L’assemblée plénière de la Région Midi-Pyrénées vient d’adopter son budget pour 2013, par 61 voix pour, 15 contre et 11 abstentions.
Dans un communiqué rapportant l’évènement, le service de presse de la région reprend les propos de Martin Malvy, président en exercice du Conseil Régional depuis 14 années, qui salue, dans un contexte souligné comme particulièrement difficile: «un bon budget […] ambitieux et réaliste.
Tous nos engagements pris en 2010 sont désormais mis en œuvre, sans exception.
Ce budget respecte les équilibres en permettant une progression des investissements, au prix d’une stricte limitation des dépenses de fonctionnement, qui n’évoluent que de 1%»
Pourtant tandis que les discussions en séance plénière se sont poursuivies une bonne partie de la matinée débordant même sur l’après-midi, les choses sont moins simples qu’il n’y paraîtrait et les réactions tombent devant ce qui peut-être considéré comme un budget accouché dans la douleur.
La première on s’en serait douté émane de l’opposition, emmenée par un Philippe Calléjà, président de la Fédération départementale UMP et aux tous premiers rangs du Groupe Osons Midi-Pyrénées (qui réunit UMP - UDI - Parti Radical Valoisien - MPF et Divers droite), tout aussi remonté que réjoui.
Remonté contre ce budget «loin d’être abouti», voté malgré des «dysfonctionnements constatés dans la gestion régionale et en particulier dans le dossier TLT» où le groupe voit «un cas d’école de conflit d’intérêt» avec la nomination de proches du président Malvy à la direction de la TLT appelée à devenir un média de portée régionale.
Réjoui également, car Philippe Calléjà se dit «heureux de constater qu’au terme de 12h de débats, près de trente amendements déposés par le Groupe EELV et une soirée terminée passées 22heures sur le seul budget, la majorité de gauche se fissure»
Osons Midi-Pyrénées, Groupe EELV et Front de gauche, même combat? Sans aller jusque là, Philippe Calléjà se dit heureux de constater que «dans un contexte de désengagement de l’état, le front de gauche et EELV viennent sur ses positions, s’inquiétant de dysfonctionnements dans la gestion de la région.
Nos positions ne sont pas si absurdes, aujourd’hui on ne peut tout voter les yeux fermés» dit-il, même s’il est regretté que les deux groupes ne soient pas allés au bout de leur logique, le communiqué du groupe évoquant «une fierté ravalée dans l’hémicycle»
Avec 6 amendements déposés, le groupe du Front de Gauche s’est abstenu hier soir de tout vote sur le budget, dénonçant d’une part «la manœuvre d’obstruction au débat démocratique des groupes PS et PRG» et refusant d’acter ce qu’ils considèrent d’autre part comme une «austérité décentralisée» immanquablement source «d’une contraction de l’activité économique, d’asphyxie de territoires, d’augmentation du chômage et de la précarité»
Dans un communiqué commun, les conseillers régionaux du Front de gauche, Nicole Frechou, Martine Perez, Guilhem Serieys, Marie-Pierre Vieu, réaffirment néanmoins vouloir «prendre pleinement leur place dans la majorité régionale et construire avec tous ceux qui attendent le changement, une alternative écologique et sociale à l’austérité»
Une position certainement lourde de sens pour tous ceux dans cette majorité plurielle qui justement pensaient le changement arrivé depuis la dernière élection présidentielle.
Pour autant, François Calvet, conseiller régional élu d’Europe Ecologie Les Verts, l’assure: «il n’y a pas de couac, pas de fracture dans la majorité»
S’il qualifie de «hold up sur la discussion démocratique, la tactique émanant essentiellement du PRG, qui a conduit à repousser la trentaine d’amendements déposés par les Verts», il assure qu’EELV fait «bien partie de la majorité»
Le changement? Pour lui, il tient aussi dans le fait que les débats se sont étalés sur deux journées, «c’est plus long que d’habitude»
Même si le Groupe EELV aurait souhaité revoir la composition du budget (une orientation à la marge puisque estimée à 7% du total du budget), sans toucher à l’équilibre affiché (par une diminution d’autres dépenses), de manière à le verdir davantage.
Désormais, le budget est voté et constitue «une feuille de route intéressante pour EELV qui aura à cœur de poursuivre son combat en faveur d’une véritable transition écologique et sociale, notamment dans l’agriculture, le bâtiment et les transports»
Joint par téléphone, Marc Carballido, conseiller régional, vice-président en charge des politiques de la Montagne et des programmes Transpyrénéens, a bien voulu se prêter également à l’exercice délicat de réagir à chaud à l’issue des débats.
Pour lui, ce «budget voté à une large majorité témoigne qu’il n’y a pas de rupture au sein de la majorité»
Trouvant normal en revanche qu’il y ait débat, il s'inscrit en faux contre les allégations «dénonçant l’absence de débat démocratique»
Pour lui, le «débat est permanent, en atteste l’énorme travail préparatoire que ce soit au sein des commissions sectorielles comme de l’exécutif (les séances de travail des vice-présidents) où toutes les sensibilités sont bien représentées, par le jeu de la proportionnelle»
Il assure que n’ont été retoqués «seulement les amendements qui menaçaient l’équilibre du budget»
Pour lui, «le plus important sont toutes les actions votées en matière économiques et sociales, les investissements (etc.) tout le reste n’étant qu’effets de manche.
Une posture largement provoquée par le contexte national où il est normal de tirer la couverture à soi et d’afficher ses différences»; après tout ceci ne fait-il pas aussi partie pleinement du jeu démocratique?
La houle est forte, la traversée de cette année 2013 s’annonce agitée pour la Région, et les négociations en fond de cale serrées, avant d’espérer arriver à bon port, avec tout le monde à bord.
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