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L'E9 sujet de tension entre Augustin Bonrepaux et le comité écologique ariégeois
24/07/2013 | 17:25
© MidiNews 2013

C’est une échange épistolaire qui ravive les points de tension entre le président du Conseil général et le comité écologique ariégeois. La semaine dernière, l’institution départementale a été réceptionnaire d’un communiqué dont le titre est bien clair: «l’autoroute E9, un grand projet inutile parmi d’autres»

A l’intérieur, le comité écologique y dénonce ce qu’ils comprennent comme un manque d’anticipation de la part du Conseil général aussi bien que de la CCI, tous deux engagés pour l’avancement de ce projet de liaison autoroutière reliant Toulouse à Barcelone par l’Ariège.

«Donc, le président Bonrepaux et le président Maurat n’ont toujours pas compris ce que anticiper veut dire. Ils n’ont pas compris que dans une ou deux décennies (sinon quelques années), il n’y aura plus de pétrole bon marché. Ils n’ont pas compris que la circulation autoroutière des marchandises entre Rotterdam et Barcelone n’est plus du tout à l’ordre du jour» débute le communiqué.

Et de poursuivre: «en contradiction évidente avec l’objectif affiché de la création d’un réseau de grands axes dits «trame verte et bleue», recréant une continuité et une homogénéité écologique, le président du Conseil général, le président de la Chambre de commerce et d’industrie et certains élus (pour une fois, toutes tendances confondues), en s’acharnant à réaliser l’autoroute Tarascon-le Puymorens, optent au contraire pour une «trame grise» qui viendra fragiliser encore les grands équilibres biologiques en fragmentant les milieux qu’elle traverse. Et on ne le répétera jamais assez: favoriser le trafic routier, c’est accélérer le dérèglement climatique. Nous avons tous à y perdre» explique cette lettre.

La réponse d’Augustin Bonrepaux ne s’est pas faite attendre
Le président du Conseil général a apporté une réponse sans appel à ce communiqué. Il y dénonce la position sectaire et obscurantiste du comité écologique ariégeois. «Que le comité écologique ariégeois entende protéger la nature et l'environnement, c'est respectable. Qu'il adopte pour ce faire des positions intransigeantes et sectaires est par contre plus critiquable» (NDLR: l’intégralité de ce communiqué est en lecture sur notre site ici).

Sa réponse est indiscutable: «N'en déplaise au comité écologique ariégeois, avec tous ceux qui préservent au moins autant, l'homme que la faune et la flore sauvage, je poursuivrai dans le sens du progrès et du développement et non dans celui d'une certaine forme d'obscurantisme» conclut la lettre d’Augustin Bonrepaux.

Au delà de ces échanges, c’est une illustration du climat de tension et de méfiance qui règne entre les deux entités. «C’est une situation récurrente qu’il nous traite de sectaire et d’obscurantiste. Mais il n’y a pas d’agressivité excessive. Notre positionnement par rapport au Conseil général fait que bien sûr, on ne se fait pas que des amitiés» reconnaît Jean-Pierre Delorme, membre du comité d’administration du comité écologique ariégeois.

Il regrette cette prise de position qui fait que les 150 adhérents du comité peuvent se sentir concernés. «C’est nous en vouloir d’être alerteur et d’après ces propos, il y aurait deux types d’Ariégeois» dit Jean-Pierre Delorme.

Les Verts pour le développement du rail
Représentation départementale du parti Europe Ecologie Les Verts, François Calvet, ne mâche lui non plus pas ses mots concernant ce fameux itinéraire européen 9. «D’abord dépêchons-nous de dévier Ax-les-Thermes en préservant les travaux à cause du temps qui est passé dessus». Il y a quelques mois, son parti avait classé ce projet parmi les grands projets inutiles dans la Région.

Il réitère son positionnement en conseillant au président Bonrepaux de travailler sur la filière ferrée avec l’aménagement de la ligne Toulouse-Barcelone par Latour-de-Carol. «Il faut changer de logiciel, c’est en développant le rail qu’on développera l’activité. Nous avons une très bonne voie aménagée par le Conseil régional entre autre. Il faut lui donner du souffle» pense l’homme qui est conseiller régional Vert pour l’Ariège en Midi-Pyrénées.

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auteur: Anne-Sophie Fontanet | publié le: 24/07/2013 | 17:25 | Lu: 17936 fois