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Réforme territoriale : que pèsera l'Ariège dans la «super région» Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon ?

Conseiller régional de la région Midi-Pyrénées, Philippe Calléja est un farouche opposant à la réforme territoriale initiée par le gouvernement, notamment dans son volet régional. L’élu UMP de l’Ariège a manifesté son indignation à plusieurs reprises au cours des dernières semaines.
 
« Ce gouvernement est dans le brouillard », « on va dans le mur », « on se moque des Français », etc. Il n’a pas de mots assez durs pour dire son opposition au projet de redécoupage proposé au Parlement cet été.
 
Avec leurs grands ciseaux, François Hollande et Manuel Valls souhaitent passer de vingt-deux à quatorze Régions, susceptibles de « peser » davantage dans le concert des régions d’Europe.
 
Au-delà de ce principe de fond, largement commenté à droite comme à gauche, au-delà même des particularismes culturels et des polémiques naissantes entre « voisins » invités à s’unir (Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon par exemple), il est un sujet rarement évoqué : celui de la représentativité des territoires.
 
Le mouvement engagé vise en effet à créer des « super régions », plus peuplées, plus riches, dotées de nouvelles compétences (encore à déterminer) et surtout plus étendues. L’inquiétude point dès lors dans les zones rurales, les fonds de vallée qui verront le centre de décision s’éloigner inexorablement.
 
Ce discours, tenu notamment par les conseillers généraux ariégeois dans leur stratégie de défense d’une structure intermédiaire entre la Région et l’intercommunalité, peut se résumer par une interrogation : « la voix des 156.000 Ariégeois sera-t-elle audible dans le tumulte de celles des 5,5 millions d’habitants de la future entité ? »
Seulement 6 élus ariégeois sur 150…Plus précisément, le projet de loi présenté au Sénat la semaine dernière, dote la Région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon de 150 élus. 6 seraient désignés par les électeurs d’Ariège, soit 4 % de la nouvelle assemblée.
 
Aujourd’hui, ces mêmes électeurs sont représentés par 5,49 % des conseillers régionaux (5 sur 91). Un poids déjà faible qui se retrouverait donc encore amoindri au lendemain des élections régionales programmées en décembre 2015 (autre projet de loi en discussion).
 
Numériquement, les partis politiques du département « gagnent » donc un siège potentiel à se partager. Mathématiquement, l’Ariège perd elle de la représentativité.
 
Et l’inquiétude croît si l’on ajoute à cela, dans un scénario rêvé par certains du côté de l’Hérault ou du Gard par exemple, une localisation de la capitale régionale à Montpellier et donc un accroissement des distances entre les bassins de vie ariégeois de la « capitale »
 
Dans le cadre de ce processus de recentralisation régionale, quelle attention sera portée sur les lycées, les collèges, les routes ou les équipements publics de l’Ariège ?
 
La vraie question est là. Au-delà du nom de la future région, du choix de la capitale ou encore de l’identité du nouveau « super président » régional.

CP | 30/06/2014 - 18:57 | Lu: 26471 fois