Tribune de François Hollande: pour Augustin Bonrepaux, «ce projet est une condamnation de la ruralité»
Vue extérieure du Conseil Général de l'Ariège© midinews (archives)
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François Hollande est en passe de réaliser un de ses rêves: voir une de ses décisions susciter l’unanimité. Sauf que celle-ci se fait aujourd’hui contre lui!
Depuis la publication de sa tribune «Réformer les territoires pour réformer la France», mardi matin dans les colonnes de la presse quotidienne régionale (et dès lundi soir par le biais de fuites savamment orchestrées), le Président de la République suscite l’ire des politiques de tous bords, droite et gauche confondue, au-delà même des logiques partisanes.
En annonçant de la sorte la fusion des vingt-deux régions en quatorze, le report des élections régionales et cantonales de six mois, la valorisation des intercommunalités et, surtout, la mort des Départements à l’horizon 2020, le Chef de l’Etat s’est rendu coupable aux yeux de ses contempteurs de deux fautes impardonnables: d’abord, l’absence de concertation; ensuite, la volonté d’engager une réforme structurelle au pas de charge en réponse à la seule opinion publique.
Hasard du calendrier, Augustin Bonrepaux, président du Conseil général de l’Ariège, participait hier, à Paris, à une réunion programmée sur le thème de la réforme de l’organisation territoriale par l’Assemblée des Départements de France. «Je suis catastrophé… On fait n’importe quoi», lâche l’élu ariégeois joint au téléphone dans l’après-midi.
«Ce projet de réforme est une condamnation de la ruralité et des services publics apportés à la population de ces territoires.
Tous les présidents de Départements sont très mécontents car on veut laisser croire qu’en supprimant les Départements on va régler les problèmes. En fait, en les supprimant, ce sont des services publics qui vont être supprimés», poursuit Augustin Bonrepaux, reprenant en cela des propos tenus par ses collègues conseillers généraux de l’Ariège lors d’une séance extraordinaire organisée au début du mois de mai.
Clarté dans les compétences, moins d’élus, une gestion plus économe et efficiente de l’action publiqueEn substance, ils déclaraient alors: «La réforme territoriale que nous appelons de nos vœux doit s’attacher à respecter trois principes: plus de clarté dans les compétences de chaque niveau de collectivité locale; une simplification de notre administration locale avec certainement moins d’élus; une gestion la plus économe et efficiente de l’action publique locale»
«Je l’ai écrit au Président de la République, au Premier Ministre, à ses ministres, mais nous ne sommes pas écoutés… C’est inacceptable! Aujourd’hui, je suis dans l’opposition à ce projet», lâche Augustin Bonrepaux.
Que redouter d’une telle réforme? «Je peux d’ores et déjà annoncer par exemple que si les routes sont transférées à la Région, il n’y aura plus d’investissement sur les routes ariégeoises. On en a tellement fait sur le réseau départemental que la Région dira qu’en Ariège, il n’y a plus rien à faire…»
Depuis son bureau parisien, Claudy Lebreton, président de l’ADF et du Conseil général des Côtes-d’Armor, veut quand même lire dans le propos de François Hollande des motifs d’espoir. Lui qui s’était dit «abasourdi» par le discours de politique générale de Manuell Valls «se satisfait» même d’une «prise de conscience»
«Le Président de la République a été convaincu que la réforme qu’il propose doit respecter strictement la Constitution, ce que n’ont cessé de dire depuis des semaines les présidents de conseils généraux dans leurs diversités politiques.
Je veux également voir dans cette décision une prise de conscience de la nécessité de préserver aujourd’hui en France un niveau d’action publique intermédiaire susceptible de coordonner dans les territoires les solidarités humaines et territoriales.
Dans une France qui comptera demain quatorze grandes régions, cet échelon est tout simplement indispensable pour assurer à l’ensemble de nos concitoyens - notamment les plus fragiles - un service public efficace et juste», indique ainsi le président de l’ADF.
Pas sûr que la modération de Claudy Lebreton contente ses «collègues» qui, à l’image d’un Augustin Bonrepaux, très remonté, n’ont pas depuis hier de mots assez durs pour qualifier le fond et la forme de l’annonce élyséenne.
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