaine» explique Jean-Claude Escallier président de l’AVD qui mène depuis un long combat afin que soit respecté le code de la santé publique sur la commune: mesures de bruit, pétitions, propositions visant à éliminer les nuisances (mur anti-bruit, proposition d’un calendrier), respect de toutes les réglementations.

Face à toutes ces tentatives de médiation avortées, l’association a même demandé un contrôle de légalité notamment sur la récente construction d’un parking pour camping-car situé selon eux en partie sur une voie communale qui n’a jamais été déclassée.

«Si l’on superpose les documents cadastraux aux plans du karting, la voie communale passe par le parking, elle coupe les bâtiments et même une partie de la piste du circuit…» ajoute Jean-Claude qui depuis des années pointe des irrégularités.

Des experts indépendants ont même été mandatés pour mesurer les nuisances sonores.
Les conclusions de ce rapport indépendant sont sans appel: les nuisances sont avérées.

Chez Maurice Raspaud, installé depuis les années 1974 à plusieurs centaines de mètres du circuit, elles ont été enregistrées à 11,5dBA pour 3dBA admissibles.

Ce qui fait dire à l’expertise que: «le circuit international impose des nuisances sonores qui ne respectent pas les normes en matière de bruit de voisinage et de code de la santé publique»

Il faut savoir que la limite de bruit hors compétition a été fixée à 93dbA et que par jour de compétition il y a une tolérance «administrative» jusqu’à 100dbA.

Ainsi le week-end dernier avait lieu sur la piste du KCPOM, la National série X30 et Rotax, soit pour les initiés une compétition importante permettant de qualifier les meilleurs pilotes pour la coupe d’Europe.

Pour les riverains la situation est arrivée à un point de non retour: «les responsables du Karting ne font aucune concession malgré nos tentatives de conciliation, les plaintes auprès du tribunal administratif, la préfecture, la mairie… personne ne semble concerné. Nous allons déposer plainte lundi auprès du procureur de la République pour non respect du code la santé publique et non respect de la tranquillité publique… nous voulons une justice égale pour tous»

Du côté du karting nous avons rencontré Jean-Claude Sanchez, président du KCPOM.

C’est une affaire familiale, son neveu Fabien Sanchez, est le gérant de la structure.

Une structure qui accueillait ce week-end dans le cadre de la compétition 180 pilotes et plusieurs centaines de visiteurs: «nous envoyons un maximum de personnes chez les hébergeurs locaux, campings, chambres d’hôtes, hôtels, certains ont du aller jusqu’à Castelnaudary»

Concernant le bruit pour ces engins qui montent jusqu’à 140km/h, le président du club se veut exemplaire: «la fédération nous impose des contraintes, compte tenu de ces contraintes nous n’avons malheureusement droit qu’ à deux compétitions: celle de ce week-end et celle de la fin du mois»

Et quant aux relations avec le voisinage: «on essaie de s’entendre et de faire pour le mieux»

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 04/06/2012 | 19:41 | Lu: 21179 fois