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Etre militant UMP en terre socialiste: mission impossible?
11/06/2012 | 10:46
© MidiNews 2012

En Ariège, il faut se munir d’une loupe pour trouver les deux seuls députés de droite (Henri Cuq et André Trigano) à avoir été élus depuis les débuts de la cinquième république.

François Hollande a remporté l’élection du 6 mai dernier avec plus de 60% des voix en Ariège.

Et rebelote lors de ce premier tour des législatives: la socialiste Frédérique Massat est élue au premier tour, et Alain Fauré est placé en ballotage largement favorable sur la deuxième circonscription.

Malgré la présence d’élus locaux de droite bien ancrés (surtout en Basse-Ariège), l’UMP semble être condamné à faire de la figuration à de nombreuses élections.

Et le quotidien du militant de droite ariégeois n’a donc pas grand chose à voir avec celui d’un confrère niçois, du Loiret, des Vosges, ou de Savoie.

Alors après la défaite de la droite le 6 mai dernier, comment se porte le moral dans les rangs UMP du département? Les militants ne sont-ils pas gagnés par un certain découragement?

Nous en avons rencontré quelques uns ce dimanche, venus en renfort au bureau de vote de Saverdun, fief du président de l’UMP local Philippe Calléja.

Un député UMP pour l’Ariège, est-ce qu’ils y croient vraiment? «Oui j’y crois très fort, sinon je ne serais pas là. On ne part pas battu» répond du tac au tac Corinne Lafont, militante depuis 2008, 1ère adjointe de Philippe Calléja à la mairie de Saverdun.

Même si elle s’avoue «déçue et un peu triste» des résultats du 6 mai, elle «revendique complètement» son appartenance à l’UMP, département socialiste ou pas.

«La droite commence à se décomplexer en Ariège...» assure aussi du haut de ses 22 ans, Julien Blanc-Galéra.

Il y a 600 adhérents à l’UMP en Ariège selon les responsables locaux, contre environ 1200 au PS.

Durant cette campagne, le jeune militant a tracté, collé des affiches, participé à des réunions publiques.

Et il dégaine plus vite que son ombre (à la manière de son candidat local) sur «le manque de courage et de volonté politique des élus socialistes du département pour développer l’Ariège»

Ce qu’il aime chez son candidat ariégeois? La réponse a tout d’une oxymore, «il représente les valeurs de la droite, mais il est aussi non partisan. Il fait de la politique pour rassembler»

Car dans un des départements les plus socialistes de France, les candidats de la droite ont parfois tendance à ne pas trop insister sur leur étiquette «UMP»

Mais à ceux qui l’accusent parfois d’«avancer masqué», Philippe Calléja répond «c’est une erreur totale, c’est de l’attaque malsaine.

Il y a des élections où le combat politique politicien n’est pas au premier rang. C’est une affaire d’homme. Je plaide que l’on me juge sur mon bilan sur la Basse-Ariège
»


Il montre, «regardez, sur le bulletin du candidat du PS aux législatives, il n’y a pas le logo du parti. Qui avance masqué ?!»

Pour Jacqueline Calmont, elle aussi militante en Ariège, «une guerre n’est gagnée ou perdue que si on la livre. Dans tous les cas, on a le droit de s’exprimer»

Elle persiste et signe, «mon étiquette politique me va très bien !»

Mais les urnes font toujours pencher la balance du même côté au fil des élections. Et ce depuis des décennies.

Avec 23,56% des voix au premier tour (sur la deuxième circonscription), Philippe Calléja est en recul par rapport à 2007.

«Déçu», il pointe aujourd’hui du doigt l’abstention et la montée du vote Front National «qui siphonne des voix»

L’Ariège reste donc une éternelle terre de mission pour l’UMP, qui a décidément du mal à s’y imposer électoralement.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 11/06/2012 | 10:46 | Lu: 23089 fois