Philippe Calléja: «La réforme territoriale met en danger toutes nos collectivités»
Il n’avait pas mâché ses mots au lendemain de l’allocution du Président de la République (lire notre article du 14/05/2014). Philippe Calléja enfonce désormais le clou quelques jours après la présentation des deux projets de loi dessinant la réforme territoriale à venir.
Pour le Président départemental de l’UMP, «ce qui est proposé aujourd’hui est illisible» Il qualifie même la démarche de «bastringue»…
Lors de la conférence de presse qu’il organisait mardi matin, celui qui est aussi maire de Saverdun et conseiller régional, n’a pas caché la «nécessité de réformer notre organisation territoriale de la France», en précisant néanmoins que la méthode employée «nous conduit à la catastrophe»
A l’image des conseillers généraux UMP, Louis Marette et Alain Bari notamment, Philippe Calléja rejoint en quelque sorte le discours tenu par le président du Conseil général de l’Ariège, fer de lance départemental du «oui, mais…»*
«Si c’est pour dire que cette réforme est non préparée, complètement arbitraire, qu’elle débarque de Paris en imposant une mort annoncée aux territoires ruraux, alors oui, je suis d’accord avec Augustin Bonrepaux, acquiesce Philippe Calléja. La réforme telle qu’elle se prépare met en danger toutes nos collectivités»
Et d’évoquer quelques-unes des «aberrations que de la loi Lebranchu», du nom de la ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique.
«Ils veulent mettre en place un immense territoire régional qui ne sera même pas assez grand comparé aux régions européennes que l’on veut concurrencer. La logique aurait voulu que l’on associe Midi-Pyrénées à l’Aquitaine et au Languedoc-Roussillon pour vraiment peser. En plus, on ne sait pas réellement pour quoi faire, ni avec quel moyens on crée ces hyper-régions»
Ce gouvernement est dans un brouillard total. On va dans le mur !«On nous dit d’un côté que le Département disparaît mais en fait il ne disparaît pas. On nous parle de suppression des pays et on nous invente le PETR. On nous impose un calendrier intenable avec de nouvelles communautés de communes à 20.000 habitants pour le 1er janvier 2017… Je vous le dis : ce gouvernement est dans un brouillard total. On va dans le mur !», assène-t-il encore.
Malgré la virulence des critiques émises à l’encontre de la majorité en place, Philippe Calléja refuse d’en faire un combat gauche-droite. Selon lui, le problème est plus large. Le mal plus profond aussi.
«Tout cela va bien au-delà d’un clivage politique. Nous avons un système politique complètement sclérosé, intenable. C’est une bulle tenue par des énarques et des cabinets ministériels, cela ne peut plus continuer. Les politiques n’ont plus le pouvoir.
Le rôle des hommes politiques est d’avoir une vision. Pour cela, il leur faut prendre le temps de la réflexion, le temps de travailler cette vision sur le long terme. Aujourd’hui, la politique va trop vite et, en cela, le quinquennat est une catastrophe»
Alors quelle alternative proposer à ce projet de réforme ? Quelle réponse apporter ?
«Je crois que si on veut réellement réformer le système et rebâtir les structures de notre nation, il faut tout remettre à plat. N’oublions pas que notre organisation actuelle n’est pas due au hasard, elle a une histoire. Elle démontre aussi qu’elle fonctionne. Il est irresponsable de tout balayer de la sorte»
*Lundi, lors de la séance du Conseil général, les élus de l’opposition se sont abstenus lors du vote de la motion présentée par les Socialistes, tout en reconnaissant la nécessité de voir le projet de loi être amendé.
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