Qu’on se rassure: au siège du Parti Communiste de l’Ariège à Pamiers, il y a toujours les symboles historiques du marteau et de la faucille, le buste du meneur de la révolution russe (Lénine) trône sur le téléviseur écran plat.
Pour qui s’attendait, après l’annonce de la démission de Benoît XVI, à la révolution au sein du PCF local, il s’agit là d’une tempête dans un verre d’eau.
Jean-Pierre Icre, le patron du PCF ariégeois, assume ce changement au nom d'un «communisme de génération. Nous voulons nous tourner vers l'avenir.
C'est un sigle qui ne résume pas ce que l'on est aujourd'hui. On situe le communisme au niveau de l’Europe»
Mais pour lui le combat est ailleurs. Renouvelé lors du dernier congrès départemental, dans son siège de secrétaire départemental, il s’est entouré d’une équipe resserrée: Lyliane Cassan à la communication, Jean Triguero à l’organisation et aux finances, Roger Salvador aux finances de la fédération, José Navaro, Roger Vidal ou encore Viviane Baudry, ex-secrétaire de la FSU qui s’est vue élire au conseil national.
Bref «une équipe disponible pour rallumer les étoiles et surtout impulser une vraie politique de gauche dans la département»
Car il s’agit bien de cela «remobiliser les forces qui ont voté pour le changement et montrer que le PCF est renforcé dans un Front de Gauche qui appelle à mieux se structurer localement et nationalement pour davantage d’efficacité.
Aujourd’hui nous nous positionnons comme une alternative à l’austérité»
Le PCF vient de tenir son 36e congrès national dans un contexte politique bien différent du précédent: «en 2008 en pleine période Sarkozy, c’était la crise qui s’invitait au congrès.
En 2013, la gauche a porté François Hollande au pouvoir. Une élection qui n’a été possible qu’avec 4 millions de voix du Front de Gauche.
Mais la désillusion a été proportionnelle aux attentes… abyssale à la hauteur du déficit de la France !»
Paradoxalement selon Viviane Baudry le Parti se voit renforcé: «les adhésions ont augmenté en même temps que nos forces militantes, notre implication dans les luttes ont donné une image positive des classes populaires qui a trouvé un écho auprès des jeunes… peut-être pas dans les départements ruraux comme le nôtre mais dans la région parisienne par exemple la jeunesse communiste s’est largement implantée»
Comment expliquer ce regain d’intérêt pour un parti jusqu’à présent passablement «démodé»?
«Les jeunes se sont battus contre le CPE, face aux problèmes rencontrés ils ont constitué cette génération précaire qui se retrouve dans nos combats politiques»
Une dynamique enclenchée par le Front de Gauche lors des dernières présidentielles mais qui porte ses fruits jusqu’à la place du colonel Fabien: «cette nouvelle construction politique renforce notre Parti et désormais quand on parle de communisme ce n’est plus un gros mot !» poursuit Jean Triguero.
Les communistes ariégeois veulent remobiliser les forces qui ont voté pour le changement.
Cela passera nécessairement par l’économie: «le gouvernement est davantage sensible aux sirènes du MEDEF qu’à la mobilisation des salariés» regrette Jean-Pierre Icre qui dénonce une politique «favorisant la désespérance avec son cortège de conséquences: recul de l’accès aux soins, immolations devant les Pôles Emploi, rejet de la classe politique et montée du Front National […]
Oui nous nous attendions à autre chose» poursuit le secrétaire départemental faisant une allusion à peine voilée à 1981 et à «ses grandes avancées sociales»
Il est vrai que depuis le PCF n’est jamais parvenu à retrouver la gloire d’antan.
Il aura fallu attendre la création du Front de Gauche, alliance entre le PCF, le Parti de Gauche de l'ancien socialiste Jean-Luc Mélenchon et plusieurs micro-partis issus de l'extrême gauche trotskiste, pour sensiblement changer la donne.
En effet pour la première fois depuis François Mitterrand, le PCF a été représenté à l'élection présidentielle par un non-communiste, mais celui-ci a obtenu près de 11% des suffrages et remis l'extrême gauche au centre du jeu politique.
Si certains au sein même du PCF considèrent ce rapprochement comme une opportunité pour relancer l’image un peu vieillotte d’un PCF à bout de souffle, d’autres ont peur de cette «OPA» du Front de Gauche et la disparition des symboles historiques comme la faucille et le marteau ne sont pas là pour les rassurer.
Le fil rouge des communistes «nouvelle génération» sera désormais «la réorientation de la politique économique du gouvernement» martèle le secrétaire départemental qui se défend de vouloir «torpiller la politique de François Hollande»
«Nous souhaitons que la gauche réussisse. Aujourd’hui elle est au pouvoir mais victime de ses dogmes économiques avec la politique de l’austérité […]
Avec la spirale de la dette on ne peut pas se satisfaire des coupes sombres dans les finances publiques, c’est le cercle vicieux de l’austérité et la politique du renoncement, on ne peut pas s’en satisfaire»
Quant aux prochaines échéances électorales qui se dessinent à l’horizon 2014, Jean-Pierre Icre et ses camarades sont dans la discussion: «nous souhaitons participer à un large rassemblement à gauche, nous voulons faire gagner la gauche partout où ce sera possible»
Au niveau local l’actualité est à la sauvegarde de l’emploi, notamment dans la lente agonie du textile: «nous dénonçons la position des banques qui au lieu de servir les territoires et l’emploi préfèrent s’adonner à la spéculation […]
Nous serons également présents dans les rassemblements par rapport au rythme de l’enfant, la défense des services publics (combat pour conserver la boutique SNCF de St Girons). Une nouvelle politique est vraiment possible aujourd’hui»
Voilà donc les grandes lignes de la feuille de route de la petite fédération ariégeoise qui malgré ses 320 adhérents a pourtant encore du mal à recruter: «nous espérons ouvrir la voie à un communisme nouvelle génération porteur d’émancipation humaine»
L’avenir le dira.
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