Les chasseurs ariégeois ne la portaient pas dans leur cœur au regard de ses positions sur l’ours ou des contraintes imposées au monde rural.
D’aucuns la considéraient comme une «bobo-écolo» des beaux quartiers, accusée de ne pas porter suffisamment haut les grands défis écologistes et de ne pas peser au sein du gouvernement.
Un an à peine après son arrivée à l’hôtel de Roquelaure, cette ministre beaucoup critiquée a été limogée hier en quelques heures pour avoir joué «perso» en critiquant ouvertement son budget jugé selon elle de «mauvais» (le budget 2014, qui prévoit une baisse de 7 % des crédits du ministère de l'écologie).
Second ministre de l’Ecologie limogé en un an
Au niveau local, les représentants du groupe EELV n’ont pas oublié que Nicole Bricq qui l'avait précédée à ce poste avait été débarquée au bout d'un mois à peine pour avoir tenu tête aux lobbys miniers et pétroliers.
Aujourd’hui le cas Batho pose le problème de la place de l’écologie dans le gouvernement Ayrault. Hier soir à la sortie d’une réunion de crise du parti, les deux ministres encore en lice, Cécile Duflot et Pascal Canfin, ont décidé de rester dans le gouvernement.
Certains disent tout haut ce que d’autres pensent tout bas: le limogeage de Batho en plein débat sur la transition énergétique face aux écarts de Montebourg peut paraître excessif. Alors y-a-t-il deux poids deux mesures, l’écologie est-elle considérée comme une variable d’ajustement et comment peut-on envisager les prochaines échéances municipales?
«Il y a urgence, l’écologie doit être au centre de nos préoccupations»
C’est Jacques Arthuys, porte-parole du groupe EELV en Ariège, qui nous a répondu. «Au-delà de la surprise et de la brutalité de la décision au niveau du management gouvernemental qui a besoin d’affirmer son autorité, c’est une affaire interne au gouvernement […] si on est encore considérés comme variable d’ajustement de la politique en 2013 c’est à désespérer de tout!
Si le gouvernement et les forces politiques n’ont pas compris que l’écologie doit être au centre des préoccupations, qu’elles soient économiques, sociales, financières, environnementales, alors oui ne remplaçons même pas Delphine Batho. Nous, nous disons qu’il y a urgence»
«L’écologie n’est pas une variable d’ajustement du PS»
Concernant les prochaines élections, Jacques Arthuys rappelle qu’un accord avec le PS avait été signé avant les élections de 2012. Selon lui, «les nécessités liées aux problèmes écologiques et environnementaux sont tels qu’on ne peut pas se permettre d’un seul coup de claquer la porte en disant qu’on n’est pas écoutés.
Effectivement on ne nous a pas écoutés pendant 30 ou 40 ans, on commence à nous écouter et on ne va pas baisser les bras. S’il n’y a pas dans les mois qui suivent une prise en compte de décisions fortes (notamment avec la fiscalité écologique), l’accord que l’on a avec le PS et la présence de nos deux ministres dans le gouvernement, seront remis en cause […]
Si nous ne donnons pas de signes forts aux électeurs, peut-être qu’ils ne porteront pas leurs voix sur nos candidats mais ils ne porteront pas davantage leurs voix sur les grands partis du gouvernement et on assistera à du vote protestataire […]
La question se résume à cela: est-ce que le gouvernement entend la voix de ses alliés et est-ce qu’il entend ce que disent les Français et les Européens? C’est une véritable question. On attend la réponse»
Un Midi-Pyrénéen à l’écologie
Delphine Batho a été remplacée par Philippe Martin, député et président du Conseil général PS du Gers, membre de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée.
Philippe Martin a remis le 5 juin 2013 au Premier ministre un rapport sur «la gestion quantitative de l'eau en agriculture, une nouvelle vision, pour un meilleur partage» et il a beaucoup travaillé dans son département sur les OGM et s’est attaché en tant que président du Conseil général à promouvoir l'agriculture biologique et les circuits courts dans les cantines scolaires.
Aura-t-il le courage de s’inscrire dans la durée? L’avenir le dira.
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