Réforme territoriale : quand la stratégie du «non» rencontre celle du «oui mais»

© midinews (archives)
Farouchement opposé à la réforme territoriale telle que présentée par le gouvernement, et surtout à son volet régional qui propose le «mariage» entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, le président de cette dernière est devenue en quelque sorte le symbole de la fronde des «anti-réforme»
Samedi, Christian Bourquin a ainsi organisé une grand-messe pour apporter du crédit à ce divorce avant l’heure, en présence des conseillers régionaux de Languedoc-Roussillon ainsi que de représentants de la société civile. Tous ont énoncé leur souhait de voir leur région conserver son «autonomie»
Depuis son bureau de l’Hôtel de Région à Toulouse, Martin Malvy propose un tout autre discours. Lui soutient le projet de réforme territoriale et se montre très favorable au rapprochement avec sa voisine maritime.
«Christian Bourquin est un ami politique, il n’y a pas de guerre de mots entre nous. Nous avons simplement une approche différente l’un et l’autre sur le besoin de créer une nouvelle région», désamorce Martin Malvy au micro de nos confrères de la télévision régionale.
«Je pense que le rapprochement des huit départements de Midi-Pyrénées et des cinq de Languedoc-Roussillon, que la création de cette nouvelle région de 6 millions d’habitants avec deux métropoles fortes, peut nous permettre de créer un ensemble avec une puissance économique que nous n’avons ni l’un ni l’autre aujourd’hui.
Demain, le président ou la présidente de cette nouvelle région aura un autre poids dans les échanges avec les autres grandes régions, comme la Catalogne par exemple. Donner une chance à nos territoires, c’est leur donner davantage de poids économique», conclut Martin Malvy un brin sentencieux.
S’assurer du soutien des forces vives de l’AriègeLa sentence, c’est bien ce que redoutent aujourd’hui nombre de responsables de collectivités. A l’image d’un Christian Bourquin, Augustin Bonrepaux, Président du Conseil général de l’Ariège, a donc proposé au Conseil Economique Social et Environnemental de l’Ariège de se réunir mercredi 18 juin, pour une séance extraordinaire consacrée à ce projet de réforme.
L’objectif de cette invitation, comme le précise le communiqué de presse diffusé par le Conseil général hier (lire par ailleurs), est bien de permettre aux «71 représentants des secteurs de l’économie, des syndicats, du monde associatif et d’élus du département de s’exprimer sur le projet de réforme qui prévoit notamment la suppression des conseils généraux à l’horizon 2020, mais également sur la résolution adoptée à l’unanimité par les élus ariégeois le 5 mai dernier»
Pour le Conseil général, il s’agit en fait de s’assurer du soutien des forces vives de l’Ariège afin de porter un discours d’accompagnement de la réforme mais pas sous sa forme actuelle. Une sorte de «oui, mais…» plus constructif qu’une opposition farouche comme la promeut Christian Bourquin.
Mercredi 18 juin donc, quelques heures après le conseil des ministres réuni à l’Elysée sur ce même thème, la balle sera dans le camp de la société civile ariégeoise.
dans la même rubrique
- Réforme territoriale : que pèsera l'Ariège dans la «super région» Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon ?
- Réforme territoriale: et si les Ariégeois n'en voulaient pas ?
- Philippe Calléja: «La réforme territoriale met en danger toutes nos collectivités»
- Le Conseil général de l'Ariège débloque 4,3 millions d'euros d'investissements complémentaires
- Projet de réforme territoriale: les conseillers généraux ariégeois veulent aider les parlementaires
- Carole Delga en Ariège: «Il faut savoir écouter, expliquer, rassurer»
- Réforme territoriale: le Conseil Economique et Social de l'Ariège ouvre le débat
- Réforme territoriale : quand la stratégie du «non» rencontre celle du «oui mais»
- Dissensions à la gauche de la gauche sur le front des réformes territoriales
- Administration territoriale: dans le sillage d'Augustin Bonrepaux, l'opposition ariégeoise dénonce «une réforme scandaleuse»
- Réforme de l'administration locale: le «oui mais...» des élus socialistes ariégeois
- Tribune de François Hollande: pour Augustin Bonrepaux, «ce projet est une condamnation de la ruralité»
- Européennes en Ariège: ces 13500 voix frontistes qui intriguent
- Elections Européennes: les politiques ariégeois accusent le coup
- Ariège: la digue socialiste ne résiste pas à la vague «Bleu Marine»
- Foix: le PS fait salle comble pour son dernier meeting de la campagne









