Ariège: quelle place pour les politiques en faveur du handicap dans ces élections?
A cette question il semble à l’évidence que la réponse soit: une portion congrue.
Alors pour Michel Subra, responsable de la délégation départementale de l’association des Paralysés de France - APF - ici aux côtés de Bruno l’un des membres de l’association et de Sandrine, sa directrice, cette conférence de presse prend vite la forme d’un «coup de gueule», même si comme d’habitude la résignation semble de mise.
En effet, à l’occasion des élections municipales qui auront lieu les 23 et 30 mars prochain, le conseil départemental de l’Ariège de l’Association des paralysés de France (APF) a souhaité interpeller les candidats sur leurs orientations et projets pour une politique de proximité du handicap.
Car selon l’association, les élus communaux ont un rôle fondamental dans la prise en compte de ces citoyens et dans la mise en œuvre de la politique du handicap de proximité au quotidien pour contribuer à «Construire une société ouverte à tous!»
Aussi, une charte d’engagement a été formulée autour de 10 points clés considérés comme autant de priorités liés à la citoyenneté, l’accessibilité, l’éducation, l’emploi, la santé, la solidarité, la famille, les sports et loisirs, la démocratie participative et d’une manière générale au vivre ensemble.
«Cet engagement a été soumis à tous les candidats des 28 communes de plus de 1.000 habitants, y compris La Bastide de Sérou, précise Michel Subra, alors qu’elle est légèrement en dessous des 1.000 habitants, soit 53 listes de candidats interpellées au total.
Nous n’avons reçu à ce jour que 10 réponses favorables sous la forme d’un engagement retourné signé à respecter la mise en place de politiques inclusives (dont la liste se trouve sur le blog de l’association soit http://dd09.blogs.apf.asso.fr/, NDLR). Cela correspond à un retour d’à peine 19%,» se désole Michel Subra.Une situation qui reflète encore l’absence de prise de conscience sur le handicap«Plutôt que de dépenser des sommes importantes pour de jolis ronds-points ou l’embellissement de communes, il serait bien de favoriser l’accessibilité de tous à la ville, à ses équipements et établissements, regrette Michel Subra qui combat l’idée du surcoût souvent développée comme un faux problème et déplore que les 5 villes les plus importantes de l’Ariège n’aient pas daigné répondre. Cela reflète quand même un certain état d’esprit de communes qui n’ont pas pris en compte la problématique de l’accessibilité universelle»
Les personnes concernées par le handicap représentent près de 10 millions de citoyens selon l’INSEE et «on estime que d’ici une quinzaine d’années 40% de la population française sera en situation définitive ou ponctuelle de handicap. 8 à 9000 personnes sont recensées comme ayant au moins un des quatre handicap en Ariège par la MDPSH», complète encore Michel Subra.
Il faut dire que le handicap ne concerne pas seulement les Personnes à Mobilité Réduite, les PMR, il y a aussi tous les handicaps visuels, auditifs et mentaux dont il convient de tenir compte, sans oublier toutes les personnes handicapées temporairement ou encore les poussettes et personnes âgées dépendantes. «Cela est un vrai choix politique,» réagit Michel Subra.
Alors pour l’APF, les atermoiements du Schéma départemental d’accessibilité «on ne sait pas où il en est», la mise en place poussive des PAVE - Plan de mise en Accessibilité de la Voirie et des Espaces publics - à l’échelle communale et intercommunale en Ariège ou encore les assouplissements décidés récemment au plus haut niveau sur la loi de 2005 qui fixait comme échéance 2015 pour que tout établissement recevant du public ou encore les transports collectifs se mettent en conformité, sont autant de coups portés à l’égalité des droits et des chances.
«Cela fait 40 ans qu’on attend, s’insurge Michel Subra, on n’attendra pas dix ans de plus. On va continuer à se battre. On ne va pas s’arrêter là. On va continuer à aller négocier avec les maires et les élus, affirme encore Michel Subra qui rappelle que l’association peut mettre à disposition ses experts»
Manifestement la mobilisation et la sensibilisation de tous, des élus, des citoyens mais aussi des professionnels (architectes, urbanistes et paysagistes etc.) doivent se poursuivre.
Le 27 mars prochain, devant la préfecture à Toulouse, cette mobilisation prendra la forme d’une manifestation de la vingtaine d’associations représentatives des personnes en situation de handicap ainsi que leur famille et le grand public.
Car pour «construire une société ouverte à tous», le combat aussi doit se poursuivre.
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