L’ours s’invite à nouveau dans l’actualité…
Hier les associations Pays de L’Ours-Adet et Ferus, favorables à la réintroduction du plantigrade, ont par le biais d’un communiqué de presse ravivé les passions en annonçant qu’elles allaient réaliser le lâcher de deux ourses dans les Pyrénées: «une ourse dans les Pyrénées Occidentales afin de commencer à restaurer la population menacée d’extinction rapide et une autre dans les Pyrénées Centrales afin de renforcer la population qui n’est pas encore viable»
Les associations prennent soin d’indiquer qu’elles prendront en charge l’intégralité des opérations, un financement sur des fonds privés, «afin d’éviter tout débat sur les dépenses publiques en période de crise»
Inutile de préciser que cette annonce a provoqué un électrochoc tant chez les pastoraux que les chasseurs ou auprès de l’Aspap (l’association pour la sauvegarde du patrimoine Ariège Pyrénées) fermement opposée à la présence de l’ours dans les montagnes Ariégeoises.
Celle-ci dénonce la nature des fonds évoqués par Ferus et les autres associations partenaires sur ce projet: «les fonds évoqués proviennent de 60 à 80% de fonds publics (Etat, Région, Europe).
Les contribuables de Midi-Pyrénées savent-ils que 4 associations pro-ours consomment le quart de l’enveloppe associative pour l’environnement soit 400 000 € sur 1,6 M€ ?»
Pour la Fédération pastorale c’est purement et simplement illégal de lâcher des ours dans la nature. «Les éleveurs ariégeois ont suffisamment de soucis comme ça: il y a déjà une vingtaine de spécimens en liberté dans le seul Couserans !»
Quant aux chasseurs ils crient à l’escroquerie: «ce sont des gens gavés d’argent public, cette année ils ont pris 10% de plus de subvention et ils se servent de cet argent pour attaquer les services de l’Etat et réintroduire des ours… ce n’est pas sérieux» tempête Jean-Luc Fernandez, président de la fédération des chasseurs de l’Ariège.
Pour lui, il s’agit d’un effet d’annonce pour interpeller l’Etat et le pousser à donner sa position… «les Ariégeois et au-delà les Français ont d’autres problèmes avec la crise économique que celui de l’ours»
Selon les pro-ours, le lâcher d’une ourse dans les Pyrénées centrales (Comminges, Couserans, Val d’Aran) est motivé par «une population insuffisante pour assurer la survie de l’espèce»
Ils s’appuient pour cela sur un rapport de l’ONFS: «il faudrait 4 ours supplémentaires pour viabiliser cette population» explique Alain Reynès, directeur de l’association Pays de l’Ours-Adet.
Selon lui, la France n’a pas respecté ses engagements vis-à-vis de la cour européenne concernant la restauration de l’ours dans les Pyrénées: «elle risque des pénalités financières dont on pourrait aujourd’hui se passer»
C’est en quelque sorte pour accélérer les choses que le Pays de l’Ours-Adet et Ferus se proposent de réaliser des lâchers supplémentaires «en faisant les choses en toute légalité» précisent les responsables.
«Nous avons monté un dossier déposé à la préfecture de la Haute-Garonne en précisant le protocole sanitaire, les compétences des personnes qui feront cette opération… L’Etat a la responsabilité de demander des avis par consultation avant de répondre (consultation d’organismes nationaux ou du public comme en 2011). Quoi qu’il en soit on attend sa réponse»
Concernant les pressions, les menaces et autres propos provocateurs de l’Aspap (le dernier en date: «ces associations utilisent leurs fonds propres pour lâcher des ours, nous pourrions utiliser nos fonds propres pour acheter des cartouches» communiqué du 24 janvier 2013), Alain Reynès précise: «quand on n’est pas d’accord avec une loi il faut le dire mais en restant dans la légalité. […]
Si on ne nous donne pas cette autorisation, l’Etat aura cédé face à des gens qui menacent de faire des actions illégales, cela prouvera que l’on n’est plus dans un Etat de Droit mais au Far-West […]
Jusqu’à présent les tribunaux ont tranché (jusqu’au Conseil d’Etat) en notre faveur, les opposants ont été déboutés. S’ils ne sont pas d’accord avec la loi qu’ils la fassent changer»
Concernant l’estimation financière d’une telle mesure, Alain Reynès est catégorique: «un lâcher d’ours revient entre 40 à 45 000 euros… qu’on nous donne l’autorisation de le faire on le fait tout de suite, en suivant le cadre légal, les protocoles sanitaires, les règlementations»
Quant à la provenance de ces fonds, il est tout autant catégorique: «des fonds privés récoltés auprès de partenaires privés et de donateurs»
Cette annonce a une fois de plus relancé le débat, elle incitera peut-être le nouveau gouvernement à se positionner sur la question urcine mais sera-t-elle suivie d’effets? L’avenir nous le dira.
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